Affichage des articles dont le libellé est Haiti. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Haiti. Afficher tous les articles

samedi 25 mai 2024

Une esquisse de pas en exil

Bon, d’accord, ce n’est pas la première chanson qui me presse dans une urgence de danser. Mais “L’exil” de Laurie Darmon vient d’être la première à me titiller autant les jambes et tout le corps à esquisser des pas dans une lenteur pressante. Trop pressante !


Je l’ai découverte seulement hier. En vagabondant sur le story du compte Facebook d’une magnifique dame. D’ailleurs, je l’ai remerciée dans un commentaire pour la chanson. Depuis hier jusqu’à l’instant présent, mon téléphone doit se lasser de l’écoute en boucle de cette chanson.

La chanson est un hommage à sa grand-mère qui se retrouve sur une autre terre, un autre continent… elle évoque ses souvenirs. Les parfums, les couleurs… Elle parle de l’exil de sa grand-mère. Mais c’est fait avec une telle douceur dans un langage fort poétique. La musique est lente et tendre. La voix de Laurie aussi. Ce n’est peut-être pas le genre de texte qui inciterait un romantique comme moi à vouloir se lover dans les bras d’une femme pour arrêter le temps, le temps des 4 minutes de la chanson. Mais depuis la première écoute d’hier soir, je n’ai eu qu’une envie indécente : me fondre dans la lenteur complice de cette pièce.

À 11h, ce matin,  un corps, des bras d’une femme qui traînait dans l’appartement m’ont permis d’épouser cette urgence lente. Ses pas étaient gauches, après quelques corrections et suggestions, elle a retrouvé le rythme. On a synchronisé nos lenteurs. C’était presque parfait. Ça l’aurait été si ce n’était un instant que tous les interdits marquaient au fer rouge. Mais tant pis. Nous deux sommes déjà des exilés. Ce n’est pas l’exil chanté par Laurie qui nous ramènerait au pays.


Gaspard DORÉLIEN, MA

mercredi 10 avril 2024

Stoïque 10 avril

 “Desert rose” ne m’a pas raté ce matin. Je me suis retenu pendant que j’avais une passagère avec moi. Elle est descendue. La voix de Sting est restée. Et là, j’ai mouillé même ma cravate pendant que je traversais cette Ottawa ensoleillée. Mais avant d’arriver au parking sous-terrain du bureau, j’ai laissé Mary J. Bridge prendre la place à mes tympans dans “Family affair”. Je ne peux pas revenir et effacer les souvenirs des 8 précédents 10 avril, celui-ci, je peux décider d’en faire un nouveau qui sera agréable à revivre l’année prochaine. Je me suis heureusement rappelé que je pouvais être stoïque. 


Le premier 10 avril, j’étais à Vegas. Il y avait plein de promesses: amour, fidélité, soutien mutuel… C’est là que tout a commencé. Le deuxième à Haïku, à l’Hôtel Royal Oasis, à Pétion-Ville…, un super beau moment… Le quatrième, solitaire, mais satisfait, devant plusieurs Prestige fraîches et des olives vertes épicées à Station 73, à Delmas. Le 6e, sur le sable chaud d'une plage à Las Terrenas, en République Dominicaine... Le 8e dans un sous-sol, à Orléans, au Canada, essayant de récoler des morceaux cassés qui ne pouvaient absolument pas se recoller, ça je ne l’ai réalisé qu’entre le 13 et le 20 juillet 2023.


Le 9e là, je vais envoyer un courriel responsif, je serai facturé pour la réception, la reformulation et le transfert à qui de droit. C’est le premier 10 avril où je me fais une dette pour avoir envoyé un courriel. Mais je comprends et accepte que tout a un prix. Je paierai pour ce courriel pour ne plus être lié aux désormais, funestes souvenirs du 10 avril. 


Toujours se focaliser que sur ce que l’on peut contrôler. Et non l'inverse. Quand on réalise cela, on est stoïque. 




Gaspard DORÉLIEN 

Ottawa

10.04.24

10:24

vendredi 22 mars 2024

Dormir, rêver et rêver !

 

Dans mes rêves, je reste très rarement au Canada. Je m’envole toujours vers des contrées pour vivre ce que mon subconscient cache ou ce que mon conscient convoite. Hier soir, ou peut-être ce matin, durant de longs instants, je suis retourné en Haïti. J’ai redécouvert la mer, Miss AnayizZ, Mirebalais, des gens que j’aime et d’autres que j’ai aimé. C’était beau! C’était vrai! Je donnerais beaucoup pour que ça dure longtemps. Très longtemps. 

À mon réveil, tard, bien tard ce matin, j’étais bouleversé. Non que je désapprouve la réalité de mon nouveau monde, mais les sensations éprouvées dans le rêve étaient douces, authentiques et profondes. J’ai revu ma terre natale dans des moments de loin meilleurs que ceux d’aujourd’hui. J’ai renoué avec des personnes qui me sont chères, vécu des moments d’une qualité exceptionnelle. 

Des têtes toxiques ont aussi traversé cette parenthèse enchantée. Leur présence, toutefois, pâlissait face à la lumière des belles âmes qui animaient mon rêve.

Au-delà des livres, je suis convaincu que pouvoir rêver et se souvenir des détails constitue la plus belle échappée, permettant de savourer ou de resavourer le bonheur d’ailleurs. Comme j’aimerais retrouver Haïti avec cette même sérénité qui m’a envahi dans le rêve de ce matin. Retrouver ces belles personnes qui étaient sincères et qui le demeurent jusqu’à ce jour !

Ottawa
22.03.24
12h12

mardi 27 février 2024

Ce que l’amour n’est pas…

 Il est loin d’être l’histoire de Roméo et Juliette. Il n’est pas ce refuge où nos besoins seront comblés.  Ce n’est le complément des fragments manquants de notre être. Il ne se réduit pas à une salle d'attente de nos espérances. La littérature, le cinéma, la musique… nous ont souvent présenté l'amour comme un abri sous lequel trouver le bonheur. Je vous le dis, en vérité, l’amour n’est absolument rien de tout cela. Souffrez, en lisant les lignes qui suivent, que la bulle illusoire s’éclate.



Nous avons tous grandi avec des blessures que l’on porte dans notre âme, dans notre coeur et que nous reflétons dans nos comportements vis-à-vis des autres. Ces blessures, qu’on arrive difficilement à refermer, créent des êtres incomplets, révoltés, dépendants, haineux, méfiants, manipulateurs, tristes… et inévitablement malheureux et qui souvent rendent les autres encore plus malheureux. L’amour n’est pas un réparateur d’enfance malheureuse. L’amour n’est pas un pansement à nos blessures. L’amour ne recolle pas les morceaux d’un coeur qu’on a donné en pâture à un/une pervers (e) narcissique.  


Nous espérons tous que l'amour viendra combler nos vides, guérir nos blessures de rejet, d'abandon, d'humiliation, d'injustice et de trahison. Pourtant, nous nous trompons. Jamais l’autre ne remplira ces cases vides. Jamais l’autre ne devinera ces attentes - et même si elles sont sues, même avec toute la volonté du monde il/elle ne réussira pas à les satisfaire - et s’atteler à nous combler. L'amour ne repose pas sur l'autre pour trouver paix et harmonie. Ce n’est pas là, la fonction de l’amour. Entrer incomplet dans une relation en espérant en ressortir comblé est une illusion. Il n’en sera jamais autrement.


Cette réalité peut être dure à accepter. Lorsque Shakespeare nous donne Roméo et Juliette, et que notre culture célèbre cette histoire comme l'archétype de l'amour véritable, il est facile de croire que l'autre est notre sauveur ou quand l’autre s’en va, on croit que la vie n’a plus de sens et ne mérite plus d’être vécu. Quand les “plus belles chansons” nous disent que l’autre est le soleil de nos jours, la lune de nos nuits, notre plus beau rêve… notre raison de vivre… et que les “plus belles histoires” qu’on nous vende nous présente des personnages qui s’oublient pour l’autre parce que sans lui/elle nous sommes incomplets (tes), c’est normal que l’on croit aujourd’hui, l’amour, c’est l’autre. Le bonheur, c’est l’autre. L’avenir, c’est l’autre. Et que sans lui/elle la vie est une bière sans alcool. Du gateau sans sucre. Une musique muette. 


Devinez quoi? L'amour ne se trouve pas dans l'autre. Il ne commence pas avec ce regard aguicheur et insistant, un dernier vendredi de janvier. Non plus en contemplant un sourire café au lait sur une photo qu’on a prise un premier dimanche de février à l’église. Ne faites pas attention aux deux dernières phrases. Ce ne sont que des exemples. Fictifs. 


L'amour naît en nous. Il est intrinsèque et s'épanouit de l'intérieur. Pour aimer autrui, il est essentiel de s'aimer soi-même.


Beaucoup d’entre nous qui disons être des disciples du Christ et attendons le secours du bonheur de l’autre, ne comprenons pas un de ses plus importants préceptes: “aime l’autre comme toi-même”. Les premises de cette recommandation soulignent que pour donner de l’amour, il faut l’avoir déjà expérimenté avec soi-même. Jésus par cette parole nous dit indirectement que l’on doit s’aimer d’abord. Qu’il est normal de s’aimer. Que l’apprentissage de l’amour commence avec soi-même. S'aimer n'est pas égoïste, c'est le fondement même de l'amour véritable. On ne peut pas aimer l’autre si on ne s’aime pas soi-même. 


Bon là, Jésus n’a rien pipé sur les milliards de raisons qui peuvent nous empêcher de nous aimer d’abord. Mais dans leurs gênes, l’homme et la femme avaient heureusement cette faculté qu’on appelle intelligence. Cette dernière nous a permis au fil des millénaires, de comprendre, d’analyser et même de prévoir nos schémas de comportement. Saviez-vous qu’un enfant non désiré ou abandonné par son père, en embryon étant, connait déjà le rejet et l’abandon? Saviez-vous que telles blessures, si elles ne sont pas colmatées par un amour inconditionnel de son plus proche entourage feront de lui ou d’elle un être qui va très mal “dealer” avec l’amour? Ce n’est q’un  exemple parmi tant d’autres.


Devenu (e) adulte, celui ou celle qui n’a jamais été conscient (e) de ces déchirures comptera toujours sur les autres pour le guérir ou fera subir aux autres les maux qui érodent son être. Il/elle deviendra un ou une dépendant (e) affectif (ve) ou un/une pervers(e) narcissique. La première pathologie a plus de chance d’être circonscrite si elle est identifiée et que la personne qui en souffre trouve de l’accompagnement auprès de professionnels de la santé mentale. Quant à la seconde, les possibilités de guérison sont infiniment minces. Un/une perverse narcissique c’est comme un vampire qui ne vit que de sang. Celui-ci ou celle-ci vit pour faire souffrir l’autre et est dépourvu de toute empathie. Il/elle manipule, minimise, développe une dépendance chez l’autre par rapport à lui/elle… Mais tout ceci c’est pour combler son insécurité viscérale. 


Sans cette auto-acceptation, nous devenons soit des victimes, soit des bourreaux, incapables d'aimer authentiquement et développant des dépendances. Les attentes inassouvies mènent à la souffrance. La seule voie de sortie est de chercher de l'aide, car seul, le chemin vers la guérison est semé d'embûches. Ce processus de guérison de l'enfant intérieur blessé, d'acceptation de soi, de pardon et d'amour propre est essentiel pour vivre en harmonie avec soi-même et être prêt à aimer véritablement.


Il sera quasiment impossible de s’en sortir tout seul. Avec toute la volonté du monde, vous commencerez le changement. Mais les émotions, les manques, les besoins, les habitudes… disparaitront de temps en temps. Mais ils réapparaîtront plus forts qu’avant. Il y a tout un processus par lequel vous devez passer pour guérir l’enfant blessé qu’il y a au dedans de vous, pour vous accepter dans votre imperfection, vous pardonner et finalement vous aimer, suffire à vous même, vivre avec vous même, être bien avec vous même et finalement être heureux avec vous même. Ce n’est qu’à ce moment que vous serez prêt (e) à donner et à recevoir de l’amour. Vous n’aurez pas d’attentes à combler, vous n’aurez pas d’incomplétudes et votre bien-être ne dépendra pas de l’autre. Et toute relation devient un complément, non une nécessité à votre bonheur.


Quand vous vous aimez, vous n’accepterez plus de comportement toxique, contrôleur, manipulateur de l’autre. Et vous ne resterez pas dans une relation destructrice, espérant vainement combler un vide affectif. Quand vous vous aimez comme il faut, vous ne bâtirez pas de relation où l’autre sera votre souffre-douleur parce que croyez que la souffrance de l’autre apaisera la vôtre.


Si l’autre pour une raison quelconque décide de quitter le navire, vous serez pas perdu parce que vous étiez déjà complet sans lui ou sans elle. Et vous aurez appris des choses de cette expérience qui renforceront votre personne.


Mais diriez-vous que tout ceci est bien beau et facile à dire. Mais comment arriver à cette auto-suffisance, à cet amour de soi, à cette confiance en soi, à cette complétude? Bien que le processus peut être long et ardu, mais la solution est toute simple: elle est dans l'aide professionnelle d'un thérapeute ou d'un coach de vie certifié. Je rivens de loin. Et je  suis aujourd’hui loin, très loin de là où j’étais il y a peu. Et j’ai appris que l’amour n’est pas l’autre. L’amour est d’abord soi. Je ne parle pas ici de ce nombrilisme arrogant et contre productif. Je parle de cette prise de conscience pour comprendre que vous méritez le meilleur et le meilleur pour soi vient de soi-même, une responsabilité qui nous incombe entièrement.


Gaspard DORÉLIEN, MA


OTTAWA

27.02.24

16h16

samedi 8 avril 2023

Alan Cave, la meilleure voix de la musique haïtienne de tous les temps 

 

On a eu des Ti Manno, Amstrong Jeune, Réginald Cangé... Mais Alan Cave, sans forcé et sans le vouloir, peut-être, a dépassé les meilleures voix du compas et la musique haïtienne en général. Il a la magie du chant. Il ne force rien. Il chante comme un dieu. Contestez, si vous voulez, mais Alan Cavé est la meilleure voix du Compas et la musique venant d’Haïti. De tous les temps. 

Je commencerai par un petit exercice. Il n’est pas périlleux mais assez ardu. J’espère que le résultat sera exhaustif. De quoi s’agit-il? Mettre la beauté de la voix d’Alan Cavé en images. Visuellement, elle serait comme une fraîche rosée, assez fine pour être discrète. Une rosée de la bonne heure du matin qui s’incruste à très faible dose avec une lenteur enivrante sur les pétales, les feuilles des fleurs… Et une fois là, une harmonie naît. Les plantes deviennent lumineuses et crèvent les yeux, séduisent, envoutent… avec leur beauté. 


À l’oreille, la voix d’Alan Cavé est un son sûr, suave et haletante qui fait l’amour à nos tympans. En plus de cette douceur qui caractérise la voix du chanteur, la majorité des textes qu’il chante sont très forts en poésie. La majorité des interprétations du chanteur, notamment sur ses albums solo, sont le mariage d’une voix qui séduit et de paroles captent par leur grand élan poétique.


Georges Alan Cave est sans aucun doute l'une des figures les plus emblématiques de la musique haïtienne. Né en 1966 à New York, il a grandi dans une famille de musiciens et a commencé à chanter dès son plus jeune âge. Après avoir passé plusieurs années aux États-Unis, il est retourné en Haïti pour se lancer dans une carrière musicale qui allait marquer l'histoire de la musique compas. 


Pour le journaliste culturel Jean Venel Casséus “la grande plage de variétés que peut atteindre la voix d’Alan Cavé dépasse le cadre du compas. Et ce serait dommage de le confiner dans le stricte genre Compas… Pour moi Alan Cavé est la meilleure voix de Compas de tous les temps”. 


De son côté, le chroniqueur et critique musical Jhonny Célicourt décrit la voix d’Alan Cavé comme “Onctueuse, feutrée, mielleuse et qui vous transporte”. Monsieur Célicourt ne va pas jusqu’à lui accorder l’étiquette de meilleure voix de la musique haïtienne, mais c’est sans retenu qu’il clame que c’est “l’une des meilleures voix de la nouvelle génération de la musique haïtienne”.


Le compas, le genre musical haïtien a émergé dans les années 1950. Il combine des éléments de différents styles musicaux tels que la salsa, le merengue et le jazz, et est connu pour ses rythmes entraînants et son instrumentation riche. Alan Cave a rapidement acquis une renommée dans le monde du compas grâce à sa voix exceptionnelle et sa présence scénique captivante.



Il a commencé sa carrière musicale en tant que membre du groupe Zin, avec lequel il a sorti plusieurs albums à succès, dont “O pa” (1988) et “Kanpe sou yon bit” (1999). Mais il a véritablement brillé en tant qu'artiste solo. En 2001, il a sorti son premier album solo intitulé "Se pa ou dat", qui a connu un succès immédiat en Haïti et dans la diaspora haïtienne.


Depuis lors, Alan Cave a sorti plusieurs albums à succès, notamment "Douce" en 2005, "Zouk Kreyòl" en 2009 et "Tèt ou" en 2017. Chacun de ses albums est un mélange captivant de rythmes compas, de ballades romantiques et de collaborations avec des artistes haïtiens et internationaux renommés.


Mais ce qui distingue Alan Cave de nombreux autres artistes du compas est évidemment sa voix. Elle est indécemment riche et cette voix est à la fois tendre et puissante, capable de transmettre une large gamme d'émotions. Sa voix est profonde, sensuelle, mélancolique à souhait et pleine de nuances, et il sait l'utiliser pour donner vie à ses chansons.

Pour Ismaëla, jeune mélomane haïtienne qui vit au Canada, “Alan Cavé est exceptionnel”. 


Il est donc facile de comprendre pourquoi Alan Cave est considéré comme la meilleure voix du compas de tous les temps. Il a été salué par des critiques musicaux de partout pour sa voix exceptionnelle, son talent d'auteur-compositeur et sa contribution à la musique haïtienne.


Alan Cave est un artiste qui a marqué l'histoire de la musique compas. Il a une voix qui est à la fois puissante et émouvante. Il est sans aucun doute l'une des figures les plus emblématiques de la musique haïtienne et sa contribution à l'évolution du compas est inestimable. Alan Cave est un artiste talentueux et engagé, qui a réussi à se faire une place dans le cœur des Haïtiens et des amateurs de musique compas du monde entier. Sa voix unique et sa personnalité charismatique ont fait de lui une légende vivante de la musique haïtienne, et son héritage musical continuera de résonner pendant de nombreuses années à venir.


Gaspard Dorélien, MA

Ottawa

samedi 25 mars 2023

Zèklè à Montréal: retrouvailles, nostalgie et de “l’or en bouche”


C’est une rencontre, un oasis dans la grisaille de ce territoire de l’Amérique du Nord, des retrouvailles… qui n’auraient pas dû avoir lieu. Joël Widmaïer, le lead vocal de Zèklè, pert sa voix la veille. La possibilité d’annuler cet événement attendu était même sur le tapis. Ce pire a été évité. Le miracle a eu lieu. À l’auditorium du Collège Ahuntsic, à Montréal, le samedi 25 mars, un public enjoué s’est communié avec la bande, a complété la voix du chanteur principal, pour s’offrir du bonheur, des retrouvailles avec des sons qui ont dévalé le temps pour se laisser rattraper ce samedi soir… “De l’or en bouche” comme l’a si bien qualifié Nerlande Gaëtan Civil, coordonnatrice de la Compagnie Théâtre Créole, instigatrice de ce concert mémorable.


Mémoire ressuscitée 


 Ce qui reste de plus précieux dans le vécu de chaque homme et de chaque femme est monté de A à Z de souvenirs. 

On garde précieusement et jalousement la mémoire de tout ce qui nous a fait rire, pleurer, réfléchir, maudire, plébisciter… des bouts de notre vie. C’est ce ciment qui a soudé tout le public, yeux allumés, oreilles en alerte, voix synchronisées… pendant 90 minutes d’horloge. La musique de Zèklè a été pour tous, pour toutes, en tous, en toutes, par tous et par toutes. 


Ce sont des hommes et des femmes qui connaissent Zèklè et tout son répertoire qui se sont agrippés au bonheur des souvenirs qui ont 20 à 40 ans d’âge. 


Du vieux et du neuf


Ce n’est pas le Zèklè qui compte 40 ans qui a fait le déplacement. Certains membres de ce groupe sont partis pour l’au-delà depuis plusieurs années. Le dernier,  le virtuose du tambour, Arius Joseph, a fait le grand saut le 20 mars, 5 jours avant la date de ce concert. Mais des doigts d’or de la musique haïtienne se sont joints à Joël, à Mushi… pour faire renaître sons et paroles qui ont fait le quotidien des trentenaires, des quarantenaires… et des septuagénaires présents dans l’amphithéâtre du Collège Ahuntsic. Raoul Denis Junior, Ti Claude Marcelin, Gérarld Kébreau, Kéké Bélizaire et Fabrice Rouzier, entre autres, ont valablement remplacés ceux qui n’étaient plus là. 

Emmanuela, la plus jeune sur le podium et choriste de la circonstance a magistralement joué le duo avec Joël sur deux légendaires morceaux du groupe, dont “Ou te di m”. 


Du vieux, bonifié, du neuf, pétillant, se sont épousés pour faire de cette soirée un moment de béatitude parfaite. 


Point besoin d’être devin pour réaliser que ces Haïtiens qui ont laissé cette Haïti qu’ils chérissent, se sont abreuvés de ces bribes de leur pays qui ont flotté sur tous les airs chantés et fredonnés ce samedi 25 mars.

Plus que des souvenirs, c’est l’odeur, le goût et les cris de cette terre de soleil qui les habite que Zèklè les a fait revivre durant ces 90 minutes. 21h53. La dernière note du concert s’est tue. Mais tous et toutes sont partis à travers les rues enneigées de Montréal, avec des échos éternels dans la tête et dans le cœur. 


Gaspard DORÉLIEN, MA 

Montréal

jeudi 2 février 2023

“Cabaret noir”: collage lumineux pour célébrer notre “sombritude”

 Un brassage hétéroclite où Frantz Fanon, Spike Lee, Dany Laferière, Aimé Césaire, Toni Morrison, Shakespear… se côtoient, se télescopent, se bousculent et s’harmonisent à la fois dans la pénombre et dans la lumière pour assumer la négritude; pour dire haut et tout bas une parole sur cette couleur de peau, assimilée à la mort du soleil. 


“…Parce que nous savons quelque chose que personne d’autre ne sait. Nous naissons bien-meuble, nous vivons nègre nous mourons chien”, écrit Mélanie Demers à la suite de  la mort de Georges Floyd en juin 2020, sous les genoux de Derek Chauvin dans le Midwest de l’auto-proclamé champion de la Liberté et de la démocratie, Les États-Unis d’Amérique. Ce texte a allumé la flamme qui a donné naissance au spectacle “Cabaret noir”. Ce dernier était en représentation au studio Azrieli du National Arts Centre, au coeur de la capitale du Canada, Ottawa, jeudi 2 février. Il est aussi programmé deux jours de suite, à 20h, à la même salle.

Cabaret noir: six acteurs vivants (Vlad Alexis, Florence Blain Mbaye, Paul Chambers, Mélanie Demers, Stacey Désilier, Anglesh Major) selon une mise-en-scène de Mélanie Demers, dans des postures peu conventionnelles, dans des costumes changeant au gré des jeux de lumières qui apparaissent, disparaissent, reparaissent… près de 90 minutes de performances où des extraits d’oeuvres de Frantz Fanon, d’Aimer Césaire, de Toni Morrison, de Dany Laferrière… sont scandés à voix sèches ou raisonnées dans des haut-parleurs invisibles… des chorégraphies, des bouts de spectacles, d’émissions de télévision ou de film sont superposés, collés, racolés, étalés, présentés, chantés, sifflés, susurrés… en français, en anglais et en créole haïtien… devant un public médusé et conquis.


Cabaret noir est un rassemblement harmonieux sur scène, de dénonciation, de cogitation de haute voltige, d’assumation d’une existence maculée de subordination, d’insubordination, de révolte, de joie dans le vécu tout comme de la gratuité de sueur et de sang versés pendant des siècles de barbarie parce que la différence a toujours été une peur blanche.


Fort était ce haut le coeur avec à la pièce du Nina Simone, du Billie Hallyday, de Haïti Troubadour… où s’entrelaçaient des jurons et obscénités en créole et en anglais… 


Cabaret noir est un spectacle cru, tacheté de surprises, de jeux de dominos qui se construisent, se déconstruisent, se réinventent pour chanter la négritude ou mépriser cette peur dont l’autre s’est servie pour être monstre et demeurer monstre.


Gaspard Dorélien, MA

Ottawa

mardi 31 janvier 2023

2e livre pour l’année 2023

 Lire au minimum 24 livres d’ici le 31 décembre 2023. C’est l’un de mes principaux objectifs pour cette année. Je viens de boucler mon deuxième livre pour ce mois de janvier. C’est un manuscrit. Non publié encore. Le premier que j'ai terminé le 5 janvier est de  Virginie Grimaldi, "Il est grand temps de rallumer les étoiles”.  Loin d’être un brouillon, les 245 pages que Pierre Négaud Dupénor m’a passées, m’ont permis de voyager dans son idéal d’une humanité lumineuse. “La cougar et l’Empathe”, premier roman pour ce jeune auteur, mais un profond voyage initiatique dans l’humain vrai, libre, bon et prometteur.


“Je ne le terminerai pas si, à mon goût, il ne correspond pas à l’idée d’un bon roman”, ai-je “prétentieusement” argué. C’est la seule garantie que j’avais donnée à Pierre Négaud Dupénor à qui je n’aurais pas prêté des prétentions de “littéraire”, au regard de son statut académique. Quand je l’avais rencontré en 2019, il était doctorant en sciences politiques et étudiant en photographie à Fotomatik Haiti. Sa science, il l’a mise au service de la littérature. Pour son premier roman, “La cougar et l’Empathe”, l’ancien étudiant de la Faculté des Sciences Humaines de l’Université d’État d’Haïti, spécialiste en communication et gestion de la connaissance pour une agence des Nations Unies, a accouché une oeuvre empreinte d’une forte humanité. Une élévation de l’idéal humain où l’amour devient un réel concret, vrai et actif. 


La formule simple qui préconise que la meilleure façon de comprendre l’autre c’est de se mettre à sa place, n’a jamais, selon ma perspective, été aussi bien illustrée dans un argumentaire. Au milieu de la lecture de ce roman, je me suis même surpris, à maintes reprises, hypnotisé par une sagesse d’une force incommensurable, idéale, mais captivante. J’étais comme suspendu - happé même - aux réflexions d’un vieux sage que nul ne saurait contester. Les concepts de liberté, d’amour pour autrui, d’entraide, d’empathie,  de sagesse divine… sont développés et argumentés par des personnages aux paroles claires, convaincantes qui laissent très peu de place au doute. Même méthodique. Ma lecture accuse peut-être un certain biais, parce qu’elle épouse à l’excès certains points de vue de plusieurs personnages de l’histoire.


Elle se déroule entre Nantes, Guérande, Abidjan, Ngozi… Les personnages viennent du berceau de l’humanité, l’Afrique. Les thématiques qui carburent toute la trame du récit sont la spiritualité, la sexualité, la religion, la philosophie et la psychologie. Et bien entendu, tout ceci ramène à l’humain, nerf principal de toute cette cogitation intellectuelle sur fond littéraire.


“La cougar et l’Empathe" est un roman hautement philosophique, élaboré dans une écriture simple, mais non simplette. Il se lit facilement. J’en suis sorti bonifié. L’auteur a certainement voulu vendre la bonté de l’être humain. Il a réussi le pari. Même s’il a excédé à la fin en présentant, de façon expéditive, le bannissement d’une pratique odieuse, mais centenaire en Afrique. À découvrir quand vous aurez le livre en main. Son idéalisme a eu raison de la raison elle-même. Les réflexions magistralement philosophiques sont redevenues littéraires. Tout créateur est un grand rêveur. Pierre Négaud Dupénor ne s’en est pas gêné. Il a rêvé. A imposé son rêve dans les dernières parties de son roman. À vous de l’acheter argent content ou crédit. Je ne me prêche plus. J’en suis un converti.


Je souhaite à tous et à toutes la chance et le bonheur de lire “La Cougar et l’Empathe”. Vous ne serez jamais aussi humains et humaines.


Gaspard DORÉLIEN, MA

vendredi 12 août 2022

 

"Sous le ciel d’Haïti," du bonheur en chanson par Ti Corn

Ce n’est pas juste ma chanson préférée de tous les temps. Ce n’est pas juste les louanges d’une Haïti que même les plus optimistes ne reverront jamais. C’est un hymne à la beauté du son, de la musique, de l’harmonie… Sous le ciel d’Haïti de Ti Corn, un pur bonheur de moins de trois minutes 


Elle n’a pas écrit les paroles de cette chanson, longue de deux minutes et trente-neuf secondes. Elles sont de Marcel O. Gilles. Dit Tonton Gilles. Excellent compositeur capois, décédé en 2009. Ce sont des mots composés pour la voix de Ti Corn. Car elle épouse avec une sincérité décapante chaque phrase, chaque mot pour donner naissance à cette euphonie provoquant la chair de poule à chaque lecture. «Sous le ciel d’Haïti» est cette chanson que le temps ne vieillira jamais.

Une beauté absolue qui nous fait danser, sans demi-mesure, sur les cordes du bonheur. L’auteure de ce trésor en musique nous vient d’Allemagne, mais c’est le Cap-Haïtien qui l’a fait renaître haïtienne.

Cornelia Schütt-Richard pour l’Allemagne

Ti Corn pour Haïti Cornelia Schütt-Richard est née en Allemagne. En 1953. À deux mois, sa mère l’emmène dans la deuxième ville d’Haïti, le Cap-Haïtien. Sa famille y avait planté racine depuis 1832. Sur cette terre, elle sera rebaptisée Ti Corn par sa nounou haïtienne, Anna Colo. C’est à travers la voix de cette dernière qui veillait sur ses jours qu’elle a découvert la chanson traditionnelle et les contes d’Haïti. Anna, ne parlant que créole, par son amour a fait couler dans les veines de Ti Corn tout le rythme et la richesse de la culture haïtienne. Elle a été sa première source d’inspiration. 

Son lien avec les tripes de cette Haïti bariolée, riche, tumultueuse… qui battait la mesure candide de la musique caribéenne. Au Cap-Haïtien, elle a appris à être haïtienne en cheminant sur ses rythmes et dans la chanson et dans la danse. 

Sans se prétendre actrice, Ti Corn a joué dans Anita, de Rassoul Labuchin. Elle a tenu le rôle de Simbi et a prêté sa voix à la chanson thème du film, Anita. Les plus de trente ans ont sûrement été bercés par ses interprétations à succès comme «Colibri,» «Haïti chérie»… Mais «Sous le ciel d’Haïti», vidéoclipée, est celle qui, depuis ma tendre enfance, m’a toujours arraché cette larme de bonheur. Une chanson qui a aiguisé ma sensibilité pour la musique. La bonne musique.

«Sous le ciel d’Haïti» de A à Z

Cette chanson figure sur l’album «Haïti» qui a été réédité en 2010. Le groupe rap «Barikad Crew» l’a mis au goût du jour en reprenant une partie dans l’introduction d’une musique de son deuxième album.

«Sous le ciel d’Haïti», une voix bien assise sur un jeu enchanteur entre la douce vitalité de la guitare sèche et l'entraînante envolée du violon. C’est une guitare qui dandine sous un violon haletant. Elle introduit une voix posée, sincère et affirmative. 

Quand Ti Corn commence à chanter, le violon s’estompe et la guitare fait la route jusqu’aux dernières paroles placées en français. 

«Ah! qu’il est bon, qu’il est doux
 D’être vivant près de vous 
Bien au chaud, détendu 
L’esprit quiet, rigolant 
Sous le ciel d’Haïti 
Oui je l’avoue, j’en suis fière j’en suis folle 
Dieu merci et je chante» 

Le violon revient, solennel, doux, susurrant la mélodie sur des paroles qui donne le frisson à tout amoureux d’Haïti. Des paroles plaçant le pays sur un piédestal pour son originalité; le cachet paradisiaque qui le caractérise et les relations harmonieuses entre habitants. 
«Wi, pami tout peyi ke m konnen sou latè 
Sèl Ayiti orijinal li san parèy 
Paradi sou tè peyi de rèv 
Yon syèl de pè, kote lajan pa di bonè 
Kote tout moun se moun tout moun 
Lè gran maten gade tout moun kouman y ap viv 
Zanmou kouman w ye 
E tout moun, e lakay?» 

À mi-chemin du couplet ci-dessus, le violon ralentit, comme pour prendre son élan, et revient avec la force et la solennité du début pour lancer la strophe suivante. Dans celle-ci, on vante le côté pacifique du pays comparé à d’autres qui forgent des armes pour s’entretuer. Alors qu’en Haïti, on s’entraide, on fait la fête avec le tam-tam. 

«A! Nou pa konn ki gran bonè gen Ayiti 
Lòt ap fè zam pou yo touye tout frè a yo 
Nou n ap fè konbit graje manyòk 
N ap jwe gita, frape tabou fè kè kontan 
Anba pye bwa san kè sote 
Chak jou kon ti poul n al di Bondye yon gran mèsi 
Nou gen yon trezò 
Nan lapè paradi.» 

La même ligne harmonique se reproduit pour la dernière partie de la chanson. Les paroles dénoncent la violence présente dans le quotidien des grands pays. Elle termine pour confirmer qu’Haïti est l’idéal. 

«Nan gwo ki swadizan sivilize 
Krim pou chak jou se pa santèn yo kontwole 
Anbisyon lajan fè ke tout moun 
Pèdi bonte, vini sovaj, viv san pitye 
Kè yo byen di, tanpi pou lòt 
Ayiti cheri gade fòfè nan cinema 
Pa gade gwo kay, gwo foli 
Ou se lideyal manman m, ay! 
Ou se lideyal 
Ou se lideyal» 

Des déclarations positives de ce coin de terre que nous dépeçons chaque jour pour le transformer en enfer à quitter absolument par beaucoup... 

C’est une chanson savamment orchestrée dans une simplicité renversante. Une guitare sèche qui trémousse avec un violon conférant une incontestable solennité à des paroles singulières. Fortes. Chargées de sens. Des paroles d’une Haïti du temps longtemps. Des paroles qui vous scotchent dans un passé meilleur que le présent. «Sous le ciel d’Haïti» est ce court moment de bonheur pour les tympans, l’âme et l’amour d’Haïti. Indétrônable. C’est, de tous les temps, ma musique préférée. 
Merci Ti Corn.

Gaspard DORÉLIEN, Master of Arts



mercredi 27 juillet 2022

B12: de la musique vitaminée

 lIs ne connaîtront peut-être pas un succès à la « tout voum se do.» Mais ils auront certainement gagné un pari : offrir du 100% pure musique aux fins mélomanes. Du lot des cacophonies assimilées, souvent en Haïti, à la musique, B12 s'en est écarté. Les trois chanteurs de ce "Boys Band," tendance R&B (Rythm & Blues), en maîtres, ont martelé leurs voix sur les sillons de l\'art musical. L'écho répandu produit de la musique à la vitamine B12.

« Musique, c'est ma vitamine! » Combien d'amoureux de pure et de bonne harmonie ne l'ont pas clamé. Quand les voix s'accordent pour s'accoupler à l'harmonie calculée des instruments, pour enfanter des décibels de symphonies, les tympans, le coeur,..., la vie de l'homme - et pas moins la femme - battent le tam tam du bonheur. 

Le neuvième titre, "Vitamine" de l'album "etc" de B12, l'exclame tout haut : «musique, c'est ma vitamine... sous les décibels, le plaisir est éternel... sous les décibels, on ouvre grand ses deux ailes, on s'envole, la vie devient si belle! ».

Jhonny Célicourt as Djeci, manager, producteur et compositeur de la bande, les a découvert en 2000. Dès 2002, tout était déjà fin prêt pour la sortie du premier disque du groupe, mais dans le souci d'offrir un produit fini au public, l'album a du être revu et corrigé pour enfin donner "ect". Un album qui promet. Un tempo qui berce. Des rythmes fourmillants. 

La musique de B12 est à la fois tendre, lente, saccadée... comme un doux ruisseau, elle coule et prend possession de l'âme de celui qui l'écoute. "B12, etc" ne trouvera peut être pas beaucoup de preneurs chez les mélomanes aguerris de la musique 100% haïtienne. Mais ce nouveau groupe se taillera une place sûre aux côtés des illustres figures du R&B francophone, telles : Corneille, Nodeja Singuilla, Lesly... 

« Pure listening music » 

L'oeuvre de la bande à Jhonny Célicourt et Gilbert Févry est une construction musicale basée sur un rigide cheminement harmonique. Elle allie la douceur des voix à la sagacité des arrangements, assaisonnée de la modernité de sons synthétisés. Le résultat de cette combinaison offre une musique pure, spirituelle... composée de textes, dont chaque strophe, chaque phrase et chaque mot se complètent, s'enchaînent pour la satisfaction du consommateur averti. 

B12 etc, c'est de la bonne et pure musique à écouter. "etc" :14 titres qui parlent d'amour, de la femme (en de bons termes), de bonheur, de remerciements à Dieu, de prière pour Haïti...  

L'album "etc" de B12 est paru sous le label 1804 Recordz. Ce dernier est géré par Jhonny Célicourt et Gilbert Févry (représentant du label aux Etats-Unis). Des 14 morceaux, 11 sont en français [Aimer une femme mariée (1); A sens unique (2); Je raconterai (3); Prends moi (4); Sensuelle (5); Point de non retour (6); Femme flamme (8); Vitamine (9); Loin d'être comme ça (11); Confidences (13); Merci mon Dieu (14)]. Le septième titre est en anglais (Soft and tender) et les dixième et douzième track de l'album sont en créole [ Ala traka (10); Bondye veye sou Ayiti (12)]. 

Un travail d'équipe Segedmore, Ken et Ricky-def, les trois chanteurs qui forment le groupe B12, ne sont pas que des interprètes. Leurs empreintes sur l'album "etc" se retrouvent dans la rédaction des textes, la composition et la production des différentes chansons. Jhonny Célicourt, manager et producteur exécutif de B12, a co-écrit la majorité des paroles de musique de l'album. Djeci a aussi le mérite d'avoir su reconnaître tout de suite, les talents du trio Segedmore, Ken et Ricky-def. L'union du génie de chacun des membres du groupe a donné un résultat positif : du sang neuf dans le paysage musical haïtien. 

La réalisation de l'album "etc"a nécessité la participation de plusieurs talentueux artistes invités, tant au niveau des arrangements qu'au niveau des interprétations. Les grosses pointures de l'industrie musicale haïtienne comme Fabrice Rouzier de Mizik Mizik, Karlill François de Mamina Group ont participé dans ce projet à titre de programmeur, co-producteur, mix engineer et ont aussi été au piano. La jeune prodige haïtienne, Martine Marseille, a prêté sa tendre et magique voix à l'interprétation du troisième titre "Je raconterai". Un vrai délice. Le très adoré Jude Jean de Kdans, a posé sa voix à côté de celles du trio de B12 sur le morceau "Loin d'être comme ça". Résonance angélique pour les oreilles. Les talents de Mamina de Mamina Group, se retrouvent sur le titre "Point de non retour", comme choriste et au piano sur le titre "Bondye veye sou Ayiti." Deux grandes révélations de la tendance Rap du groupe Mystic 703, Jean Bernard Félissaint as Ouragan et Valkensy Dessin as K-lib ont chacun, respectivement, révélé et confirmé leur expertise sur les titres "Sens unique," "Vitamine," "Point de non retrour" et "Loin d'être comme ça." Stanley Georges de Tremolo a offert sa contribution comme choriste sur le titre "Je raconterai." D'autres musiciens, tels Wesner St Louis de Mizik Mizik, Jean-Edner Tézil, Charlson Duverné (Popy), Alexis Monvelyno (Nono) ont, à un titre ou à un autre, aidé la réalisation de ce travail de qualité. 

Les ambitions de l\'équipe B12 épousent l'infini. B12 veut plaire. Distraire. Revivifier les anémiés de la bonne musique avec sa dose de sons vitaminés en B12. Aux nostalgiques de tendres paroles qui empoignent le coeur ; aux consommateurs de rythmes modernes (Soul R&B, New Jack swing, Pop, Roots, Acapella) ; aux anémiés de "pure listening music," B12 etc : la vitamine prescrite. Aucune restriction pour les enfants, les jeunes et adultes. Point de « ne pas laisser à la portée des enfants et des personnes âgées », la posologie est la même pour tout le monde : B12 etc, à consommer sans modération.


Gaspard Dorélien

30 juin 2005

.