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vendredi 22 mars 2024

Dormir, rêver et rêver !

 

Dans mes rêves, je reste très rarement au Canada. Je m’envole toujours vers des contrées pour vivre ce que mon subconscient cache ou ce que mon conscient convoite. Hier soir, ou peut-être ce matin, durant de longs instants, je suis retourné en Haïti. J’ai redécouvert la mer, Miss AnayizZ, Mirebalais, des gens que j’aime et d’autres que j’ai aimé. C’était beau! C’était vrai! Je donnerais beaucoup pour que ça dure longtemps. Très longtemps. 

À mon réveil, tard, bien tard ce matin, j’étais bouleversé. Non que je désapprouve la réalité de mon nouveau monde, mais les sensations éprouvées dans le rêve étaient douces, authentiques et profondes. J’ai revu ma terre natale dans des moments de loin meilleurs que ceux d’aujourd’hui. J’ai renoué avec des personnes qui me sont chères, vécu des moments d’une qualité exceptionnelle. 

Des têtes toxiques ont aussi traversé cette parenthèse enchantée. Leur présence, toutefois, pâlissait face à la lumière des belles âmes qui animaient mon rêve.

Au-delà des livres, je suis convaincu que pouvoir rêver et se souvenir des détails constitue la plus belle échappée, permettant de savourer ou de resavourer le bonheur d’ailleurs. Comme j’aimerais retrouver Haïti avec cette même sérénité qui m’a envahi dans le rêve de ce matin. Retrouver ces belles personnes qui étaient sincères et qui le demeurent jusqu’à ce jour !

Ottawa
22.03.24
12h12

mardi 19 mars 2024

La bombe est dans l'avion

 Tout le monde périra, mais tous semblent n'en avoir pas conscience. Une bombe dans la classe économique soufflera tout l'avion, y compris la classe affaires. En Haïti, les élites ont toujours cru que les maux de Cité Soleil n'atteindraient jamais leurs collines. Et, fort de cette croyance, tous ont laissé le petit bouton se convertir en plaie béante. En mars 2024, elle se métastase.



C'est un fait indéniable. Quand il y a une répartition injuste de la richesse, ceux qui sont laissés pour compte n'auront, un jour, d'autre choix que de devenir cannibales. 

En 2018, une annonce revenait sans cesse sur mon fil d'actualité Facebook : « Quand les pauvres n'auront plus rien à manger, ils mangeront les riches. » Je vais lire Gérard Mordillat, auteur de “La Tour abolie”, pour mieux comprendre cette prédiction. La première fois que je suis tombé sur cette prophétie, j'ai eu un pincement au cœur. Et ensuite, j'ai fait l'autruche. “On ne laissera jamais les pauvres démunis en Haïti au point de devoir manger les riches pour survivre.” Je savais que je me mentais en raisonnant ainsi. J'avais déjà tous les indicateurs devant moi :
- une exclusion planifiée par la marginalisation de la majorité de la population ;
- une exode rurale croissante ;
- un système éducatif diversifié où les pauvres n'ont souvent pas accès, ou alors seulement aux “écoles borlettes” ;
- des élites économiques non haïtiennes, qui ne réinvestissent ni ne redistribuent les richesses accumulées. Pour eux, Haïti n'est qu'un comptoir commercial ;
- dans la première République noire du monde, la clarté de la peau est source de privilèges ;
- la politique comme voie rapide vers la richesse ;
- la corruption élevée au rang de sport national ;
- une justice orpheline de sa propre essence.


Je pourrais continuer cette liste pendant un jour entier sans l'épuiser. Je ne devrais pas être surpris qu'aujourd'hui, fuir le pays soit la seule solution. Moi-même, j'ai fui depuis le 21 décembre 2019. Mais toujours, les élites ne pensaient pas que les détonations d'armes viendraient perturber leur tranquillité, ni que ceux qui nettoyaient les vitres de leurs SUV viendraient les chasser de leurs villas perchées sur les collines.


Je ne justifie pas la terreur des gangs en Haïti aujourd'hui, mais la situation était prévisible au vu des faits cités plus haut. Elle était inévitable lorsque l'on élit un grivois personnage comme chef de l'État face à une professeure d'université. Elle était inévitable lorsque, pour consolider son pouvoir, on arme ceux à qui on n'avait jamais tendu la main. Elle était inévitable lorsque pour garantir les opérations de son 'business', on arme les anciens cireurs de ses 4X4. Elle était inévitable lorsque la diaspora dissimule des armes de guerre et des minutions dans les réfrigérateurs, les véhicules, les sacs de riz... envoyés en Haïti. Elle était inévitable quand tous ces faits sont l'œuvre exclusivement d'Haïtiens. Nous avons trop aidé les anciens colonialistes, qui ne nous ont jamais pardonné notre audace du 18 mai, du 18 novembre 1803, et de l'insolente journée du 1er janvier 1804. Il est temps que tous comprennent que la bombe est dans l'avion. La seule solution est de conjuguer nos efforts pour la désamorcer, peu importe votre place dans l'avion.

Gaspard DORELIEN, M.A.
Ottawa
19.03.24

samedi 25 mars 2023

Zèklè à Montréal: retrouvailles, nostalgie et de “l’or en bouche”


C’est une rencontre, un oasis dans la grisaille de ce territoire de l’Amérique du Nord, des retrouvailles… qui n’auraient pas dû avoir lieu. Joël Widmaïer, le lead vocal de Zèklè, pert sa voix la veille. La possibilité d’annuler cet événement attendu était même sur le tapis. Ce pire a été évité. Le miracle a eu lieu. À l’auditorium du Collège Ahuntsic, à Montréal, le samedi 25 mars, un public enjoué s’est communié avec la bande, a complété la voix du chanteur principal, pour s’offrir du bonheur, des retrouvailles avec des sons qui ont dévalé le temps pour se laisser rattraper ce samedi soir… “De l’or en bouche” comme l’a si bien qualifié Nerlande Gaëtan Civil, coordonnatrice de la Compagnie Théâtre Créole, instigatrice de ce concert mémorable.


Mémoire ressuscitée 


 Ce qui reste de plus précieux dans le vécu de chaque homme et de chaque femme est monté de A à Z de souvenirs. 

On garde précieusement et jalousement la mémoire de tout ce qui nous a fait rire, pleurer, réfléchir, maudire, plébisciter… des bouts de notre vie. C’est ce ciment qui a soudé tout le public, yeux allumés, oreilles en alerte, voix synchronisées… pendant 90 minutes d’horloge. La musique de Zèklè a été pour tous, pour toutes, en tous, en toutes, par tous et par toutes. 


Ce sont des hommes et des femmes qui connaissent Zèklè et tout son répertoire qui se sont agrippés au bonheur des souvenirs qui ont 20 à 40 ans d’âge. 


Du vieux et du neuf


Ce n’est pas le Zèklè qui compte 40 ans qui a fait le déplacement. Certains membres de ce groupe sont partis pour l’au-delà depuis plusieurs années. Le dernier,  le virtuose du tambour, Arius Joseph, a fait le grand saut le 20 mars, 5 jours avant la date de ce concert. Mais des doigts d’or de la musique haïtienne se sont joints à Joël, à Mushi… pour faire renaître sons et paroles qui ont fait le quotidien des trentenaires, des quarantenaires… et des septuagénaires présents dans l’amphithéâtre du Collège Ahuntsic. Raoul Denis Junior, Ti Claude Marcelin, Gérarld Kébreau, Kéké Bélizaire et Fabrice Rouzier, entre autres, ont valablement remplacés ceux qui n’étaient plus là. 

Emmanuela, la plus jeune sur le podium et choriste de la circonstance a magistralement joué le duo avec Joël sur deux légendaires morceaux du groupe, dont “Ou te di m”. 


Du vieux, bonifié, du neuf, pétillant, se sont épousés pour faire de cette soirée un moment de béatitude parfaite. 


Point besoin d’être devin pour réaliser que ces Haïtiens qui ont laissé cette Haïti qu’ils chérissent, se sont abreuvés de ces bribes de leur pays qui ont flotté sur tous les airs chantés et fredonnés ce samedi 25 mars.

Plus que des souvenirs, c’est l’odeur, le goût et les cris de cette terre de soleil qui les habite que Zèklè les a fait revivre durant ces 90 minutes. 21h53. La dernière note du concert s’est tue. Mais tous et toutes sont partis à travers les rues enneigées de Montréal, avec des échos éternels dans la tête et dans le cœur. 


Gaspard DORÉLIEN, MA 

Montréal

vendredi 12 août 2022

 

"Sous le ciel d’Haïti," du bonheur en chanson par Ti Corn

Ce n’est pas juste ma chanson préférée de tous les temps. Ce n’est pas juste les louanges d’une Haïti que même les plus optimistes ne reverront jamais. C’est un hymne à la beauté du son, de la musique, de l’harmonie… Sous le ciel d’Haïti de Ti Corn, un pur bonheur de moins de trois minutes 


Elle n’a pas écrit les paroles de cette chanson, longue de deux minutes et trente-neuf secondes. Elles sont de Marcel O. Gilles. Dit Tonton Gilles. Excellent compositeur capois, décédé en 2009. Ce sont des mots composés pour la voix de Ti Corn. Car elle épouse avec une sincérité décapante chaque phrase, chaque mot pour donner naissance à cette euphonie provoquant la chair de poule à chaque lecture. «Sous le ciel d’Haïti» est cette chanson que le temps ne vieillira jamais.

Une beauté absolue qui nous fait danser, sans demi-mesure, sur les cordes du bonheur. L’auteure de ce trésor en musique nous vient d’Allemagne, mais c’est le Cap-Haïtien qui l’a fait renaître haïtienne.

Cornelia Schütt-Richard pour l’Allemagne

Ti Corn pour Haïti Cornelia Schütt-Richard est née en Allemagne. En 1953. À deux mois, sa mère l’emmène dans la deuxième ville d’Haïti, le Cap-Haïtien. Sa famille y avait planté racine depuis 1832. Sur cette terre, elle sera rebaptisée Ti Corn par sa nounou haïtienne, Anna Colo. C’est à travers la voix de cette dernière qui veillait sur ses jours qu’elle a découvert la chanson traditionnelle et les contes d’Haïti. Anna, ne parlant que créole, par son amour a fait couler dans les veines de Ti Corn tout le rythme et la richesse de la culture haïtienne. Elle a été sa première source d’inspiration. 

Son lien avec les tripes de cette Haïti bariolée, riche, tumultueuse… qui battait la mesure candide de la musique caribéenne. Au Cap-Haïtien, elle a appris à être haïtienne en cheminant sur ses rythmes et dans la chanson et dans la danse. 

Sans se prétendre actrice, Ti Corn a joué dans Anita, de Rassoul Labuchin. Elle a tenu le rôle de Simbi et a prêté sa voix à la chanson thème du film, Anita. Les plus de trente ans ont sûrement été bercés par ses interprétations à succès comme «Colibri,» «Haïti chérie»… Mais «Sous le ciel d’Haïti», vidéoclipée, est celle qui, depuis ma tendre enfance, m’a toujours arraché cette larme de bonheur. Une chanson qui a aiguisé ma sensibilité pour la musique. La bonne musique.

«Sous le ciel d’Haïti» de A à Z

Cette chanson figure sur l’album «Haïti» qui a été réédité en 2010. Le groupe rap «Barikad Crew» l’a mis au goût du jour en reprenant une partie dans l’introduction d’une musique de son deuxième album.

«Sous le ciel d’Haïti», une voix bien assise sur un jeu enchanteur entre la douce vitalité de la guitare sèche et l'entraînante envolée du violon. C’est une guitare qui dandine sous un violon haletant. Elle introduit une voix posée, sincère et affirmative. 

Quand Ti Corn commence à chanter, le violon s’estompe et la guitare fait la route jusqu’aux dernières paroles placées en français. 

«Ah! qu’il est bon, qu’il est doux
 D’être vivant près de vous 
Bien au chaud, détendu 
L’esprit quiet, rigolant 
Sous le ciel d’Haïti 
Oui je l’avoue, j’en suis fière j’en suis folle 
Dieu merci et je chante» 

Le violon revient, solennel, doux, susurrant la mélodie sur des paroles qui donne le frisson à tout amoureux d’Haïti. Des paroles plaçant le pays sur un piédestal pour son originalité; le cachet paradisiaque qui le caractérise et les relations harmonieuses entre habitants. 
«Wi, pami tout peyi ke m konnen sou latè 
Sèl Ayiti orijinal li san parèy 
Paradi sou tè peyi de rèv 
Yon syèl de pè, kote lajan pa di bonè 
Kote tout moun se moun tout moun 
Lè gran maten gade tout moun kouman y ap viv 
Zanmou kouman w ye 
E tout moun, e lakay?» 

À mi-chemin du couplet ci-dessus, le violon ralentit, comme pour prendre son élan, et revient avec la force et la solennité du début pour lancer la strophe suivante. Dans celle-ci, on vante le côté pacifique du pays comparé à d’autres qui forgent des armes pour s’entretuer. Alors qu’en Haïti, on s’entraide, on fait la fête avec le tam-tam. 

«A! Nou pa konn ki gran bonè gen Ayiti 
Lòt ap fè zam pou yo touye tout frè a yo 
Nou n ap fè konbit graje manyòk 
N ap jwe gita, frape tabou fè kè kontan 
Anba pye bwa san kè sote 
Chak jou kon ti poul n al di Bondye yon gran mèsi 
Nou gen yon trezò 
Nan lapè paradi.» 

La même ligne harmonique se reproduit pour la dernière partie de la chanson. Les paroles dénoncent la violence présente dans le quotidien des grands pays. Elle termine pour confirmer qu’Haïti est l’idéal. 

«Nan gwo ki swadizan sivilize 
Krim pou chak jou se pa santèn yo kontwole 
Anbisyon lajan fè ke tout moun 
Pèdi bonte, vini sovaj, viv san pitye 
Kè yo byen di, tanpi pou lòt 
Ayiti cheri gade fòfè nan cinema 
Pa gade gwo kay, gwo foli 
Ou se lideyal manman m, ay! 
Ou se lideyal 
Ou se lideyal» 

Des déclarations positives de ce coin de terre que nous dépeçons chaque jour pour le transformer en enfer à quitter absolument par beaucoup... 

C’est une chanson savamment orchestrée dans une simplicité renversante. Une guitare sèche qui trémousse avec un violon conférant une incontestable solennité à des paroles singulières. Fortes. Chargées de sens. Des paroles d’une Haïti du temps longtemps. Des paroles qui vous scotchent dans un passé meilleur que le présent. «Sous le ciel d’Haïti» est ce court moment de bonheur pour les tympans, l’âme et l’amour d’Haïti. Indétrônable. C’est, de tous les temps, ma musique préférée. 
Merci Ti Corn.

Gaspard DORÉLIEN, Master of Arts



mardi 8 juin 2021

“Nwèl san ou” penser à Noël en juin


Je suis conformiste. Mais sûrement pas en tout. J’adore écouter des chansons de Noël. Pas que durant la période de fin d'année. Nous sommes en juin. Mais l’une des chansons qui remuent tout mon être depuis une semaine est “Nwèl san ou,” interprétée superbement par Judith et Roosevelt Jean Noël, du groupe évangélique, Alabanza.  C’est la même rengaine à chaque écoute, un tressaillement me prend des cheveux aux orteils et finit en larmes. 



Capture d'écran de la vidéo de la chanson "Nwèl san ou," avec Roosevelt et Judith du groupe Alabanza
Capture d'écran de la vidéo de la chanson "Nwèl san ou"
montrant Roosevelt et Judith


Elle aura 23 ans en décembre. “Nwèl san ou” était sortie quatrième à l’édition de 1998 de la compétition “Konkou chante Nwèl,” de la mythique station de télévision haïtienne de la mi-des années 90, Télémax. C’est toute l’insouciance, la nostalgie, les jours heureux de ma vie de jeune universitaire frais et moulu que cette chanson, écoutée en boucle depuis une semaine, éveille en moi. À cela, s’ajoute le ton mélancolique du morceau. Ma  plus grande faiblesse est une musique mélancolique. Je ne pleure jamais. Sauf sur ces types de chanson. Je n’ai pas d’explication nette. Mais les larmes ruissellent dans mon coeur et sur mes joues à chaque lecture de cette chanson de Noël, en plein mois de juin. 


Ce n’est absolument pas parce que j’ai l’esprit à la fête. Loin de là. D’ailleurs ceux et celles qui se sont réclamés “bandits légaux,” de par leur méchanceté et leur incompétence suraiguë, ont tué, depuis des années, toute l’innocence de tout coeur haïtien qui penserait à la fête. Ces parodies de dirigeants, parce qu’ils ont été passifs et complices agissants du mal, des bandits armés rythment désormais la vie, sans joie, de nombre d’Haïtiens et d’Haïtiennes.


Je pense à Noël en juin, non pas que j’ai hâte que cette période arrive. J’écoute “Nwèl san ou,” non pas que je suis nostalgique d’une Noël passée loin d’une élue de mon coeur. J’écoute parce que j’aime ce frisson qui me traverse à chaque fois que les voix des deux talentueux chanteurs, de la clarinette et de la guitare de Yves Virgile… me titillent les tympans. Les paroles de cette chanson, écrites par le maestro Carly Joseph sont assez justes avec la signature pleurarde de la composition. Elles sont douces et pénibles à la fois. Toute cette émotion d’un temps que je ne revivrai peut-être plus jamais, me grise l’âme. Je suis peut être maso. Je répète ce mal encore et encore. Mais la chanson me fait voyager dans le temps. Ce temps où je restais scotcher devant mon téléviseur pour vivre le rêve festif que vendait Télémax à cette période de l’année. Je n’avais absolument rien pour fêter à cette époque. Je vivais la Noël, à travers ces chansons et l’ambiance qu’installait cette station de télévision dans les familles. Cette fête que seulement ceux-là et celles-là qui avaient les moyens, la vivait en vrai. Et comme il fallait. Je n’enviais personne. Je me contentais de l’immense bonheur spirituel que m’apportait les différentes chansons qui s’égrénaient sur mon petit écran. Je me nourrissais du ferme espoir que les moyens pour me mettre à la fête viendraient un jour.  


“Nwèl san ou” m’arrache des larmes, parce que ce petit bonheur de rien du tout, n’est aujourd’hui qu’un lointain souvenir pour moi et pour tant d’autres Haïtiens et Haïtiennes. Il serait pour nous sans mesure si, en 2021, on pourrait, ne serait-ce qu’à moitié, replonger dans de pareilles ambiances. Sans être pessimiste, les perspectives de décembre 2021 sont pires que ce qu’on vit en juin sur ce bout de terre que les maîtres et maitresses de l’enfer ont acheté argent comptant. 


La vie est devenue une absinthe, un fleuve rouge dégoulinant misère, insécurité et désespoir sous la présidence de cet arnaqueur de producteur de banane. Il est le digne héritier de ce vil personnage que nous comptons malheureusement parmi ceux-là qui ont été les premiers parmi nous. Quel haïtien, quelle Haïtienne, hors-mi ses complices et parrains, peut prétendre délecter les joies de la vie en Haïti en 2021?


Je suis loin de l’enfer instauré depuis peu sur cette terre par ces fossoyeurs du “Monsieur à la gueule qui pue” (#MesyeDjòlSalLa), mais je vis dans une peine sans nom, les malheurs qui tombent sur mes soeurs et frères haïtiens.


J’écoute en juin, cette chanson de Noël pour pleurer, pour conjurer mon mal du pays, pour aussi maudire ces agents de l’enfer qui prennent toute la place et nous rongent de l’intérieur comme de l'extérieur. Je pleure sur une chanson de Noël, en juin, pour que ces larmes deviennent des eaux en furie pour les emporter dans l’antre du diable. 


Gaspard Dorélien




vendredi 7 février 2020

3 ans d’échec de Jovenel Moïse


Nul besoin d’être un opposant au pouvoir “Tèt kale” du poulain de l’égrillard Michel Martelly, Jovenel Moïse, pour constater que ce dernier a piteusement échoué comme président de la République d’Haïti. Après trois ans passé à la tête du pouvoir, tous les voyants du pays, indistinctement, sont passés au rouge. Bilan, non exhaustif, d’un incontestable échec.

jeudi 22 août 2019

Motocyclette en Haïti: la mort sur deux roues



On n’a pas de chiffres. En Haïti, nous ne sommes pas des scientifiques. Nous sommes encore loin de la cueillette systématique de données sur les phénomènes qui font mouche au sein de la société. Mais tout le monde le sait, parce que chacun de nous en a été témoin au moins une fois. Les accidents, mortels ou pas, de la circulation avec l’implication des motocyclettes en Haiti sont des faits quotidiens. Depuis plus de deux décennies, la mort en Haïti roule sur deux roues.

mercredi 23 décembre 2015

Port-au-Prince - Noël, la mauvaise rime


Demain, 23 décembre, ce texte, que j'ai écrit pour le compte du quotidien Le Nouvelliste, aura 10 ans. Rien a changé depuis. Sinon pour le pire...

Port-­au­-Prince et la Noël. Des mots qui ne riment plus. Ordures dans les rues. Visage terne des principaux bâtiments publics. Le 24 décembre, pas de messe de minuit en perspective à la Cathédrale de Port­-au­-Prince. Et nulle part ailleurs. Inflation. Mauvais présage à l'approche des prochaines élections. Insécurité... La liste pourrait encore s'étendre.