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dimanche 17 novembre 2024

Sublime rendez-vous de Beethova Obas à Gatineau

 Sans fioriture, sous le rythme d’instruments adroitement travaillés, Beethova Obas a marqué un rendez-vous de l’Histoire d’Haïti à Gatineau. À travers un concert au Musée canadien de l’Histoire, le légendaire artiste haïtien fort de 35 ans de carrière a ravi un public de tous âges le dimanche 17 novembre. Petit compte rendu! Exhaustif à souhait!



“On ne se lassera jamais de se remémorer ce haut fait d’armes de notre histoire. La grande victoire de l’armée indigène contre les forces colonialistes françaises à Vertières, le 18 novembre 1803, est une branche à laquelle nous restons accrochés, même loin d’Haïti”,
murmure à mon oreille une spectatrice d’une soixantaine d’années lors du concert "Rendez-vous avec l’histoire" de Beethova Obas. Ce spectacle, organisé dans le théâtre du Musée, s’est révélé être un franc succès. Fidèle à son style et à ses trois décennies de carrière, Beethova a livré pendant trois heures ses plus belles compositions. À en croire les réactions du public, la prestation a largement répondu aux attentes. 


19h02.
Des bruits d’orage marquent les premières secondes du spectacle, suivis d’une introduction contextualisant l’événement. Malgré la situation chaotique d’Haïti en 2024, les organisateurs ont tenu à commémorer cette date historique : le 18 novembre 1803, la bataille de Vertières, prélude à l’indépendance haïtienne proclamée le 1er janvier 1804. Un extrait du discours d’Edgar Leblanc Fils, prononcé à l’ONU le 26 septembre, a été diffusé. L’ancien président du Conseil présidentiel y rappelait l’épopée de 1804 et la dette imposée par la France, freinant le développement de la jeune nation.

19h07. Beethova, guitare à la main, fait son entrée par le côté gauche de la scène. Le premier morceau est une invitation au rassemblement, un geste plus que nécessaire dans le contexte actuel d’Haïti.

19h13. Après un chaleureux “Je suis très heureux d’être avec vous ce soir,” un spectateur réplique spontanément “nou menm tou” (nous aussi).


De là jusqu’à 21h40, un lien sincère et complice s’est tissé entre l’artiste engagé et une salle comble aux trois quarts. Son œuvre, témoignage de son dévouement à son pays, a ému et enchanté le public.

Des classiques tels que “Nou pa,” “Si,” “Tchele tchele” et “Vant kòde” se sont enchaînés, suscitant parfois des larmes chez les spectateurs. À 20h01, une pause a permis à Beethova de souligner avec humour : “À mon âge, mes fans aussi ont besoin de pauses pour se soulager.”

Pendant l’interlude, l’Ambassadeur d’Haïti au Canada, Weibert Arthus, a remercié l’artiste pour son engagement et sa musique. Une plaque honorifique lui a été remise par la mission diplomatique.

Dans le public, on comptait aussi la présence de la Consule générale d’Haïti à Montréal, Mme Guerline Frédéric Desrosiers.


À 20h34, Beethova revient sur scène sans sa chemise blanche et sa veste bleu marine. Et sans les musiciens et choristes. C’est un maillot noir avec l’inscription “Nou se bon bagay” qu’il présente la deuxième partie du spectacle. 

Il chantera “Bravo manman”, seul sur scène, avec sa guitare, “Bravo manman”. Un pur moment de tendresse. 


“Kè m poze”, le 11e morceau est un mélange de “sauce cubaine, de rythmes haïtiens et d’harmonies brésiliennes”, explique l’artiste.



Suivront “Eleman”, “Bon baya”, “Ti papa” puis finalement “Couleur café” et “Lina”. Dans la dernière partie, face à un public conquis, Beethova a fait de sa la salle son choeur. Celle-ci, enjouée et euphorique, s’est prêtée au rôle.


Ce n’était pas un concert pour danser. Non plus pour se faire caresser le tympan par des accords de voix angéliques. Bien qu’au dernier morceau “Lina”, l’assemblée, comme une seule personne s’est mise debout pour danser et faire entendre sa voix. Ce spectacle a été surtout un moment où la magie des paroles remplies de sens s’est combiné aux instruments pour accoucher une expérience unique. Un temps avec Beethova c’est réfléchir sur nos manquements, nos doutes, nos dérives mais aussi sur notre résilience, nos exploits passés, notre haïtianité, notre identité de peuple inventeur de la liberté.


Gaspard DORÉLIEN

Ottawa,

17.11.24

23h23

lundi 27 mai 2024

L’idée d'être avec toi

Le hasard doit sûrement ne pas exister. Ce qui est aujourd’hui était juste un rendez-vous. J’ai adoré ce que tout le monde appellerait hasard ou accident dans la rencontre de la pétillante Solène (Anne Hathaway) et du gentil et audacieux Hayes (Nicholas Galitzine) dans le film "The Idea of You". Cette histoire (bien que je n’en sois qu’à la 56e minute) est une excellente leçon sur l’imprévisibilité et la tangibilité de l’amour. Je ne sais pas si les 61 minutes qui restent me décevront, mais j’adore l’idée d'être déjà avec toi. Amour!



J’ai toujours admiré Anne 
Hathaway. Il paraît que les années ont bonifié cette merveilleuse actrice qui ne fait pas ses 41 ans. Elle est sublime. Éclatante. Et incroyablement crédible dans ce rôle gênant qu’elle joue dans ce film, dont Gabrielle Union est l’une des productrices. Le jeu d’Anne est naturel, adroit et séducteur. Elle a 40 ans dans le film et développe une amourette avec un garçon de 24 ans. La connexion était inattendue. La relation, au regard de la logique sociétale, devrait être impossible. Dans la 70e minute et poussière, la dure réalité les rattrape ou du moins, rattrape la Solène de 40 ans. Je suis le déroulement. Espérant que Robinne Lee, actrice et autrice du roman du même titre, de qui le film a été adapté avait trouvé un dénouement à la hauteur de la première heure de l’histoire.


87e minute. J’adore jusqu’à présent le dénouement. J’adore le message lancé contre ce faussé généralement admis entre l’homme et la femme. Le premier sexe n’est jamais jugé quand il se met avec une jeunotte. Mais quand c’est le deuxième sexe que l’amour fait sortir des sentiers battus, on fait tomber sur son dos toutes les foudres du ciel.


Il est 4h30 du matin. Je dois être au bureau dans moins de 5 heures. Mais il reste encore 30 bonnes minutes avant la fin. Je croise les doigts contre toute déception.


89e minute. Je viens de hurler de surprise. Une surprise heureuse. Je ne vais pas vous “spoiler”. Je ne dis rien. Mais la dernière action dans le studio d’enregistrement entre Hayes et Solène est une perle. C'était tellement  inattendu, drôle et profond à la fois.


Continuons. Les doigts toujours croisés.


“Le monde déteste le bonheur des femmes”, vient de lâcher Tracy (Annie Mumolo), une copine de Solène. C'est probablement vrai. Mais, de ma perspective, je ne pense pas que ce soit différent pour les hommes. En tout cas, on n’a semblé avoir jamais aimé le mien.

Retournons au film, vite fait.


5h04. J’ai les yeux inondés. Pas une once de déception. C’est le meilleur film romantique que j’ai regardé depuis 2024. Un presque sans faute pour l'autrice et scénariste Robine Lee, pour le réalisateur Michael Showalter et surtout pour les deux personnages principaux, la délicieuse Anne Hathaway et le talentueux Nicholas Galitzine. L'amour, toi, tu es merveilleux. Ce sont les mauvaises combinaisons qui te souillent la plupart du temps. Sinon, l’amour est beau. Éternel. Magique. Remplissant.

The Idea of You, je vous le recommande. Vivement!


Gaspard DORÉLIEN, Master of Arts

Ottawa,

27.05.2024

5h12 AM


La bande annonce du film



samedi 25 mai 2024

Une esquisse de pas en exil

Bon, d’accord, ce n’est pas la première chanson qui me presse dans une urgence de danser. Mais “L’exil” de Laurie Darmon vient d’être la première à me titiller autant les jambes et tout le corps à esquisser des pas dans une lenteur pressante. Trop pressante !


Je l’ai découverte seulement hier. En vagabondant sur le story du compte Facebook d’une magnifique dame. D’ailleurs, je l’ai remerciée dans un commentaire pour la chanson. Depuis hier jusqu’à l’instant présent, mon téléphone doit se lasser de l’écoute en boucle de cette chanson.

La chanson est un hommage à sa grand-mère qui se retrouve sur une autre terre, un autre continent… elle évoque ses souvenirs. Les parfums, les couleurs… Elle parle de l’exil de sa grand-mère. Mais c’est fait avec une telle douceur dans un langage fort poétique. La musique est lente et tendre. La voix de Laurie aussi. Ce n’est peut-être pas le genre de texte qui inciterait un romantique comme moi à vouloir se lover dans les bras d’une femme pour arrêter le temps, le temps des 4 minutes de la chanson. Mais depuis la première écoute d’hier soir, je n’ai eu qu’une envie indécente : me fondre dans la lenteur complice de cette pièce.

À 11h, ce matin,  un corps, des bras d’une femme qui traînait dans l’appartement m’ont permis d’épouser cette urgence lente. Ses pas étaient gauches, après quelques corrections et suggestions, elle a retrouvé le rythme. On a synchronisé nos lenteurs. C’était presque parfait. Ça l’aurait été si ce n’était un instant que tous les interdits marquaient au fer rouge. Mais tant pis. Nous deux sommes déjà des exilés. Ce n’est pas l’exil chanté par Laurie qui nous ramènerait au pays.


Gaspard DORÉLIEN, MA

jeudi 23 mai 2024

Quand nous entravons l’amour

Les plus grandes entraves en amour sont les attentes. Si tu comprends cette assertion, nul besoin de continuer ta lecture. Sinon, lis jusqu’au dernier mot. Je décris ci-dessous comment nos attentes mettent en péril toute relation amoureuse.



J’en ai récemment parlé dans l’article “On nous a compliqué l’amour”. La première espérance illusoire que nous nourrissons en couple, c’est de désirer que l’autre nous comble de bonheur ou de chercher à le combler. 


La première méprise que nous commettons presque tous, c’est de voir le couple comme un lieu de réparation. Nombreux sont ceux qui se mettent en couple pour soigner une blessure d’enfance, pour se remettre d’une séparation douloureuse ou pour remplir un vide qui nous a toujours habités. C’est peut-être ardu à accepter et à assimiler, mais c’est un fait : “si on ne peut pas être heureux seul, on ne le sera jamais en couple.”


Le bonheur doit émaner de soi. On doit être suffisamment complet pour générer son propre bonheur. On se met avec l’autre pour prolonger notre bonheur ou pour partager tout l’amour et tout le bonheur que l’on portait déjà en soi. Permettez-moi de me répéter, le couple n’est pas un établissement thérapeutique. Votre partenaire ne peut pas et ne doit pas assumer le rôle de thérapeute. Si vous souffrez de traumatismes d’enfance, cherchez de l’aide. Guérissez-vous d’abord. Car c’est réalisable. Si votre cœur a été broyé, il y a moyen de recoller les morceaux et de le reconstituer. Oui, ce miracle est possible. Je témoigne d’expérience. Mais il est extrêmement difficile d’y parvenir seul. Les thérapeutes, les psychologues, les coachs de vie… sont aussi essentiels lorsqu’on souffre de ces blessures émotionnelles que l’intervention du médecin en cas de douleur abdominale. Pourtant, on minimise encore aujourd’hui la nécessité de ces professionnels du bien-être mental dans toutes les sociétés. C’est pourquoi nous avons tous tendance à compter sur l’amour pour nous restaurer. On entre dans une relation avec toute son entièreté. Notre amour. Notre bonheur. Nos rêves. Nos objectifs. Notre personnalité. Et toute notre disposition à partir lorsque le respect, la fidélité, l’amour… ne sont plus au rendez-vous. Car on doit suffisamment s’aimer et se valoriser pour ne pas tolérer l’intolérable. Pour ne pas implorer d’attention, de compréhension, de respect… Car si l’autre vous désire, tout cela sera offert généreusement sans que vous ayez à les réclamer.


Une seconde attente qui barre sérieusement la route à l’amour, c’est d’exiger que l’autre réagisse à notre manière, à notre sauce, selon nos propres normes. Nous sommes chacun formés d’une individualité découlant de notre éducation, de nos influences, du cadre émotionnel autour duquel nous avons gravité avant de rencontrer celui ou celle avec qui nous partageons un bout de chemin ou tout le reste de notre vie. Et chaque parcours est singulier et produit souvent des résultats uniques. Il est donc impensable de s’attendre à ce que l’autre puisse s’adapter à nos propres modèles. La meilleure démarche est de se souvenir que son partenaire est un individu unique, programmé différemment de soi. Et qu’il est normal que ses réactions ne coïncident pas avec les nôtres. Pour se prémunir de toute déception engendrant de la frustration, il faut éviter de se munir d’attentes précises. Car si on persiste dans cette direction, on pourrait s’engager dans une autre quête encore plus fatale pour la relation : le désir de changer l’autre ou penser qu’il ou elle va changer.


C’est encore un autre obstacle très, voire trop, courant dans les relations de couple : vouloir changer l’autre. Ceux qui nourrissent leur esprit d’une telle espérance se retrouvent invariablement sur le banc de la déception et de la frustration. Car ce que l’autre est aujourd’hui est le résultat d’une longue, d’une très longue évolution. Et ce rendu, même s’il peut ne pas être définitif, est souvent très ardu, pour ne pas dire impossible, à modifier. Sauf si l’autre prend conscience du modèle à changer et s’engage de manière déterminée et constante à effectuer ce changement. Et même là, il y a des cas où, malgré toute la volonté du monde, il ou elle n’y parviendra jamais seul. Prenons le cas d’un ou d’une pervers (e) narcissique. Il est improbable qu’il ou qu’elle cesse d’être ainsi, sans un suivi sérieux d’un thérapeute. Car un ou une pervers (e) narcissique est une victime d’un passé qui ne lui était pas du tout favorable et qui le prédispose corps et âme à être un fléau dans la vie des autres. Si vous avez le malheur de tomber sur une personne de cette catégorie et que vous espérez qu’elle change, “ou mèt vann Bondye jounen w” (vous pouvez vendre vos journées à Dieu), me répétait une certaine personne.


En définitive, pour libérer l’amour de toutes ces entraves et de nombreuses autres que nous n’avons pas abordées dans ces lignes, il faut se souvenir et appliquer l’une des règles fondamentales du Stoïcisme : “ne pas avoir d’attente.” Mais vous me demanderez immédiatement, comment ne pas avoir d’attente dans une relation amoureuse ? La réponse n’est pas simple. Car presque toute notre construction en tant qu’être social, nous prédispose à avoir des attentes vis-à-vis de l’autre. Mais il faudrait aussi vous demander pourquoi tant de relations amoureuses ne fonctionnent pas ou finissent par une rupture ? C’est parce que nous entrons dans les relations étant incomplets, malades, vidés… et par conséquent on compte sur l’autre pour nous compléter, nous guérir, nous remplir… 


Un ou une partenaire n’est pas un ou une thérapeute. C’est à nous, bien sûr accompagnés de spécialistes de la santé mentale, de guérir nos blessures, de remplir nos vides et de forger notre bonheur. Je me répète, si on n’est pas heureux seul, on ne le sera jamais en couple. Et si on s’aime assez fort et vrai, on sera bien dans sa peau et il sera plausible pour nous de ne pas avoir des attentes vis-à-vis de l’autre qui, lorsqu’elles ne sont pas satisfaites, engendrent amertume et frustration. La seule chose que l’autre nous doit, et que nous lui devons aussi, est le respect. S’il est présent, il n’y aura pas d’infidélité, pas de mépris, pas de négligence, pas de trahison… et le couple sera juste un terreau pour l’épanouissement de notre bonheur. Et non le lieu où naîtra notre bonheur. Ce dernier ne doit éclore qu’en nous. Si vous vous demandez comment le faire naître en vous ? Cela signifie que vous êtes qualifié pour chercher de l’aide. Et ça, c’est OK. Tous ceux et toutes celles qui ont cherché de l’aide en sont sortis victorieux (ses). Expérience vécue!


Gaspard Dorélien, MA

samedi 8 avril 2023

Alan Cave, la meilleure voix de la musique haïtienne de tous les temps 

 

On a eu des Ti Manno, Amstrong Jeune, Réginald Cangé... Mais Alan Cave, sans forcé et sans le vouloir, peut-être, a dépassé les meilleures voix du compas et la musique haïtienne en général. Il a la magie du chant. Il ne force rien. Il chante comme un dieu. Contestez, si vous voulez, mais Alan Cavé est la meilleure voix du Compas et la musique venant d’Haïti. De tous les temps. 

Je commencerai par un petit exercice. Il n’est pas périlleux mais assez ardu. J’espère que le résultat sera exhaustif. De quoi s’agit-il? Mettre la beauté de la voix d’Alan Cavé en images. Visuellement, elle serait comme une fraîche rosée, assez fine pour être discrète. Une rosée de la bonne heure du matin qui s’incruste à très faible dose avec une lenteur enivrante sur les pétales, les feuilles des fleurs… Et une fois là, une harmonie naît. Les plantes deviennent lumineuses et crèvent les yeux, séduisent, envoutent… avec leur beauté. 


À l’oreille, la voix d’Alan Cavé est un son sûr, suave et haletante qui fait l’amour à nos tympans. En plus de cette douceur qui caractérise la voix du chanteur, la majorité des textes qu’il chante sont très forts en poésie. La majorité des interprétations du chanteur, notamment sur ses albums solo, sont le mariage d’une voix qui séduit et de paroles captent par leur grand élan poétique.


Georges Alan Cave est sans aucun doute l'une des figures les plus emblématiques de la musique haïtienne. Né en 1966 à New York, il a grandi dans une famille de musiciens et a commencé à chanter dès son plus jeune âge. Après avoir passé plusieurs années aux États-Unis, il est retourné en Haïti pour se lancer dans une carrière musicale qui allait marquer l'histoire de la musique compas. 


Pour le journaliste culturel Jean Venel Casséus “la grande plage de variétés que peut atteindre la voix d’Alan Cavé dépasse le cadre du compas. Et ce serait dommage de le confiner dans le stricte genre Compas… Pour moi Alan Cavé est la meilleure voix de Compas de tous les temps”. 


De son côté, le chroniqueur et critique musical Jhonny Célicourt décrit la voix d’Alan Cavé comme “Onctueuse, feutrée, mielleuse et qui vous transporte”. Monsieur Célicourt ne va pas jusqu’à lui accorder l’étiquette de meilleure voix de la musique haïtienne, mais c’est sans retenu qu’il clame que c’est “l’une des meilleures voix de la nouvelle génération de la musique haïtienne”.


Le compas, le genre musical haïtien a émergé dans les années 1950. Il combine des éléments de différents styles musicaux tels que la salsa, le merengue et le jazz, et est connu pour ses rythmes entraînants et son instrumentation riche. Alan Cave a rapidement acquis une renommée dans le monde du compas grâce à sa voix exceptionnelle et sa présence scénique captivante.



Il a commencé sa carrière musicale en tant que membre du groupe Zin, avec lequel il a sorti plusieurs albums à succès, dont “O pa” (1988) et “Kanpe sou yon bit” (1999). Mais il a véritablement brillé en tant qu'artiste solo. En 2001, il a sorti son premier album solo intitulé "Se pa ou dat", qui a connu un succès immédiat en Haïti et dans la diaspora haïtienne.


Depuis lors, Alan Cave a sorti plusieurs albums à succès, notamment "Douce" en 2005, "Zouk Kreyòl" en 2009 et "Tèt ou" en 2017. Chacun de ses albums est un mélange captivant de rythmes compas, de ballades romantiques et de collaborations avec des artistes haïtiens et internationaux renommés.


Mais ce qui distingue Alan Cave de nombreux autres artistes du compas est évidemment sa voix. Elle est indécemment riche et cette voix est à la fois tendre et puissante, capable de transmettre une large gamme d'émotions. Sa voix est profonde, sensuelle, mélancolique à souhait et pleine de nuances, et il sait l'utiliser pour donner vie à ses chansons.

Pour Ismaëla, jeune mélomane haïtienne qui vit au Canada, “Alan Cavé est exceptionnel”. 


Il est donc facile de comprendre pourquoi Alan Cave est considéré comme la meilleure voix du compas de tous les temps. Il a été salué par des critiques musicaux de partout pour sa voix exceptionnelle, son talent d'auteur-compositeur et sa contribution à la musique haïtienne.


Alan Cave est un artiste qui a marqué l'histoire de la musique compas. Il a une voix qui est à la fois puissante et émouvante. Il est sans aucun doute l'une des figures les plus emblématiques de la musique haïtienne et sa contribution à l'évolution du compas est inestimable. Alan Cave est un artiste talentueux et engagé, qui a réussi à se faire une place dans le cœur des Haïtiens et des amateurs de musique compas du monde entier. Sa voix unique et sa personnalité charismatique ont fait de lui une légende vivante de la musique haïtienne, et son héritage musical continuera de résonner pendant de nombreuses années à venir.


Gaspard Dorélien, MA

Ottawa

mardi 31 janvier 2023

2e livre pour l’année 2023

 Lire au minimum 24 livres d’ici le 31 décembre 2023. C’est l’un de mes principaux objectifs pour cette année. Je viens de boucler mon deuxième livre pour ce mois de janvier. C’est un manuscrit. Non publié encore. Le premier que j'ai terminé le 5 janvier est de  Virginie Grimaldi, "Il est grand temps de rallumer les étoiles”.  Loin d’être un brouillon, les 245 pages que Pierre Négaud Dupénor m’a passées, m’ont permis de voyager dans son idéal d’une humanité lumineuse. “La cougar et l’Empathe”, premier roman pour ce jeune auteur, mais un profond voyage initiatique dans l’humain vrai, libre, bon et prometteur.


“Je ne le terminerai pas si, à mon goût, il ne correspond pas à l’idée d’un bon roman”, ai-je “prétentieusement” argué. C’est la seule garantie que j’avais donnée à Pierre Négaud Dupénor à qui je n’aurais pas prêté des prétentions de “littéraire”, au regard de son statut académique. Quand je l’avais rencontré en 2019, il était doctorant en sciences politiques et étudiant en photographie à Fotomatik Haiti. Sa science, il l’a mise au service de la littérature. Pour son premier roman, “La cougar et l’Empathe”, l’ancien étudiant de la Faculté des Sciences Humaines de l’Université d’État d’Haïti, spécialiste en communication et gestion de la connaissance pour une agence des Nations Unies, a accouché une oeuvre empreinte d’une forte humanité. Une élévation de l’idéal humain où l’amour devient un réel concret, vrai et actif. 


La formule simple qui préconise que la meilleure façon de comprendre l’autre c’est de se mettre à sa place, n’a jamais, selon ma perspective, été aussi bien illustrée dans un argumentaire. Au milieu de la lecture de ce roman, je me suis même surpris, à maintes reprises, hypnotisé par une sagesse d’une force incommensurable, idéale, mais captivante. J’étais comme suspendu - happé même - aux réflexions d’un vieux sage que nul ne saurait contester. Les concepts de liberté, d’amour pour autrui, d’entraide, d’empathie,  de sagesse divine… sont développés et argumentés par des personnages aux paroles claires, convaincantes qui laissent très peu de place au doute. Même méthodique. Ma lecture accuse peut-être un certain biais, parce qu’elle épouse à l’excès certains points de vue de plusieurs personnages de l’histoire.


Elle se déroule entre Nantes, Guérande, Abidjan, Ngozi… Les personnages viennent du berceau de l’humanité, l’Afrique. Les thématiques qui carburent toute la trame du récit sont la spiritualité, la sexualité, la religion, la philosophie et la psychologie. Et bien entendu, tout ceci ramène à l’humain, nerf principal de toute cette cogitation intellectuelle sur fond littéraire.


“La cougar et l’Empathe" est un roman hautement philosophique, élaboré dans une écriture simple, mais non simplette. Il se lit facilement. J’en suis sorti bonifié. L’auteur a certainement voulu vendre la bonté de l’être humain. Il a réussi le pari. Même s’il a excédé à la fin en présentant, de façon expéditive, le bannissement d’une pratique odieuse, mais centenaire en Afrique. À découvrir quand vous aurez le livre en main. Son idéalisme a eu raison de la raison elle-même. Les réflexions magistralement philosophiques sont redevenues littéraires. Tout créateur est un grand rêveur. Pierre Négaud Dupénor ne s’en est pas gêné. Il a rêvé. A imposé son rêve dans les dernières parties de son roman. À vous de l’acheter argent content ou crédit. Je ne me prêche plus. J’en suis un converti.


Je souhaite à tous et à toutes la chance et le bonheur de lire “La Cougar et l’Empathe”. Vous ne serez jamais aussi humains et humaines.


Gaspard DORÉLIEN, MA

dimanche 19 avril 2020

Nadia, l’innocence volée à 9 ans

On l’appellera Nadia. Car elle redoute amèrement d’être reconnue. Elle a été violée le jour de la Noël. Le 25 décembre 2010. Nadia avait 9 ans. L’âge qui portait toute son innocence.  C’était par un “bienfaiteur” canadien venu apporter des jouets et de l’aide à l’orphelinat où sa mère l’avait abandonnée quand elle avait 3 mois. Vous pensez avoir déjà vécu l’enfer? Lisez d’abord l’histoire de Nadia, voguant avec moult  dérives sur le tumultueux fleuve de la vie en Haïti.

La pornographie et les enfants : un mauvais ménage

Article rédigé le 25 mars 2005

À Port-au-Prince, les magazines pornos se vendent dans les rues, à côté des établissements scolaires, sur les places publiques... Ecoliers, adolescents..., tout le monde peut avoir accès, quand il le veut, à une séance de photos XXX. Les premières victimes de la pornographie sont les enfants et les adolescents. 

Hôtel Simbi Continental, une regrettable déchéance

Reportage réalisé le 16 mai 2007

C'était un fief du groupe Scorpio. Cette formation musicale durant les années 80 jouait tous les dimanches à l'hôtel Simbi Continental. C'était surtout un grand hôtel avec une cour boisée, fleurie, gazonnée et dotée d'une grande piscine. Pris d\'assaut par quelques centaines de personnes à la chute de Jean-Claude Duvalier en février 1986, l'hôtel Simbi Continental, situé entre Martissant 25 et Fontamara 27, est aujourd'hui une énorme poche de misère. Bétonnée.

Paroles tafia

Ils descendent. Ils accélèrent. Qu’est-ce je ne donnerais pas pour pouvoir lire dans la tête de chaque conducteur qui dévale l’autoroute de Delmas. Sont-ils heureux? Ils vont où par cette nuit noire comme de l’encre? Il y a-t-il quelqu’un qui les attend avec impatience à la maison? Vont-ils danser ce vendredi soir? Sûrement pas! S’ils descendent, peut-être qu’ils ne vont pas que danser. Ils ne vont pas se recréer sainement. En bas, c’est la prostitution. En bas, ce sont les serveuses, toutes, les mêmes hauts et les mêmes bas, aguicheuses à souhait. Des prostituées qui ne disent pas leur nom. Je déteste les excuses. Mais, il paraît qu’elles n’ont pas tellement le choix. C’est soit la prostitution de classe soit crever de faim.

“What a wonderful world”

J’ai descendu les vitres. L’air, au dehors, par cette nuit de lundi d’avril, n’était pas très frais. Mais la vitesse de mon déplacement le rendait assez agréable. J’étais content de partager avec la rue, les notes agréables de “What a wonderful world”, la chanson mythique du grand jazzman Afro-américain, Louis Armstrong, que crachaient avec rage de plaisir les haut-parleurs enroués de mon “Apye pi mal”.

dimanche 24 novembre 2019

Unlocked


Il n’y avait presque plus de places de parking libres dans les parages.On est samedi. Il est 22h12.. La nuit est encore jeune. Dans ce club branché de Pétion-Ville, certains, après plus de deux mois, vont enfin renouer avec l’évasion des nuits arrosées de musiques américaines, d’alcool, de transes pour une liberté retrouvée. They’ve been unlocked!

lundi 11 novembre 2019

Grand-Rue, boulevard de l'anarchie

Il est à la fois marché, chantier, atelier, dépotoir, gare, restaurant populaire, école, hôpital, flaque d\'eau, garage, dépôt, bric-à-brac, magasin, vitrine, une route ouverte à la circulation, un boulevard..., une anarchie, une honte pour la capitale haïtienne. Le boulevard Jean-Jacques Dessalines ou Grand-Rue, en 2005, l'année dédiée à la mémoire de l'Empereur, reflète image d'un désordre organisé.

jeudi 31 octobre 2019

Être Haïtien que de nom



C’est effrayant de l’affirmer. Mais c’est un fait. Plus rien ne lie la majorité des Haïtiens entre eux. La notion de nation de Ernst Renan (philosophe, écrivain et historien français) qui renvoie à la “volonté de vivre ensemble” ne cadre absolument pas avec le tintamarre du quotidien d’Haïti en 2019. Aucune étude n’est obligatoire pour tout observateur averti d’affirmer sans ambages que pour beaucoup d’entre nous, nous ne sommes Haïtiens que de nom.

samedi 19 octobre 2019

Vous êtes un sale hypocrite Monsieur le Président : lettre ouverte au président de la République d’Haïti



Président Jovenel Moïse,

Je me passerai des formules de politesse hypocrites. La gravité de la situation m’en prive. Je vais droit au but. Mes propos sont ceux d’un citoyen haïtien privilégié (parce qu’il  a pu faire des études en Haïti et à l’étranger et travaille, entreprend, enseigne et peut encore manger à sa faim mais qui est horripilé face à la misère extrême des millions de ses frères et sœurs haïtiens et haïtiennes). Mais ce citoyen est on ne peut plus frustré, abattu, en colère et qui avoue son impuissance face à la dégradation de son pays par votre seule incompétence de bien diriger la barque nationale.

mardi 8 octobre 2019

Quel plan pour la transition d'après Jovenel?

Pa gen dout prezidans Jovenel Moïse la pa bay ankenn rezilta. Ayiti vin pi pòv, lavi vin pi chè, peyi a vin pi kowonpi depi lè li la a. Tout etid nasyonal ak entènasyonal yo demontre sa. Sak sèten tou, ak tout presyon lari a, l ap blije kite pouvwa avan fen manda 5 kan li an. Opozisyon an ak anpil gwoup òganize ap pale de chanjman sistèm ki dwe fèt. Ki plan tranzisyon apre Jovenel Moïse la genyen? Kòman chanjman sistèm y ap pale a ka rive fèt? Men yon plan sou fòm kesyon ki ta ka debouche sou chanjman sistèm lan vre.

mercredi 25 septembre 2019

Prezidan Jovenel Moïse desann kanson l ankò nan diskou li a



Diskou prezidan an te anonse pou aswè madi 24 septanm lan. Men jiska inè nan maten mèkredi 25 septanm lan, gen sitwayen ki t ap plenyen sou rezo sosyo yo sou diskou sa ki pat janm prezante. Konseye kominikasyon prezidan ta dwe konnen reta nan adrès la redui nan enpak ak kredibilite kominikasyon an. Epi diskou a pa pote anyen nouvo, ankenn solisyon a kriz politik, ekonomik k ap boulvèse bil peyi a aktyèlman. 

mardi 3 septembre 2019

Employés de l’État haïtien ou les nouveaux mendiants forcés



Des contractuels du Ministère du Commerce qui ont signé leurs contrats depuis octobre 2018, n’ont encore reçu aucun salaire. Certains de la Commission Nationale de Lutte Contre la Drogue (Conald) ont reçu leurs dernières paies en décembre 2018. Des contractuels de l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (Ucref) ont reçu leurs dus depuis juillet dernier. Comment ils font pour boucler tout le mois ou leur fin de mois? Ils mendient. Tout simplement!

jeudi 22 août 2019

Motocyclette en Haïti: la mort sur deux roues



On n’a pas de chiffres. En Haïti, nous ne sommes pas des scientifiques. Nous sommes encore loin de la cueillette systématique de données sur les phénomènes qui font mouche au sein de la société. Mais tout le monde le sait, parce que chacun de nous en a été témoin au moins une fois. Les accidents, mortels ou pas, de la circulation avec l’implication des motocyclettes en Haiti sont des faits quotidiens. Depuis plus de deux décennies, la mort en Haïti roule sur deux roues.

lundi 12 août 2019

Itiya, on a ri de tout


Le public avait envie de rire. De rire du nom du président de la République, désormais, synonyme de mensonge. De rire du “pasteur-Dieu” de Delmas qui doit tout autoriser dans son église. Même les plaisirs solo de ses ouailles que seul Dieu devrait voir. De rire du parler de Jean Charles Moïse... de rire de Ayiti où tout est à l’envers. Le premier spectacle d’Amos César, Itiya, à Le Villate, le dimanche 11 août, à été un succès. Confirmé!