Affichage des articles dont le libellé est Michel Martelly. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Michel Martelly. Afficher tous les articles

mardi 8 juin 2021

“Nwèl san ou” penser à Noël en juin


Je suis conformiste. Mais sûrement pas en tout. J’adore écouter des chansons de Noël. Pas que durant la période de fin d'année. Nous sommes en juin. Mais l’une des chansons qui remuent tout mon être depuis une semaine est “Nwèl san ou,” interprétée superbement par Judith et Roosevelt Jean Noël, du groupe évangélique, Alabanza.  C’est la même rengaine à chaque écoute, un tressaillement me prend des cheveux aux orteils et finit en larmes. 



Capture d'écran de la vidéo de la chanson "Nwèl san ou," avec Roosevelt et Judith du groupe Alabanza
Capture d'écran de la vidéo de la chanson "Nwèl san ou"
montrant Roosevelt et Judith


Elle aura 23 ans en décembre. “Nwèl san ou” était sortie quatrième à l’édition de 1998 de la compétition “Konkou chante Nwèl,” de la mythique station de télévision haïtienne de la mi-des années 90, Télémax. C’est toute l’insouciance, la nostalgie, les jours heureux de ma vie de jeune universitaire frais et moulu que cette chanson, écoutée en boucle depuis une semaine, éveille en moi. À cela, s’ajoute le ton mélancolique du morceau. Ma  plus grande faiblesse est une musique mélancolique. Je ne pleure jamais. Sauf sur ces types de chanson. Je n’ai pas d’explication nette. Mais les larmes ruissellent dans mon coeur et sur mes joues à chaque lecture de cette chanson de Noël, en plein mois de juin. 


Ce n’est absolument pas parce que j’ai l’esprit à la fête. Loin de là. D’ailleurs ceux et celles qui se sont réclamés “bandits légaux,” de par leur méchanceté et leur incompétence suraiguë, ont tué, depuis des années, toute l’innocence de tout coeur haïtien qui penserait à la fête. Ces parodies de dirigeants, parce qu’ils ont été passifs et complices agissants du mal, des bandits armés rythment désormais la vie, sans joie, de nombre d’Haïtiens et d’Haïtiennes.


Je pense à Noël en juin, non pas que j’ai hâte que cette période arrive. J’écoute “Nwèl san ou,” non pas que je suis nostalgique d’une Noël passée loin d’une élue de mon coeur. J’écoute parce que j’aime ce frisson qui me traverse à chaque fois que les voix des deux talentueux chanteurs, de la clarinette et de la guitare de Yves Virgile… me titillent les tympans. Les paroles de cette chanson, écrites par le maestro Carly Joseph sont assez justes avec la signature pleurarde de la composition. Elles sont douces et pénibles à la fois. Toute cette émotion d’un temps que je ne revivrai peut-être plus jamais, me grise l’âme. Je suis peut être maso. Je répète ce mal encore et encore. Mais la chanson me fait voyager dans le temps. Ce temps où je restais scotcher devant mon téléviseur pour vivre le rêve festif que vendait Télémax à cette période de l’année. Je n’avais absolument rien pour fêter à cette époque. Je vivais la Noël, à travers ces chansons et l’ambiance qu’installait cette station de télévision dans les familles. Cette fête que seulement ceux-là et celles-là qui avaient les moyens, la vivait en vrai. Et comme il fallait. Je n’enviais personne. Je me contentais de l’immense bonheur spirituel que m’apportait les différentes chansons qui s’égrénaient sur mon petit écran. Je me nourrissais du ferme espoir que les moyens pour me mettre à la fête viendraient un jour.  


“Nwèl san ou” m’arrache des larmes, parce que ce petit bonheur de rien du tout, n’est aujourd’hui qu’un lointain souvenir pour moi et pour tant d’autres Haïtiens et Haïtiennes. Il serait pour nous sans mesure si, en 2021, on pourrait, ne serait-ce qu’à moitié, replonger dans de pareilles ambiances. Sans être pessimiste, les perspectives de décembre 2021 sont pires que ce qu’on vit en juin sur ce bout de terre que les maîtres et maitresses de l’enfer ont acheté argent comptant. 


La vie est devenue une absinthe, un fleuve rouge dégoulinant misère, insécurité et désespoir sous la présidence de cet arnaqueur de producteur de banane. Il est le digne héritier de ce vil personnage que nous comptons malheureusement parmi ceux-là qui ont été les premiers parmi nous. Quel haïtien, quelle Haïtienne, hors-mi ses complices et parrains, peut prétendre délecter les joies de la vie en Haïti en 2021?


Je suis loin de l’enfer instauré depuis peu sur cette terre par ces fossoyeurs du “Monsieur à la gueule qui pue” (#MesyeDjòlSalLa), mais je vis dans une peine sans nom, les malheurs qui tombent sur mes soeurs et frères haïtiens.


J’écoute en juin, cette chanson de Noël pour pleurer, pour conjurer mon mal du pays, pour aussi maudire ces agents de l’enfer qui prennent toute la place et nous rongent de l’intérieur comme de l'extérieur. Je pleure sur une chanson de Noël, en juin, pour que ces larmes deviennent des eaux en furie pour les emporter dans l’antre du diable. 


Gaspard Dorélien




dimanche 19 avril 2020

Nadia, l’innocence volée à 9 ans

On l’appellera Nadia. Car elle redoute amèrement d’être reconnue. Elle a été violée le jour de la Noël. Le 25 décembre 2010. Nadia avait 9 ans. L’âge qui portait toute son innocence.  C’était par un “bienfaiteur” canadien venu apporter des jouets et de l’aide à l’orphelinat où sa mère l’avait abandonnée quand elle avait 3 mois. Vous pensez avoir déjà vécu l’enfer? Lisez d’abord l’histoire de Nadia, voguant avec moult  dérives sur le tumultueux fleuve de la vie en Haïti.

Paroles tafia

Ils descendent. Ils accélèrent. Qu’est-ce je ne donnerais pas pour pouvoir lire dans la tête de chaque conducteur qui dévale l’autoroute de Delmas. Sont-ils heureux? Ils vont où par cette nuit noire comme de l’encre? Il y a-t-il quelqu’un qui les attend avec impatience à la maison? Vont-ils danser ce vendredi soir? Sûrement pas! S’ils descendent, peut-être qu’ils ne vont pas que danser. Ils ne vont pas se recréer sainement. En bas, c’est la prostitution. En bas, ce sont les serveuses, toutes, les mêmes hauts et les mêmes bas, aguicheuses à souhait. Des prostituées qui ne disent pas leur nom. Je déteste les excuses. Mais, il paraît qu’elles n’ont pas tellement le choix. C’est soit la prostitution de classe soit crever de faim.

vendredi 7 février 2020

3 ans d’échec de Jovenel Moïse


Nul besoin d’être un opposant au pouvoir “Tèt kale” du poulain de l’égrillard Michel Martelly, Jovenel Moïse, pour constater que ce dernier a piteusement échoué comme président de la République d’Haïti. Après trois ans passé à la tête du pouvoir, tous les voyants du pays, indistinctement, sont passés au rouge. Bilan, non exhaustif, d’un incontestable échec.

dimanche 24 novembre 2019

Unlocked


Il n’y avait presque plus de places de parking libres dans les parages.On est samedi. Il est 22h12.. La nuit est encore jeune. Dans ce club branché de Pétion-Ville, certains, après plus de deux mois, vont enfin renouer avec l’évasion des nuits arrosées de musiques américaines, d’alcool, de transes pour une liberté retrouvée. They’ve been unlocked!

samedi 19 octobre 2019

Vous êtes un sale hypocrite Monsieur le Président : lettre ouverte au président de la République d’Haïti



Président Jovenel Moïse,

Je me passerai des formules de politesse hypocrites. La gravité de la situation m’en prive. Je vais droit au but. Mes propos sont ceux d’un citoyen haïtien privilégié (parce qu’il  a pu faire des études en Haïti et à l’étranger et travaille, entreprend, enseigne et peut encore manger à sa faim mais qui est horripilé face à la misère extrême des millions de ses frères et sœurs haïtiens et haïtiennes). Mais ce citoyen est on ne peut plus frustré, abattu, en colère et qui avoue son impuissance face à la dégradation de son pays par votre seule incompétence de bien diriger la barque nationale.

mercredi 25 septembre 2019

Prezidan Jovenel Moïse desann kanson l ankò nan diskou li a



Diskou prezidan an te anonse pou aswè madi 24 septanm lan. Men jiska inè nan maten mèkredi 25 septanm lan, gen sitwayen ki t ap plenyen sou rezo sosyo yo sou diskou sa ki pat janm prezante. Konseye kominikasyon prezidan ta dwe konnen reta nan adrès la redui nan enpak ak kredibilite kominikasyon an. Epi diskou a pa pote anyen nouvo, ankenn solisyon a kriz politik, ekonomik k ap boulvèse bil peyi a aktyèlman. 

mardi 3 septembre 2019

Employés de l’État haïtien ou les nouveaux mendiants forcés



Des contractuels du Ministère du Commerce qui ont signé leurs contrats depuis octobre 2018, n’ont encore reçu aucun salaire. Certains de la Commission Nationale de Lutte Contre la Drogue (Conald) ont reçu leurs dernières paies en décembre 2018. Des contractuels de l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (Ucref) ont reçu leurs dus depuis juillet dernier. Comment ils font pour boucler tout le mois ou leur fin de mois? Ils mendient. Tout simplement!

mercredi 10 juillet 2019

Les «militants», maîtres des lieux

Ils sont reconnaissables à leurs barbes grisonnantes et leurs lunettes noires. Mais leur caractéristique principale, c'est leur agressivité. Ils s'agrippent aux véhicules Services de l'État et officiels, harcèlent et rançonnent fonctionnaires et passants. Ils s'autoproclament «militants». Aux Palais législatif, au ministère des Affaires sociales et ailleurs. Ils sont maîtres des lieux.

dimanche 30 juin 2019

mardi 25 juin 2019

La petite liste d’épicerie de l’opposition



Le ridicule ne tue pas. Mais dans le cas d’un pays déjà à l’agonie, oui. L’opposition à l’inefficace présidence de Jovenel Moïse s’est couverte de ridicule. Haïti en même temps. Elle a produit, dans sa démarche de chasser l’ancien homme-banane du pouvoir, un document pauvre, appelé pompeusement : “Alternative consensuelle pour la refondation d’Haïti”. Des voeux pieux, des aphorismes sans argumentaire qui s’étendent sur 4 pages. Seulement. Une petite et simple liste d’épicerie. Épluchons!

samedi 25 mai 2019

“Machann fig la”, un film vrai


C’est un film vrai. Une tranche de vie du quotidien rural haïtien. Sans fioriture. Sans chichi. Sans artifice. La sincérité du film est d’autant plus matérialisée dans le jeu de maître de l'héroïne principale de l’oeuvre, Ti Manise, la marchande de figue banane. Les réalisateurs, anciens étudiants de Artist Institute de Jacmel, ont passé haut la main le test. Ils ont réussi leur film. Et ce n’est pas leur faire de cadeau que de faire une telle affirmation.

jeudi 4 avril 2019

“Il est très très dangereux de venir prendre des soins à l’Hôpital général de Port-au-Prince”

Ils sont trois à l’avoir confirmé. Deux résidents et un médecin de service. Ils travaillent tous dans ce qui est considéré comme le plus grand centre hospitalier de la première République noire du monde. Ils ne mâchent pas leurs mots: “venir prendre des soins à l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (Hueh - Hôpital général) est un acte suicidaire”.

mercredi 23 décembre 2015

Port-au-Prince - Noël, la mauvaise rime


Demain, 23 décembre, ce texte, que j'ai écrit pour le compte du quotidien Le Nouvelliste, aura 10 ans. Rien a changé depuis. Sinon pour le pire...

Port-­au­-Prince et la Noël. Des mots qui ne riment plus. Ordures dans les rues. Visage terne des principaux bâtiments publics. Le 24 décembre, pas de messe de minuit en perspective à la Cathédrale de Port­-au­-Prince. Et nulle part ailleurs. Inflation. Mauvais présage à l'approche des prochaines élections. Insécurité... La liste pourrait encore s'étendre. 

jeudi 1 octobre 2015

Je suis outré et cassé...


C'est vrai qu'une simple et belle chanson suffit pour m'arracher des larmes. Mais aujourd’hui, mes pleurs étaient amers. Saccadés. Pétrifiants. Déprimants. J’ai pleuré la rage d’un désespoir sans mesure. J’ai pleuré ma désillusion perdue. J’ai pleuré mon impuissance face à tant de bêtises, de crétinisme et la foie mauvaise de mes pairs. Je suis cassé. 




jeudi 21 mai 2015

La relève haïtienne 2.0

Cette forme de danse osée est désormais la norme. C'était au Collège X, 
à Delmas à l'occasion de la célébration des 212 ans du drapeau haïtien.

    Le prétexte est de taille. C'est la fête du drapeau. Dans cette école classique de la commune de Delmas, de l’arrondissement de Port-au-Prince, les élèves de la Terminale mettent, à leur manière, tout en place pour célébrer les 212 ans du bicolore haïtien. Musiques étrangères, alcool, boissons énergisantes... Le gros du public présent a entre 4 et 16 ans. Bienvenue chez la relève haïtienne. A l’ère d’Internet. 

dimanche 12 janvier 2014

Mémoire fort minable !

Morts. Ils ont été plus de 200,000 lors du 12 janvier 2010. De cette tragédie, peu de leçons ont été tirées. La principale artère du centre ville, la Grand’Rue est un tombeau ouvert. Sous les bâtiments branlants, petits commerçants et marchandises s’y agglutinent. Une autre preuve, qu’ici, notre mémoire est fort minable.

Photo by Gaspard Dorélien
Photographié sur la Grand'Rue en janvier 2014
Photo:Fotomatik Haiti/Gaspard Dorélien
Photo by Gaspard Dorélien
Photographié sur la Grand'Rue en janvier 2014
Photo:Fotomatik Haiti/Gaspard Dorélien

Photo by Gaspard Dorélien
Photographié sur la Grand'Rue en janvier 2014
Photo:Fotomatik Haiti/Gaspard Dorélien

dimanche 10 février 2013

La RTVC expulsée du bal des reines au Palais Sans-Souci

-->
      La ministre du Tourisme, Stephanie V. au micro et le couple présidentiel au bal des reines                                              (Photo: Blanc Jeff)

A l'arrivée du Président de la République sur les lieux, on les a contraint tout d'abord d'éteindre leurs caméras, ensuite de vider les lieux. L’équipe de la Radio Télévision Caraïbes (RTVC) a été forcée à déguerpir du Palais de Sans-Souci, à Milot, dans le Nord du pays, où a lieu ce samedi 9 février le bal des reines.

jeudi 19 juillet 2012

7 blessés dans un accident du cortège présidentiel haïtien


La moto à l'origine de l'accident (Photo:Jean Marc Hervé Habelard)


La fillette de 6 ans, blessée grièvement à la tête (photo: Presse Lakay)

La moto à l'origine de l'accident (Photo:

Jean Marc Herve Abelard)

Sept personnes sont grièvement blessées, dont un enfant de six ans, ce jeudi 19 juillet dans un accident survenu sur la route de Milot, non loin du Cap-Haïtien dans le cortège du président haïtien, Michel Martelly. Ce dernier en est sorti sain et sauf. 





En Haïti, nous sommes racistes!

A chacun, en fonction de ses intérêts, de ses expériences, de son épiderme... de voir à sa manière la question du racisme. Personnellement, avec ma peau foncée, je confirme que le racisme est bel et bien présent   en Haïti. Point. Et plus que dans beaucoup de pays de gens aux yeux bleus. Dans ce coin de terre, nous sommes racistes. Et cela va dans les deux sens. Peau noire et peau claire.