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mercredi 12 février 2025

Dre Mary : “une mort sans douleur, s'il vous plaît"

 Je ne sais pas quoi en dire. Je suis tiraillé entre reconnaître que c’est une excellente série et une aversion pour ceux qui sont derrière cette réalisation où la mort se commande comme un gâteau à la vanille : douce et agréable.


J’ai même eu envie d’essayer cette mort douce au “Pentobarbital”. Au départ, j’ai cru que ce nom de sérum de la mort était une création spéciale pour la série. J’ai hésité à le googler. Mais c’était tellement récurrent que j’ai fini par le faire. Le grand choc : le Pentobarbital existe. Et, comme dans la série, il aide à mourir de la façon la plus douce. On tombe dans le sommeil, et s’il existe effectivement un au-delà, on se réveillera tranquillement, sans heurt et sans douleur de l’autre côté.

Dans cette série “Dre Mary : mort sur ordonnance”, qui compte trois saisons, chacune composée de six épisodes, sortie en 2017 et disponible sur Netflix depuis le début de cette année, une docteure, aidée d’un chirurgien esthétique ayant perdu sa licence de praticien, “aide”, pour 10 000 dollars, des malades en phase terminale à bénéficier du luxe de mourir sans souffrir. La règle d’or de cette paire d’anges de la mort, c’est que la commande doit venir de la personne concernée et qu’un diagnostic médical ait condamné l’intéressé(e).

La docteure Mary Harris défend des arguments avec ferveur tout au long de la série, affirmant que la vie appartient à celui ou à celle qui la vit et qu’il ou elle devrait pouvoir décider quand la laisser partir. Cela permet d’éviter les douleurs qui précèdent une mort certaine, laquelle l’attend au bout du tunnel. C’est un véritable plaidoyer pour le courant de l’aide à mourir. Ce sujet m’a presque accueilli au Canada à mon arrivée sur cette terre d'accueil à la fin de 2022. Presque tous les jours, la seule station de radio que j’écoutais, Radio Canada, en parlait. Et justement, la série se déroule au Canada. J’y ai reconnu les plaques d’immatriculation de l’Ontario, la neige, les rivières et lacs gelés, et la ville de Montréal est mentionnée non pas comme une ville étrangère, mais comme une région du même et vaste territoire. Pour ne pas vous “spoiler”, j’éviterai d’en dire plus. Néanmoins, l’histoire m’a captivé depuis qu’elle m’a été recommandée par la seule personne avec qui je partage mon compte Netflix.

Le jeu des acteurs est très bon. L’histoire est cohérente. Les plans, la musique, les costumes, les accroches, les obstacles imposés aux protagonistes… tout a été habilement ficelé.

Le seul hic, c’est la mort que vous allez devoir digérer comme un gâteau à la vanille. C’est si bien présenté que l’envie d’essayer pourrait vous titiller l’esprit. Âmes aux penchants suicidaires, s’abstenir, s'il vous plaît.

12.02.25 
2 h 40 AM

lundi 2 décembre 2024

Pourquoi 4 Kampe de Joé Dwèt Filé est un succès !

 J'ai vu récemment deux connaissances sur Facebook apostropher le succès de 4 Kampe de Joé Dwèt Filé. Elles disaient tout haut ne pas comprendre comment et pourquoi ce morceau emballe tout le monde. À cela, je réponds tout de suite : toute composition musicale n'a pas vocation à vous faire cogiter. Il y en a qui happe tout le public simplement par le rythme, la puissance de la voix du chanteur ou de la chanteuse… Sinon, comment expliquer qu’à 10 ans, sans aucune notion d’anglais, Push It de Salt-N-Pepa ait pu vous séduire ?


Toutes les conditions étaient réunies pour me tenir loin de cette chanson. Déjà, le titre et le nom d’artiste du chanteur constituaient un obstacle à ce que je sois dans le cercle des fans. Je suis un puriste du créole. Je l’assume. D’abord, je ne comprends pas le “m” dans KAMPE. Ensuite, DWÈT FILÉ sont supposés être des mots créoles, alors pourquoi l’accent aigu sur le "E" dans Filé ? Quant aux paroles de la chanson, même si je ne m’y suis intéressé que bien après avoir été séduit par la musique, c'est un véritable galimatias de français, d'anglais et de créole superposés. Un cocktail de composition que je ne bois pas de prime abord. Alors, comment suis-je quand même devenu super fan de cette musique ?


C’est la même jeune fille qui m'a fait découvrir et aimer le refrain de Lanmou bèl san makiyaj de Dieuvix et Flaws de Calum Scott qui m'a conduit vers 4 Kampe. Pour une raison que je connais depuis 19 ans, ses choix ont souvent le don d’atteindre le degré de fusion de mon cœur. J’ai écouté 4 Kampe parce qu’elle l’a posté sur son compte TikTok.


J’ai d’abord été attiré par la puissance et la confiance de sa voix. C’est une voix qui a de l’assurance. Les mots sont scandés avec force. Mais en même temps, dans cette vocalise incontestablement virile, une suave séduction s’y glisse. En plus de cet atout naturel, le rythme de la musique est conçu pour plaire. Il est dynamique, chaleureux, festif et coutumier des sons qui captivent dans le genre auquel il s’identifie. Il invite à danser. Et dans certaines parties, la mélodie convie à “ploguer”. À tout cela s’ajoute le phénomène TikTok. L'effet de foule fait que tous les utilisateurs de cette appli tombent au moins 10 fois par jour sur des vidéos avec le refrain. Par effet de mode, tout le monde s’y met. Les statuts sur Facebook, Instagram et les Reels utilisent à profusion la musique. Ce qui fait que même si vous n’allez pas la chercher sur YouTube pour la jouer en boucle comme moi, si vous passez un peu de temps sur les réseaux sociaux, la musique vous collera aux tympans. À force de tomber dessus, sans que ce soit intentionnel, on finit par l’aimer et même par s’aligner parmi ceux qui l’utilisent comme musique de fond pour leurs statuts et leurs Reels.



Le son a tout pour plaire, et l’artiste au nom plein de fautes d’orthographe est un habitué des morceaux qui marchent. D'ailleurs, il vient de hisser la musique haïtienne à un niveau sans précédent. En effet, Fè m voye “a été certifié single d’or, a annoncé ce lundi 11 novembre 2024 le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP) sur Instagram. Cette certification atteste que la chanson a été écoutée au moins 15 millions de fois en France. Il aura fallu près de 2 ans et 9 mois depuis sa sortie en janvier 2022 pour atteindre ce seuil.” peut-on lire sur chokarella.com.


Et ce n’est qu’après cette consécration que j’ai su que Joé était l’auteur de cette musique que j’avais déjà écoutée plus d'une fois.


Pour les puristes des chansons à textes, il y a beaucoup d’artistes haïtiens qui chantent des paroles ayant exigé un haut niveau de réflexion et qui appellent les consommateurs à en faire autant. Je pense notamment à la magnifique création de Beethova ObasSi. À ces deux connaissances de Facebook, je les invite aussi à se tourner de ce côté-là si elles veulent écouter de la musique avec des paroles qui font sens. Mais dans l’univers de la musique, il n'y a pas que le fond qui peut faire le succès d’une œuvre musicale. La preuve : malgré le titre avec une grosse faute d’orthographe, la vidéo officielle de 4 Kampe, sortie le 31 octobre, compte déjà presque 13 millions de vues sur YouTube.


Gaspard DORÉLIEN, Master of Arts

Ottawa

02-12-24

16h16

lundi 27 mai 2024

L’idée d'être avec toi

Le hasard doit sûrement ne pas exister. Ce qui est aujourd’hui était juste un rendez-vous. J’ai adoré ce que tout le monde appellerait hasard ou accident dans la rencontre de la pétillante Solène (Anne Hathaway) et du gentil et audacieux Hayes (Nicholas Galitzine) dans le film "The Idea of You". Cette histoire (bien que je n’en sois qu’à la 56e minute) est une excellente leçon sur l’imprévisibilité et la tangibilité de l’amour. Je ne sais pas si les 61 minutes qui restent me décevront, mais j’adore l’idée d'être déjà avec toi. Amour!



J’ai toujours admiré Anne 
Hathaway. Il paraît que les années ont bonifié cette merveilleuse actrice qui ne fait pas ses 41 ans. Elle est sublime. Éclatante. Et incroyablement crédible dans ce rôle gênant qu’elle joue dans ce film, dont Gabrielle Union est l’une des productrices. Le jeu d’Anne est naturel, adroit et séducteur. Elle a 40 ans dans le film et développe une amourette avec un garçon de 24 ans. La connexion était inattendue. La relation, au regard de la logique sociétale, devrait être impossible. Dans la 70e minute et poussière, la dure réalité les rattrape ou du moins, rattrape la Solène de 40 ans. Je suis le déroulement. Espérant que Robinne Lee, actrice et autrice du roman du même titre, de qui le film a été adapté avait trouvé un dénouement à la hauteur de la première heure de l’histoire.


87e minute. J’adore jusqu’à présent le dénouement. J’adore le message lancé contre ce faussé généralement admis entre l’homme et la femme. Le premier sexe n’est jamais jugé quand il se met avec une jeunotte. Mais quand c’est le deuxième sexe que l’amour fait sortir des sentiers battus, on fait tomber sur son dos toutes les foudres du ciel.


Il est 4h30 du matin. Je dois être au bureau dans moins de 5 heures. Mais il reste encore 30 bonnes minutes avant la fin. Je croise les doigts contre toute déception.


89e minute. Je viens de hurler de surprise. Une surprise heureuse. Je ne vais pas vous “spoiler”. Je ne dis rien. Mais la dernière action dans le studio d’enregistrement entre Hayes et Solène est une perle. C'était tellement  inattendu, drôle et profond à la fois.


Continuons. Les doigts toujours croisés.


“Le monde déteste le bonheur des femmes”, vient de lâcher Tracy (Annie Mumolo), une copine de Solène. C'est probablement vrai. Mais, de ma perspective, je ne pense pas que ce soit différent pour les hommes. En tout cas, on n’a semblé avoir jamais aimé le mien.

Retournons au film, vite fait.


5h04. J’ai les yeux inondés. Pas une once de déception. C’est le meilleur film romantique que j’ai regardé depuis 2024. Un presque sans faute pour l'autrice et scénariste Robine Lee, pour le réalisateur Michael Showalter et surtout pour les deux personnages principaux, la délicieuse Anne Hathaway et le talentueux Nicholas Galitzine. L'amour, toi, tu es merveilleux. Ce sont les mauvaises combinaisons qui te souillent la plupart du temps. Sinon, l’amour est beau. Éternel. Magique. Remplissant.

The Idea of You, je vous le recommande. Vivement!


Gaspard DORÉLIEN, Master of Arts

Ottawa,

27.05.2024

5h12 AM


La bande annonce du film



samedi 25 mai 2024

Une esquisse de pas en exil

Bon, d’accord, ce n’est pas la première chanson qui me presse dans une urgence de danser. Mais “L’exil” de Laurie Darmon vient d’être la première à me titiller autant les jambes et tout le corps à esquisser des pas dans une lenteur pressante. Trop pressante !


Je l’ai découverte seulement hier. En vagabondant sur le story du compte Facebook d’une magnifique dame. D’ailleurs, je l’ai remerciée dans un commentaire pour la chanson. Depuis hier jusqu’à l’instant présent, mon téléphone doit se lasser de l’écoute en boucle de cette chanson.

La chanson est un hommage à sa grand-mère qui se retrouve sur une autre terre, un autre continent… elle évoque ses souvenirs. Les parfums, les couleurs… Elle parle de l’exil de sa grand-mère. Mais c’est fait avec une telle douceur dans un langage fort poétique. La musique est lente et tendre. La voix de Laurie aussi. Ce n’est peut-être pas le genre de texte qui inciterait un romantique comme moi à vouloir se lover dans les bras d’une femme pour arrêter le temps, le temps des 4 minutes de la chanson. Mais depuis la première écoute d’hier soir, je n’ai eu qu’une envie indécente : me fondre dans la lenteur complice de cette pièce.

À 11h, ce matin,  un corps, des bras d’une femme qui traînait dans l’appartement m’ont permis d’épouser cette urgence lente. Ses pas étaient gauches, après quelques corrections et suggestions, elle a retrouvé le rythme. On a synchronisé nos lenteurs. C’était presque parfait. Ça l’aurait été si ce n’était un instant que tous les interdits marquaient au fer rouge. Mais tant pis. Nous deux sommes déjà des exilés. Ce n’est pas l’exil chanté par Laurie qui nous ramènerait au pays.


Gaspard DORÉLIEN, MA

jeudi 23 mai 2024

Quand nous entravons l’amour

Les plus grandes entraves en amour sont les attentes. Si tu comprends cette assertion, nul besoin de continuer ta lecture. Sinon, lis jusqu’au dernier mot. Je décris ci-dessous comment nos attentes mettent en péril toute relation amoureuse.



J’en ai récemment parlé dans l’article “On nous a compliqué l’amour”. La première espérance illusoire que nous nourrissons en couple, c’est de désirer que l’autre nous comble de bonheur ou de chercher à le combler. 


La première méprise que nous commettons presque tous, c’est de voir le couple comme un lieu de réparation. Nombreux sont ceux qui se mettent en couple pour soigner une blessure d’enfance, pour se remettre d’une séparation douloureuse ou pour remplir un vide qui nous a toujours habités. C’est peut-être ardu à accepter et à assimiler, mais c’est un fait : “si on ne peut pas être heureux seul, on ne le sera jamais en couple.”


Le bonheur doit émaner de soi. On doit être suffisamment complet pour générer son propre bonheur. On se met avec l’autre pour prolonger notre bonheur ou pour partager tout l’amour et tout le bonheur que l’on portait déjà en soi. Permettez-moi de me répéter, le couple n’est pas un établissement thérapeutique. Votre partenaire ne peut pas et ne doit pas assumer le rôle de thérapeute. Si vous souffrez de traumatismes d’enfance, cherchez de l’aide. Guérissez-vous d’abord. Car c’est réalisable. Si votre cœur a été broyé, il y a moyen de recoller les morceaux et de le reconstituer. Oui, ce miracle est possible. Je témoigne d’expérience. Mais il est extrêmement difficile d’y parvenir seul. Les thérapeutes, les psychologues, les coachs de vie… sont aussi essentiels lorsqu’on souffre de ces blessures émotionnelles que l’intervention du médecin en cas de douleur abdominale. Pourtant, on minimise encore aujourd’hui la nécessité de ces professionnels du bien-être mental dans toutes les sociétés. C’est pourquoi nous avons tous tendance à compter sur l’amour pour nous restaurer. On entre dans une relation avec toute son entièreté. Notre amour. Notre bonheur. Nos rêves. Nos objectifs. Notre personnalité. Et toute notre disposition à partir lorsque le respect, la fidélité, l’amour… ne sont plus au rendez-vous. Car on doit suffisamment s’aimer et se valoriser pour ne pas tolérer l’intolérable. Pour ne pas implorer d’attention, de compréhension, de respect… Car si l’autre vous désire, tout cela sera offert généreusement sans que vous ayez à les réclamer.


Une seconde attente qui barre sérieusement la route à l’amour, c’est d’exiger que l’autre réagisse à notre manière, à notre sauce, selon nos propres normes. Nous sommes chacun formés d’une individualité découlant de notre éducation, de nos influences, du cadre émotionnel autour duquel nous avons gravité avant de rencontrer celui ou celle avec qui nous partageons un bout de chemin ou tout le reste de notre vie. Et chaque parcours est singulier et produit souvent des résultats uniques. Il est donc impensable de s’attendre à ce que l’autre puisse s’adapter à nos propres modèles. La meilleure démarche est de se souvenir que son partenaire est un individu unique, programmé différemment de soi. Et qu’il est normal que ses réactions ne coïncident pas avec les nôtres. Pour se prémunir de toute déception engendrant de la frustration, il faut éviter de se munir d’attentes précises. Car si on persiste dans cette direction, on pourrait s’engager dans une autre quête encore plus fatale pour la relation : le désir de changer l’autre ou penser qu’il ou elle va changer.


C’est encore un autre obstacle très, voire trop, courant dans les relations de couple : vouloir changer l’autre. Ceux qui nourrissent leur esprit d’une telle espérance se retrouvent invariablement sur le banc de la déception et de la frustration. Car ce que l’autre est aujourd’hui est le résultat d’une longue, d’une très longue évolution. Et ce rendu, même s’il peut ne pas être définitif, est souvent très ardu, pour ne pas dire impossible, à modifier. Sauf si l’autre prend conscience du modèle à changer et s’engage de manière déterminée et constante à effectuer ce changement. Et même là, il y a des cas où, malgré toute la volonté du monde, il ou elle n’y parviendra jamais seul. Prenons le cas d’un ou d’une pervers (e) narcissique. Il est improbable qu’il ou qu’elle cesse d’être ainsi, sans un suivi sérieux d’un thérapeute. Car un ou une pervers (e) narcissique est une victime d’un passé qui ne lui était pas du tout favorable et qui le prédispose corps et âme à être un fléau dans la vie des autres. Si vous avez le malheur de tomber sur une personne de cette catégorie et que vous espérez qu’elle change, “ou mèt vann Bondye jounen w” (vous pouvez vendre vos journées à Dieu), me répétait une certaine personne.


En définitive, pour libérer l’amour de toutes ces entraves et de nombreuses autres que nous n’avons pas abordées dans ces lignes, il faut se souvenir et appliquer l’une des règles fondamentales du Stoïcisme : “ne pas avoir d’attente.” Mais vous me demanderez immédiatement, comment ne pas avoir d’attente dans une relation amoureuse ? La réponse n’est pas simple. Car presque toute notre construction en tant qu’être social, nous prédispose à avoir des attentes vis-à-vis de l’autre. Mais il faudrait aussi vous demander pourquoi tant de relations amoureuses ne fonctionnent pas ou finissent par une rupture ? C’est parce que nous entrons dans les relations étant incomplets, malades, vidés… et par conséquent on compte sur l’autre pour nous compléter, nous guérir, nous remplir… 


Un ou une partenaire n’est pas un ou une thérapeute. C’est à nous, bien sûr accompagnés de spécialistes de la santé mentale, de guérir nos blessures, de remplir nos vides et de forger notre bonheur. Je me répète, si on n’est pas heureux seul, on ne le sera jamais en couple. Et si on s’aime assez fort et vrai, on sera bien dans sa peau et il sera plausible pour nous de ne pas avoir des attentes vis-à-vis de l’autre qui, lorsqu’elles ne sont pas satisfaites, engendrent amertume et frustration. La seule chose que l’autre nous doit, et que nous lui devons aussi, est le respect. S’il est présent, il n’y aura pas d’infidélité, pas de mépris, pas de négligence, pas de trahison… et le couple sera juste un terreau pour l’épanouissement de notre bonheur. Et non le lieu où naîtra notre bonheur. Ce dernier ne doit éclore qu’en nous. Si vous vous demandez comment le faire naître en vous ? Cela signifie que vous êtes qualifié pour chercher de l’aide. Et ça, c’est OK. Tous ceux et toutes celles qui ont cherché de l’aide en sont sortis victorieux (ses). Expérience vécue!


Gaspard Dorélien, MA

mardi 14 mai 2024

On nous a compliqué l'amour...

Si tu savais combien d'idées reçues ne correspondent absolument pas à la mission de l'amour dans un couple, tu ne te contenterais pas de mordre un doigt. Tu avalerais tout ton bras. Prends, par exemple : "rendre son/sa partenaire heureux(se) !" Figure-toi que cela relève d'une mission impossible. Pardonne-moi si je te parais prétentieux, mais j’ai l’explication. Continue de lire, je te prie !


L'exemple qui va suivre aura un air de déjà vécu pour beaucoup. Tu mets toute ton énergie, ta bonne volonté, toute la générosité du monde dans une idée de surprise pour ton/ta partenaire. En la concevant, tu te disais que cette surprise, ce cadeau, ce geste, cette parole, ce texto... l’aidera à être heureux(se) pendant au moins un demi-siècle (j’exagère). Et puis, surprise ! Surprise ! Il/elle ne bronche pas d’un millimètre en direction de la joie, voire du bonheur. Pire, il/elle s’énerve au contraire à la suite de ta démonstration d'idée du siècle.

Je ne dis pas que cela se passe toujours comme ça, parce qu'il arrive parfois que l'on tombe sur la bonne clé qui ouvre la porte de son bonheur. Mais devine quoi ? Ce n'est pas toi qui a réussi ton coup. C'est lui ou elle qui a choisi que ton attention était celle qui correspondait à son étincelle de bonheur. Pourquoi ? Parce que l'autre est heureux à partir des pensées qu'il ou elle choisit. Bien sûr, ce choix est l'émanation de toute une construction : comment il/elle a expérimenté l'amour avec ses parents, son entourage. Quelle présence lui a le plus marqué en fonction de son sexe ? Pour le féminin, était-ce la figure paternelle qui était marquante ou absente ? Pour le masculin, la bienveillance de la mère était-elle suffisante, étouffante ? Ce ne sont là que des exemples pris au hasard. Il y a des milliers de facteurs qui participent à cet édifice. Enfin, tout le vécu de l'autre l’aidera à lui concocter une idée du bonheur que tu n’arriveras jamais à combler. Parce que t'embarquer dans cette entreprise, c’est comme vouloir contrôler la pensée de l’autre, et ça, c’est soit mission impossible, soit t'investir dans la plus abjecte des entreprises : devenir une personne toxique. Et ça, c’est immonde.

Vouloir faire le bonheur de l’autre nous amène à marcher sur des œufs. À oublier d’être soi. À vivre pour l’autre. Et dans ce cas, à récolter déception et amertume. Car tu peux t’investir dans toute ton entièreté dans cet objectif et te voir toujours passer à côté. Parce que le bonheur de l’autre n’est absolument pas ta mission. Tu me demanderas alors quelle est donc ta mission auprès de l’autre, et vice versa ?

Elle est simple, ta mission : c’est d’être toi. Et c’est pareil pour l'autre. Toi, c’est être libre de t’exprimer, de t’épanouir, de faire les choses que tu aimes, de trouver en toi ta mission de vie et de t’engager à la réaliser. Une relation de couple n’est pas un cabinet clinicien de thérapie où l’autre vient pour se guérir de ses maux passés. Mais plutôt un terreau fertile pour grandir. On rentre entier dans une relation. C’est pourquoi on doit d’abord se débarrasser de ses démons de père absent, de mère étouffante, d’enfant mal aimé... et de tous les traumatismes qui t’empêchent de t’accepter, de pardonner tes erreurs passées et de t’aimer. Tiens, voici un pré-requis indispensable pour entrer en relation de couple : t’aimer ! Car nul ne peut donner ce qu’il n’a pas. Si tu ne t’aimes pas, il y aura en toi un vide énorme. Tu vas vouloir que l’autre comble ce vide, et ça, mon frère, ma sœur, je te le jure, c’est mission impossible. Même si beaucoup de romans que tu as déjà lus te l’ont fait croire, même si de nombreuses chansons que tu écoutes te permettent d’espérer cela ; même si des dizaines de films ont plaidé cette cause, c’est faux. Tu n’es pas responsable du bonheur de l’autre et il ou elle n’est pas responsable du tien non plus. En nous faisant croire le contraire, on nous a compliqué l'amour.

Je devine déjà ta prochaine question. Ou si tu n’es pas en train de te faire un sang d’encre, me maudissant de sortir de pareilles balivernes. Alors, c’est quoi la fonction de l’un et de l’autre dans une relation, à part d’être soi-même ?

Ta fonction dans le couple, c’est d’aimer l’autre. Tout simplement. Et qu’est-ce qu'aimer l’autre? Aimer l’autre, c’est être bienveillant envers lui ou elle. C’est lui être fidèle. C’est savoir l’écouter. Pas entendre pour répondre et chercher à avoir raison. Mais c’est d’être à l’écoute de l’autre pour le comprendre et de pouvoir se mettre à sa place pour envisager la bonne perspective de ses réactions. Aimer l’autre c’est faire preuve d’une empathie sans limite à son endroit. Aimer l’autre c’est toujours vouloir le bien de l’autre sans piétiner le tien. Aimer l’autre c’est être prêt à faire toutes les concessions possibles. Je dis bien “possibles”, pour l’arranger. La fonction de chacun ou de chacune dans la relation c’est d’être prêt, prête à être la force quand l’autre perd sa force ! Être la voix de la sagesse quand l’autre perd la sienne. Être “the bigger person” (une certaine personne répétait souvent cette formule en ma présence), c’est-à-dire ne pas être celui ou celle qui retournera l’invective, ou qui relancera l’injure après l’avoir reçu en plein visage. Aimer l’autre c’est former avec lui ou elle une équipe soudée qui ne conteste jamais l’autre en public. Mais aimer l’autre c’est aussi s’aimer assez pour ne pas accepter l’infidélité, les miettes, l’irrespect et la manipulation. Aimer l’autre, c’est être prêt (e) à partir au lieu de devenir toxique pour l’autre à force d’exiger l’attention et le respect.

Si tu remplis toutes les fonctions précitées, tu auras accompli ta mission dans la relation. Si l’autre y trouve son bonheur. C’est tant mieux. Mais si malgré tout ça, il ou elle est malheureuse auprès de toi, tu ne peux l’aider qu’en le ou la conseillant de chercher au fond de lui ou d’elle ce qui manque et de le combler et te revenir après. Si toutefois, il ou elle le désire encore. Toi, si tu es complet(e), tu n’auras aucun problème à attendre ou à décider de nouvelles perspectives.

Gaspard Dorélien, MA

Ottawa,

14.05.24

8h39 AM

mercredi 10 avril 2024

Stoïque 10 avril

 “Desert rose” ne m’a pas raté ce matin. Je me suis retenu pendant que j’avais une passagère avec moi. Elle est descendue. La voix de Sting est restée. Et là, j’ai mouillé même ma cravate pendant que je traversais cette Ottawa ensoleillée. Mais avant d’arriver au parking sous-terrain du bureau, j’ai laissé Mary J. Bridge prendre la place à mes tympans dans “Family affair”. Je ne peux pas revenir et effacer les souvenirs des 8 précédents 10 avril, celui-ci, je peux décider d’en faire un nouveau qui sera agréable à revivre l’année prochaine. Je me suis heureusement rappelé que je pouvais être stoïque. 


Le premier 10 avril, j’étais à Vegas. Il y avait plein de promesses: amour, fidélité, soutien mutuel… C’est là que tout a commencé. Le deuxième à Haïku, à l’Hôtel Royal Oasis, à Pétion-Ville…, un super beau moment… Le quatrième, solitaire, mais satisfait, devant plusieurs Prestige fraîches et des olives vertes épicées à Station 73, à Delmas. Le 6e, sur le sable chaud d'une plage à Las Terrenas, en République Dominicaine... Le 8e dans un sous-sol, à Orléans, au Canada, essayant de récoler des morceaux cassés qui ne pouvaient absolument pas se recoller, ça je ne l’ai réalisé qu’entre le 13 et le 20 juillet 2023.


Le 9e là, je vais envoyer un courriel responsif, je serai facturé pour la réception, la reformulation et le transfert à qui de droit. C’est le premier 10 avril où je me fais une dette pour avoir envoyé un courriel. Mais je comprends et accepte que tout a un prix. Je paierai pour ce courriel pour ne plus être lié aux désormais, funestes souvenirs du 10 avril. 


Toujours se focaliser que sur ce que l’on peut contrôler. Et non l'inverse. Quand on réalise cela, on est stoïque. 




Gaspard DORÉLIEN 

Ottawa

10.04.24

10:24

jeudi 15 février 2024

Ma meilleure lecture depuis 2024

Je n’ai pas eu à réinventer la roue. J’ai lu le livre en 24 heures et j’ai été comme métamorphosé. J'ai mûri, aimé davantage, pardonné. Et je m’apprête, À l'instar de Camille, la protagoniste principale du roman “Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une”, de Raphaëlle Giordano, à restituer ce que j’ai appris. Pas dans ce compte rendu de lecture. Bien entendu!



Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une est un roman écrit par une femme, pour les femmes. Que les foudres des féministes trop ailées ne me terrassent pas, mais il existe bien une littérature féminine. Avec des sujets éminemment féminins et écrit dans le langage qui ne devrait appâté que les femmes, au regard des construits que la société a forgé pour le deuxième sexe. Mais, définitivement après avoir découvert en 2022  la magie de la littérature “girly” avec Virginie Grimaldie, j'ai décidé de m'affranchir des préjugés masculins et de m'y plonger. Deux catégories de personnes devraient s’y verser: toutes les femmes et les hommes intelligents.


Bien loin d’une histoire faite de paillettes et de prince charmant (que Dieu me préserve de certaines foudres), “Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une”, est un véritable ouvrage de reconstruction de soi, d'atteinte du bonheur, de lâcher-prise, de soulagement par le pardon et du concept de "hâte-toi lentement".


À travers l’histoire d’une femme, Camille, aidée d’un “routinologue”, nommé Claude, on a le loisir de suivre étape par étape comment l’on peut arriver à changer notre routine maladroite, étriquée par toutes les vicissitudes de l’existence, à une vie épanouie dans son couple,  renouer avec son enfant et ressusciter un rêve oublié pour en faire le pivot de sa vie transformée.


C’est un livre avec des dialogues, un poil, clichés, et quelques invraisemblances, mais au bout de la ligne, c’est un merveilleux livre que nous a sorti Raphaëlle Giordano. Une bouffée d’espoir dans l’exigeante et fugace réalité à l’ère de la réussite que tout le monde affiche sur les réseaux sociaux et où tout les monde est bon ou est la victime de l’autre.


Je l’ai lu en 24 heures. En fait, 32 heures pour être précis. Et c’est jusqu’à présent, ma meilleure lecture, mon meilleur investissement de temps en littérature du deuxième sexe depuis le 1e janvier 2024.

Je le recommande vivement. Et vous me ferez savoir si, oui ou non, vous allez, vous aussi restituer aux autres une partie de la nouveauté qui émaille votre vie. Seuls ceux et celles qui arriveront à la fin du 35e chapitre saisiront pleinement ma pensée. Bonne immersion!


Gaspard DORÉLIEN, MA

Ottawa

19h19

15.02.24

vendredi 4 février 2022

J’ai lu un Guillaume Musso et un Marie Vareille en même temps!

 J’arrête de faire dans l’auto-flagellation. C’est vrai, j’aurais du terminer ces lectures, il y a fort,


fort longtemps. Je vous épargne les détails. Mais je suis quand même arrivé jusqu’au bout. Pas la peine de me morfondre sur la lenteur paresseuse qui m’a habité ces derniers mois. Deux douces histoires malheureuses qui ont quand même eu des fins merveilleuses où l’amour, la reconnaissance, l’amitié… ont triomphé. Deux auteurs, deux livres que je recommande sans sourciller.  


 


Marie Vareille et Guillaume Musso ne sont pourtant pas dans la même ligue d’écrivains. Mais les deux histoires se valent. Même si les tons, les styles et les genres sont différents. Je ne suis pas entrain de comparer les deux récits. Loin de moi cette intention. Elle serait odieuse. 

La première est une plume sûre qui se construit, avec un certain succès. Le second est l’écrivain français le plus actuellement. Ceci, depuis dix années consécutives et qui compte à son actif près de 20 romans, dont je me suis promis de lire. Tous. D’ailleurs, “Seras-tu là?” est le 5e que j’ai lu. Après avoir été séduit et même happé par “Central Park” (paru en 2014), je me suis promis de lire tous les romans de l’auteur star français, et c’est ce que je fais depuis le mois d’août dernier, mais dans l’ordre chronologique de leur publication. Après “Central Park”, j’ai lu “Skidamarink”, son tout premier (paru en 2001); “Et après” (2003); “Sauve-moi” (2005) et “Seras-tu là” (2005).


Celui que je commence aujourd’hui même, est  le 5e roman de de Musso. C’est un titre ringard, simple, trop ordinaire comme “Sauve-moi”, “Seras-tu là”… Il faudrait un jour que je sache pourquoi la plus part des titres des œuvres de cet auteur qui respire le succès volent aussi bas? 


N’était-ce que pour le nom “Guillaume Musso”, j’aurais jamais, jamais (deux fois) acheté un roman titré “Parce que je t’aime”. Pourtant, c’est ce titre qui va m’accompagner à partir d’aujourd’hui. Mais heureusement que je n’avais pas fait attention aux titres. Car toutes les histoires de l’auteur que j’ai dévorées, rapidement ou très lentement, valaient le temps (précieux) que je leur ai accordé. Des histoires toutes empreintes d’un fort soupçon d’humanité. Les valeurs existentielles y sont remises en question, éprouvées… mais les bonnes finissent toujours par remporter la palme d’or. Je me renouvelle la promesse de lire tous ses livres comme je l’ai fait et le ferai encore et encore pour Dan Brown! 


Quand à Marie Vareille, c’est une encre sûre qui fera tache dans la littérature moderne française. Je vais incessamment aussi me procurer ses autres romans. En attendant, j’ai pris un plaisir sain, énorme et constant à arpenter toutes les pages de ce titre rocambolesque “La vie rêvée des chaussettes orphelines.”


Petite anecdote! Dans cette aventure, j’ai été fortement secoué par un dénouement inattendu qui fait peser lourdement la qualité de l’histoire. Si vous tentez cette lecture, allez-y jusqu’au bout. Car ce rebondissement vous fera rire et pleurer en même temps. Quelque soit la posture que vous adopterez, vous conviendrez avec moi que c’est une histoire construite adroitement du début jusqu’à la fin. Il n’y a pas eu de fin mal improvisée. Même si un ordre certain a carburé le fil du récit, mais ce n’est point un travail guindé par un plan trop parfait jusqu’à tuer le plaisir des petits débordements qui ne nuisent jamais aux lecteurs assidus. Déjà à cette seule lecture, je peux me permettre de conclure que Marie Vareille est une auteure méthodique qui maîtrise les règles de l’art! Celui d’écrire! Bien entendu!


Je ne vais pas vous “spoiler” en vous comptant ce dont parlent ces deux romans, mais si vous avez fait des livres des amis, vous adorerez compter ces deux titres parmi vos bons et mêmes très bons amis!


Bonne aventure!


Gaspard Dorélien

mardi 15 décembre 2020

Fatima en pleine eau!

 “I am water”. Ce n’est, certes, pas le genre de musique profonde, exceptionnelle... qui tressaille et qui pourrait vous faire dire que Dieu doit être un musicien/chanteur. Mais elle est loin, très loin d’être ridicule. “I am water” signe une belle nouvelle page dans la carrière de la plus belle chanteuse haïtienne de la présente génération. Ce nouveau morceau est aussi la confirmation de la polyvalence de Fatima qui, même en pleine eau, prend l’anglais par les cornes. 


C’est un texte facile qui ne se prêtera à aucune réflexion savante. Mais c’est le genre de paroles légères que tout le monde se métrera volontiers dans la bouche. C’est aussi une affirmation positive, une confiance en soi qui rappelle au “boy” que quelque soit la cas de figure, elle est de l’eau, il reviendra. “I am water” est le fruit d’une coopération avec le DJ Fredy Muks, d'origine camérounaise, qui est aussi producteur qui compte compte à son actif, plusieurs musiques avec des artistes comme Amel Rose.


Ce premier essai de Fatima dans la chanson en anglais est un pas qui promet. Selon ma lecture. L’artiste dégage du bon et du beau. La vidéo qui accompagne ce single est une vraie réussite. À tous les niveaux, oserai-je! La mise en scène, la chorégraphie avec les deux danseurs et Fatima avec tout son “sex appeal”  ont contribué à accouché un travail que l’on prend plaisir à regarder en boucle sur la chaîne YouTube de la très jolie chanteuse. 


Dans la vidéo, c’est une Fatima sexy qui n’hésite pas à s’essayer à des petits déhanchements dignes de danseuses maîtresses de leur corps. 



C’est sans hésitation que je vous invite à faire le détoure sur la chaîne YouTube (Fatima Altieri Ofisyèl 🎶) pour une délectation en bonne et due forme de l’artiste qui sans se couler, prend de l’eau.


Gaspard Dorélien, MA