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dimanche 17 novembre 2024

Sublime rendez-vous de Beethova Obas à Gatineau

 Sans fioriture, sous le rythme d’instruments adroitement travaillés, Beethova Obas a marqué un rendez-vous de l’Histoire d’Haïti à Gatineau. À travers un concert au Musée canadien de l’Histoire, le légendaire artiste haïtien fort de 35 ans de carrière a ravi un public de tous âges le dimanche 17 novembre. Petit compte rendu! Exhaustif à souhait!



“On ne se lassera jamais de se remémorer ce haut fait d’armes de notre histoire. La grande victoire de l’armée indigène contre les forces colonialistes françaises à Vertières, le 18 novembre 1803, est une branche à laquelle nous restons accrochés, même loin d’Haïti”,
murmure à mon oreille une spectatrice d’une soixantaine d’années lors du concert "Rendez-vous avec l’histoire" de Beethova Obas. Ce spectacle, organisé dans le théâtre du Musée, s’est révélé être un franc succès. Fidèle à son style et à ses trois décennies de carrière, Beethova a livré pendant trois heures ses plus belles compositions. À en croire les réactions du public, la prestation a largement répondu aux attentes. 


19h02.
Des bruits d’orage marquent les premières secondes du spectacle, suivis d’une introduction contextualisant l’événement. Malgré la situation chaotique d’Haïti en 2024, les organisateurs ont tenu à commémorer cette date historique : le 18 novembre 1803, la bataille de Vertières, prélude à l’indépendance haïtienne proclamée le 1er janvier 1804. Un extrait du discours d’Edgar Leblanc Fils, prononcé à l’ONU le 26 septembre, a été diffusé. L’ancien président du Conseil présidentiel y rappelait l’épopée de 1804 et la dette imposée par la France, freinant le développement de la jeune nation.

19h07. Beethova, guitare à la main, fait son entrée par le côté gauche de la scène. Le premier morceau est une invitation au rassemblement, un geste plus que nécessaire dans le contexte actuel d’Haïti.

19h13. Après un chaleureux “Je suis très heureux d’être avec vous ce soir,” un spectateur réplique spontanément “nou menm tou” (nous aussi).


De là jusqu’à 21h40, un lien sincère et complice s’est tissé entre l’artiste engagé et une salle comble aux trois quarts. Son œuvre, témoignage de son dévouement à son pays, a ému et enchanté le public.

Des classiques tels que “Nou pa,” “Si,” “Tchele tchele” et “Vant kòde” se sont enchaînés, suscitant parfois des larmes chez les spectateurs. À 20h01, une pause a permis à Beethova de souligner avec humour : “À mon âge, mes fans aussi ont besoin de pauses pour se soulager.”

Pendant l’interlude, l’Ambassadeur d’Haïti au Canada, Weibert Arthus, a remercié l’artiste pour son engagement et sa musique. Une plaque honorifique lui a été remise par la mission diplomatique.

Dans le public, on comptait aussi la présence de la Consule générale d’Haïti à Montréal, Mme Guerline Frédéric Desrosiers.


À 20h34, Beethova revient sur scène sans sa chemise blanche et sa veste bleu marine. Et sans les musiciens et choristes. C’est un maillot noir avec l’inscription “Nou se bon bagay” qu’il présente la deuxième partie du spectacle. 

Il chantera “Bravo manman”, seul sur scène, avec sa guitare, “Bravo manman”. Un pur moment de tendresse. 


“Kè m poze”, le 11e morceau est un mélange de “sauce cubaine, de rythmes haïtiens et d’harmonies brésiliennes”, explique l’artiste.



Suivront “Eleman”, “Bon baya”, “Ti papa” puis finalement “Couleur café” et “Lina”. Dans la dernière partie, face à un public conquis, Beethova a fait de sa la salle son choeur. Celle-ci, enjouée et euphorique, s’est prêtée au rôle.


Ce n’était pas un concert pour danser. Non plus pour se faire caresser le tympan par des accords de voix angéliques. Bien qu’au dernier morceau “Lina”, l’assemblée, comme une seule personne s’est mise debout pour danser et faire entendre sa voix. Ce spectacle a été surtout un moment où la magie des paroles remplies de sens s’est combiné aux instruments pour accoucher une expérience unique. Un temps avec Beethova c’est réfléchir sur nos manquements, nos doutes, nos dérives mais aussi sur notre résilience, nos exploits passés, notre haïtianité, notre identité de peuple inventeur de la liberté.


Gaspard DORÉLIEN

Ottawa,

17.11.24

23h23

jeudi 23 mai 2024

Quand nous entravons l’amour

Les plus grandes entraves en amour sont les attentes. Si tu comprends cette assertion, nul besoin de continuer ta lecture. Sinon, lis jusqu’au dernier mot. Je décris ci-dessous comment nos attentes mettent en péril toute relation amoureuse.



J’en ai récemment parlé dans l’article “On nous a compliqué l’amour”. La première espérance illusoire que nous nourrissons en couple, c’est de désirer que l’autre nous comble de bonheur ou de chercher à le combler. 


La première méprise que nous commettons presque tous, c’est de voir le couple comme un lieu de réparation. Nombreux sont ceux qui se mettent en couple pour soigner une blessure d’enfance, pour se remettre d’une séparation douloureuse ou pour remplir un vide qui nous a toujours habités. C’est peut-être ardu à accepter et à assimiler, mais c’est un fait : “si on ne peut pas être heureux seul, on ne le sera jamais en couple.”


Le bonheur doit émaner de soi. On doit être suffisamment complet pour générer son propre bonheur. On se met avec l’autre pour prolonger notre bonheur ou pour partager tout l’amour et tout le bonheur que l’on portait déjà en soi. Permettez-moi de me répéter, le couple n’est pas un établissement thérapeutique. Votre partenaire ne peut pas et ne doit pas assumer le rôle de thérapeute. Si vous souffrez de traumatismes d’enfance, cherchez de l’aide. Guérissez-vous d’abord. Car c’est réalisable. Si votre cœur a été broyé, il y a moyen de recoller les morceaux et de le reconstituer. Oui, ce miracle est possible. Je témoigne d’expérience. Mais il est extrêmement difficile d’y parvenir seul. Les thérapeutes, les psychologues, les coachs de vie… sont aussi essentiels lorsqu’on souffre de ces blessures émotionnelles que l’intervention du médecin en cas de douleur abdominale. Pourtant, on minimise encore aujourd’hui la nécessité de ces professionnels du bien-être mental dans toutes les sociétés. C’est pourquoi nous avons tous tendance à compter sur l’amour pour nous restaurer. On entre dans une relation avec toute son entièreté. Notre amour. Notre bonheur. Nos rêves. Nos objectifs. Notre personnalité. Et toute notre disposition à partir lorsque le respect, la fidélité, l’amour… ne sont plus au rendez-vous. Car on doit suffisamment s’aimer et se valoriser pour ne pas tolérer l’intolérable. Pour ne pas implorer d’attention, de compréhension, de respect… Car si l’autre vous désire, tout cela sera offert généreusement sans que vous ayez à les réclamer.


Une seconde attente qui barre sérieusement la route à l’amour, c’est d’exiger que l’autre réagisse à notre manière, à notre sauce, selon nos propres normes. Nous sommes chacun formés d’une individualité découlant de notre éducation, de nos influences, du cadre émotionnel autour duquel nous avons gravité avant de rencontrer celui ou celle avec qui nous partageons un bout de chemin ou tout le reste de notre vie. Et chaque parcours est singulier et produit souvent des résultats uniques. Il est donc impensable de s’attendre à ce que l’autre puisse s’adapter à nos propres modèles. La meilleure démarche est de se souvenir que son partenaire est un individu unique, programmé différemment de soi. Et qu’il est normal que ses réactions ne coïncident pas avec les nôtres. Pour se prémunir de toute déception engendrant de la frustration, il faut éviter de se munir d’attentes précises. Car si on persiste dans cette direction, on pourrait s’engager dans une autre quête encore plus fatale pour la relation : le désir de changer l’autre ou penser qu’il ou elle va changer.


C’est encore un autre obstacle très, voire trop, courant dans les relations de couple : vouloir changer l’autre. Ceux qui nourrissent leur esprit d’une telle espérance se retrouvent invariablement sur le banc de la déception et de la frustration. Car ce que l’autre est aujourd’hui est le résultat d’une longue, d’une très longue évolution. Et ce rendu, même s’il peut ne pas être définitif, est souvent très ardu, pour ne pas dire impossible, à modifier. Sauf si l’autre prend conscience du modèle à changer et s’engage de manière déterminée et constante à effectuer ce changement. Et même là, il y a des cas où, malgré toute la volonté du monde, il ou elle n’y parviendra jamais seul. Prenons le cas d’un ou d’une pervers (e) narcissique. Il est improbable qu’il ou qu’elle cesse d’être ainsi, sans un suivi sérieux d’un thérapeute. Car un ou une pervers (e) narcissique est une victime d’un passé qui ne lui était pas du tout favorable et qui le prédispose corps et âme à être un fléau dans la vie des autres. Si vous avez le malheur de tomber sur une personne de cette catégorie et que vous espérez qu’elle change, “ou mèt vann Bondye jounen w” (vous pouvez vendre vos journées à Dieu), me répétait une certaine personne.


En définitive, pour libérer l’amour de toutes ces entraves et de nombreuses autres que nous n’avons pas abordées dans ces lignes, il faut se souvenir et appliquer l’une des règles fondamentales du Stoïcisme : “ne pas avoir d’attente.” Mais vous me demanderez immédiatement, comment ne pas avoir d’attente dans une relation amoureuse ? La réponse n’est pas simple. Car presque toute notre construction en tant qu’être social, nous prédispose à avoir des attentes vis-à-vis de l’autre. Mais il faudrait aussi vous demander pourquoi tant de relations amoureuses ne fonctionnent pas ou finissent par une rupture ? C’est parce que nous entrons dans les relations étant incomplets, malades, vidés… et par conséquent on compte sur l’autre pour nous compléter, nous guérir, nous remplir… 


Un ou une partenaire n’est pas un ou une thérapeute. C’est à nous, bien sûr accompagnés de spécialistes de la santé mentale, de guérir nos blessures, de remplir nos vides et de forger notre bonheur. Je me répète, si on n’est pas heureux seul, on ne le sera jamais en couple. Et si on s’aime assez fort et vrai, on sera bien dans sa peau et il sera plausible pour nous de ne pas avoir des attentes vis-à-vis de l’autre qui, lorsqu’elles ne sont pas satisfaites, engendrent amertume et frustration. La seule chose que l’autre nous doit, et que nous lui devons aussi, est le respect. S’il est présent, il n’y aura pas d’infidélité, pas de mépris, pas de négligence, pas de trahison… et le couple sera juste un terreau pour l’épanouissement de notre bonheur. Et non le lieu où naîtra notre bonheur. Ce dernier ne doit éclore qu’en nous. Si vous vous demandez comment le faire naître en vous ? Cela signifie que vous êtes qualifié pour chercher de l’aide. Et ça, c’est OK. Tous ceux et toutes celles qui ont cherché de l’aide en sont sortis victorieux (ses). Expérience vécue!


Gaspard Dorélien, MA

mardi 19 mars 2024

La bombe est dans l'avion

 Tout le monde périra, mais tous semblent n'en avoir pas conscience. Une bombe dans la classe économique soufflera tout l'avion, y compris la classe affaires. En Haïti, les élites ont toujours cru que les maux de Cité Soleil n'atteindraient jamais leurs collines. Et, fort de cette croyance, tous ont laissé le petit bouton se convertir en plaie béante. En mars 2024, elle se métastase.



C'est un fait indéniable. Quand il y a une répartition injuste de la richesse, ceux qui sont laissés pour compte n'auront, un jour, d'autre choix que de devenir cannibales. 

En 2018, une annonce revenait sans cesse sur mon fil d'actualité Facebook : « Quand les pauvres n'auront plus rien à manger, ils mangeront les riches. » Je vais lire Gérard Mordillat, auteur de “La Tour abolie”, pour mieux comprendre cette prédiction. La première fois que je suis tombé sur cette prophétie, j'ai eu un pincement au cœur. Et ensuite, j'ai fait l'autruche. “On ne laissera jamais les pauvres démunis en Haïti au point de devoir manger les riches pour survivre.” Je savais que je me mentais en raisonnant ainsi. J'avais déjà tous les indicateurs devant moi :
- une exclusion planifiée par la marginalisation de la majorité de la population ;
- une exode rurale croissante ;
- un système éducatif diversifié où les pauvres n'ont souvent pas accès, ou alors seulement aux “écoles borlettes” ;
- des élites économiques non haïtiennes, qui ne réinvestissent ni ne redistribuent les richesses accumulées. Pour eux, Haïti n'est qu'un comptoir commercial ;
- dans la première République noire du monde, la clarté de la peau est source de privilèges ;
- la politique comme voie rapide vers la richesse ;
- la corruption élevée au rang de sport national ;
- une justice orpheline de sa propre essence.


Je pourrais continuer cette liste pendant un jour entier sans l'épuiser. Je ne devrais pas être surpris qu'aujourd'hui, fuir le pays soit la seule solution. Moi-même, j'ai fui depuis le 21 décembre 2019. Mais toujours, les élites ne pensaient pas que les détonations d'armes viendraient perturber leur tranquillité, ni que ceux qui nettoyaient les vitres de leurs SUV viendraient les chasser de leurs villas perchées sur les collines.


Je ne justifie pas la terreur des gangs en Haïti aujourd'hui, mais la situation était prévisible au vu des faits cités plus haut. Elle était inévitable lorsque l'on élit un grivois personnage comme chef de l'État face à une professeure d'université. Elle était inévitable lorsque, pour consolider son pouvoir, on arme ceux à qui on n'avait jamais tendu la main. Elle était inévitable lorsque pour garantir les opérations de son 'business', on arme les anciens cireurs de ses 4X4. Elle était inévitable lorsque la diaspora dissimule des armes de guerre et des minutions dans les réfrigérateurs, les véhicules, les sacs de riz... envoyés en Haïti. Elle était inévitable quand tous ces faits sont l'œuvre exclusivement d'Haïtiens. Nous avons trop aidé les anciens colonialistes, qui ne nous ont jamais pardonné notre audace du 18 mai, du 18 novembre 1803, et de l'insolente journée du 1er janvier 1804. Il est temps que tous comprennent que la bombe est dans l'avion. La seule solution est de conjuguer nos efforts pour la désamorcer, peu importe votre place dans l'avion.

Gaspard DORELIEN, M.A.
Ottawa
19.03.24

mardi 28 février 2023

Pays pilleurs!


La question ne trotte plus dans ma tête, mais elle gambade, elle galope… Comment ce ministre français puisse se sentir vexé parce que dans “Black panther: Wakanda forever” on présente des militaires français comme des pilleurs? Comment une telle figuration ne puisse pas être une évidence pour lui?

Est-il possible qu’un Français qui arrive au rang de ministre puisse oublier ou nier que si l’histoire quotidienne était comptée par des médias neutres et non irrémédiablement occidentaux, on reléguerait la France parmi les tops pays avec ce passé ou même ce présent des pires voleurs et pilleurs de toute l’histoire de l’humanité?

Comment ce ministre puisse oublier ce que la France a fait au Mali, au Congo, au Cameroun… en Haïti? 

Comment explique-t-il que ces pays puissent parler Français? Ces pays-là l’avaient conviée à venir partager son gaulois à la noix?

Comment peut-il occulter la barbarie sans nom de ses aïeuls qui ont été sur des continents où ils n’avaient rien à faire, réduire des hommes et des femmes en esclaves, s’emparer de leurs richesses, imposer leur Bon Dieu blanc, leur langue, leur coutume sexuelle… et devenir ce pays super riche et vouloir aujourd’hui se vexer après une minuscule étiquette de rappel de peuple pilleur dans un film?

Ignore-t-il que la colonisation est la forme la plus palpable de pillage d’un peuple par un autre? 

Ignore-t-il que piller ne veut pas dire emprunter et encore moins demander?

Peut-il ignorer que l’histoire de la France, si elle était comptée comme il faut, serait jalonnée d’une succession incalculable d’aventures de pillages?

C’est inimaginable comment des êtres humains puissent être autant “rizèz”! 

Si seulement les médias, leur cinéma… véhiculaient la vérité, on saurait que l’Espagne, l’Angleterre, le Portugal, la France sont des pays pilleurs… des pays où, il y a pas un siècle comptaient que des sauvages qui laissaient leurs assiettes pour aller piocher, sans invitation, dans celles d’autres peuples.

Mais aujourd’hui, parce que les pays de ces peuples sont invivables (parce que la France, l’Angleterre, l’Espagne, le Portugal… leur a tout pris), ils crient à l’invasion quand ces populations viennent changer un peu le décor avec leurs visages colorés, maculés de tous les manques.

Quel toupet! Quel audace! Quel “je chèch”!

Honte à vous! Pays pilleur!

Gaspard Dorélien, MA

mardi 31 janvier 2023

2e livre pour l’année 2023

 Lire au minimum 24 livres d’ici le 31 décembre 2023. C’est l’un de mes principaux objectifs pour cette année. Je viens de boucler mon deuxième livre pour ce mois de janvier. C’est un manuscrit. Non publié encore. Le premier que j'ai terminé le 5 janvier est de  Virginie Grimaldi, "Il est grand temps de rallumer les étoiles”.  Loin d’être un brouillon, les 245 pages que Pierre Négaud Dupénor m’a passées, m’ont permis de voyager dans son idéal d’une humanité lumineuse. “La cougar et l’Empathe”, premier roman pour ce jeune auteur, mais un profond voyage initiatique dans l’humain vrai, libre, bon et prometteur.


“Je ne le terminerai pas si, à mon goût, il ne correspond pas à l’idée d’un bon roman”, ai-je “prétentieusement” argué. C’est la seule garantie que j’avais donnée à Pierre Négaud Dupénor à qui je n’aurais pas prêté des prétentions de “littéraire”, au regard de son statut académique. Quand je l’avais rencontré en 2019, il était doctorant en sciences politiques et étudiant en photographie à Fotomatik Haiti. Sa science, il l’a mise au service de la littérature. Pour son premier roman, “La cougar et l’Empathe”, l’ancien étudiant de la Faculté des Sciences Humaines de l’Université d’État d’Haïti, spécialiste en communication et gestion de la connaissance pour une agence des Nations Unies, a accouché une oeuvre empreinte d’une forte humanité. Une élévation de l’idéal humain où l’amour devient un réel concret, vrai et actif. 


La formule simple qui préconise que la meilleure façon de comprendre l’autre c’est de se mettre à sa place, n’a jamais, selon ma perspective, été aussi bien illustrée dans un argumentaire. Au milieu de la lecture de ce roman, je me suis même surpris, à maintes reprises, hypnotisé par une sagesse d’une force incommensurable, idéale, mais captivante. J’étais comme suspendu - happé même - aux réflexions d’un vieux sage que nul ne saurait contester. Les concepts de liberté, d’amour pour autrui, d’entraide, d’empathie,  de sagesse divine… sont développés et argumentés par des personnages aux paroles claires, convaincantes qui laissent très peu de place au doute. Même méthodique. Ma lecture accuse peut-être un certain biais, parce qu’elle épouse à l’excès certains points de vue de plusieurs personnages de l’histoire.


Elle se déroule entre Nantes, Guérande, Abidjan, Ngozi… Les personnages viennent du berceau de l’humanité, l’Afrique. Les thématiques qui carburent toute la trame du récit sont la spiritualité, la sexualité, la religion, la philosophie et la psychologie. Et bien entendu, tout ceci ramène à l’humain, nerf principal de toute cette cogitation intellectuelle sur fond littéraire.


“La cougar et l’Empathe" est un roman hautement philosophique, élaboré dans une écriture simple, mais non simplette. Il se lit facilement. J’en suis sorti bonifié. L’auteur a certainement voulu vendre la bonté de l’être humain. Il a réussi le pari. Même s’il a excédé à la fin en présentant, de façon expéditive, le bannissement d’une pratique odieuse, mais centenaire en Afrique. À découvrir quand vous aurez le livre en main. Son idéalisme a eu raison de la raison elle-même. Les réflexions magistralement philosophiques sont redevenues littéraires. Tout créateur est un grand rêveur. Pierre Négaud Dupénor ne s’en est pas gêné. Il a rêvé. A imposé son rêve dans les dernières parties de son roman. À vous de l’acheter argent content ou crédit. Je ne me prêche plus. J’en suis un converti.


Je souhaite à tous et à toutes la chance et le bonheur de lire “La Cougar et l’Empathe”. Vous ne serez jamais aussi humains et humaines.


Gaspard DORÉLIEN, MA

dimanche 19 avril 2020

Le pain de l'instruction à même le sol

École Nationale Claire Heureuse / Infrastructure
Reportage réalisé le 10 octobre 2006

L'absurde, l'inimaginable, l'inconcevable... deviennent des composantes liées au quotidien haïtien. En 2006, dans la capitale de la première République noire du monde, des élèves de l\école nationale qui porte le nom de l\épouse du père de la patrie, s 'asseyent à même le sol pour recevoir le pain de l'instruction. Les inspecteurs du MENFP ont-ils rendu visite même une fois à cette institution? Dure réalité haïtienne.

Oh ! Sanatorium...

Reportage réalisé le 24 mars 2006

Le sanatorium de Port-au-Prince manque de tout pour être un centre hospitalier. Pourtant, on y soigne des patients atteints de maladies pulmonaires. La formule: bonne foi et amour des médecins et du personnel soignant. Petite visite dans le grand sanatorium de Port-au-Prince, à l'occasion de la journée mondiale de la tuberculose. Bienvenue dans l'incubateur de microbe de Carrefour-Feuilles!

Hôtel Simbi Continental, une regrettable déchéance

Reportage réalisé le 16 mai 2007

C'était un fief du groupe Scorpio. Cette formation musicale durant les années 80 jouait tous les dimanches à l'hôtel Simbi Continental. C'était surtout un grand hôtel avec une cour boisée, fleurie, gazonnée et dotée d'une grande piscine. Pris d\'assaut par quelques centaines de personnes à la chute de Jean-Claude Duvalier en février 1986, l'hôtel Simbi Continental, situé entre Martissant 25 et Fontamara 27, est aujourd'hui une énorme poche de misère. Bétonnée.

jeudi 16 avril 2020

#LAlchimiste, guide vers sa légende personnelle


Je viens de rattraper un grand retard de lecture. Il y a des classiques de la littérature, si on ne les lit pas, on est indigne de s’octroyer l’étiquette de lecteur. L’Alchimiste, du célèbre écrivain brésilien, Paulo Coelho fait dignement parti de ces “must” de la lecture.

dimanche 24 novembre 2019

Unlocked


Il n’y avait presque plus de places de parking libres dans les parages.On est samedi. Il est 22h12.. La nuit est encore jeune. Dans ce club branché de Pétion-Ville, certains, après plus de deux mois, vont enfin renouer avec l’évasion des nuits arrosées de musiques américaines, d’alcool, de transes pour une liberté retrouvée. They’ve been unlocked!

lundi 11 novembre 2019

Port-au-Prince: à l'image de son Hôtel de ville

Branlant et crasseux, l'Hôtel de Ville de Port-au-Prince ne détonne pas avec le reste de la ville. Ordures, marchés, stations d'autobus et de motocyclettes, bouches d'égout à découvert, laveurs d\'autos... sont les principaux éléments qui composent l'environnement immédiat du vieux bâtiment. Visite à l'Hôtel de ville de la capitale et ses périphéries.

Grand-Rue, boulevard de l'anarchie

Il est à la fois marché, chantier, atelier, dépotoir, gare, restaurant populaire, école, hôpital, flaque d\'eau, garage, dépôt, bric-à-brac, magasin, vitrine, une route ouverte à la circulation, un boulevard..., une anarchie, une honte pour la capitale haïtienne. Le boulevard Jean-Jacques Dessalines ou Grand-Rue, en 2005, l'année dédiée à la mémoire de l'Empereur, reflète image d'un désordre organisé.

jeudi 31 octobre 2019

Être Haïtien que de nom



C’est effrayant de l’affirmer. Mais c’est un fait. Plus rien ne lie la majorité des Haïtiens entre eux. La notion de nation de Ernst Renan (philosophe, écrivain et historien français) qui renvoie à la “volonté de vivre ensemble” ne cadre absolument pas avec le tintamarre du quotidien d’Haïti en 2019. Aucune étude n’est obligatoire pour tout observateur averti d’affirmer sans ambages que pour beaucoup d’entre nous, nous ne sommes Haïtiens que de nom.

mercredi 25 septembre 2019

Prezidan Jovenel Moïse desann kanson l ankò nan diskou li a



Diskou prezidan an te anonse pou aswè madi 24 septanm lan. Men jiska inè nan maten mèkredi 25 septanm lan, gen sitwayen ki t ap plenyen sou rezo sosyo yo sou diskou sa ki pat janm prezante. Konseye kominikasyon prezidan ta dwe konnen reta nan adrès la redui nan enpak ak kredibilite kominikasyon an. Epi diskou a pa pote anyen nouvo, ankenn solisyon a kriz politik, ekonomik k ap boulvèse bil peyi a aktyèlman. 

mardi 3 septembre 2019

Employés de l’État haïtien ou les nouveaux mendiants forcés



Des contractuels du Ministère du Commerce qui ont signé leurs contrats depuis octobre 2018, n’ont encore reçu aucun salaire. Certains de la Commission Nationale de Lutte Contre la Drogue (Conald) ont reçu leurs dernières paies en décembre 2018. Des contractuels de l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (Ucref) ont reçu leurs dus depuis juillet dernier. Comment ils font pour boucler tout le mois ou leur fin de mois? Ils mendient. Tout simplement!

jeudi 22 août 2019

Motocyclette en Haïti: la mort sur deux roues



On n’a pas de chiffres. En Haïti, nous ne sommes pas des scientifiques. Nous sommes encore loin de la cueillette systématique de données sur les phénomènes qui font mouche au sein de la société. Mais tout le monde le sait, parce que chacun de nous en a été témoin au moins une fois. Les accidents, mortels ou pas, de la circulation avec l’implication des motocyclettes en Haiti sont des faits quotidiens. Depuis plus de deux décennies, la mort en Haïti roule sur deux roues.

lundi 12 août 2019

Itiya, on a ri de tout


Le public avait envie de rire. De rire du nom du président de la République, désormais, synonyme de mensonge. De rire du “pasteur-Dieu” de Delmas qui doit tout autoriser dans son église. Même les plaisirs solo de ses ouailles que seul Dieu devrait voir. De rire du parler de Jean Charles Moïse... de rire de Ayiti où tout est à l’envers. Le premier spectacle d’Amos César, Itiya, à Le Villate, le dimanche 11 août, à été un succès. Confirmé! 

samedi 20 avril 2019

Dans la splendeur d’un après-midi de vendredi saint

Deux poissons entiers sur la grille de Chez André

Le ciel à Delmas était gris et lourd. Chargé assez pour me décourager de prendre la route. Heureusement que je suis un entêté. À partir de Léogâne, le firmament portait sa belle enveloppe bleue. Le soleil de 14h souriait de mille feux. Enfin, je suis content de ce vendredi saint. Je vais à Grand-Goâve. Juste pour ce poisson boucané au bord de cette plage que je n’aime pas.

jeudi 4 avril 2019

“Il est très très dangereux de venir prendre des soins à l’Hôpital général de Port-au-Prince”

Ils sont trois à l’avoir confirmé. Deux résidents et un médecin de service. Ils travaillent tous dans ce qui est considéré comme le plus grand centre hospitalier de la première République noire du monde. Ils ne mâchent pas leurs mots: “venir prendre des soins à l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (Hueh - Hôpital général) est un acte suicidaire”.

mercredi 23 décembre 2015

Port-au-Prince - Noël, la mauvaise rime


Demain, 23 décembre, ce texte, que j'ai écrit pour le compte du quotidien Le Nouvelliste, aura 10 ans. Rien a changé depuis. Sinon pour le pire...

Port-­au­-Prince et la Noël. Des mots qui ne riment plus. Ordures dans les rues. Visage terne des principaux bâtiments publics. Le 24 décembre, pas de messe de minuit en perspective à la Cathédrale de Port­-au­-Prince. Et nulle part ailleurs. Inflation. Mauvais présage à l'approche des prochaines élections. Insécurité... La liste pourrait encore s'étendre.