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dimanche 7 février 2021

Malcolm & Marie: deux acteurs, un lieu et un chef d’oeuvre


Psychologique! Tonitruant! Malcolm et Marie est un chef d’oeuvre de film. Les deux acteurs, dans un jeu vrai, bluffant, agrémenté de dialogues cohérents et profonds… ont fait écouler 106 minutes. Comme le temps d’un clignement d’oeil. Et Zendaya (qui a été sublime) et Jhon David Washington (digne héritier de Denzel Washington) ont fait honneur au super scénario et à la majestueuse réalisation de Sam Levinson. Le genre de film qui fera le régal de tout cinéphile. Averti!  


Malcolm & Marie. Un film aussi singulier que le titre. Il n’y a eu que deux acteurs, un seul lieu de tournage et le tout servi en noir et blanc. Un film à l’ancienne tourné au goût du jour. Un scénario rempli de sens. Un combat de rabaissement psychologique dans un couple noir. Tout le film tourne autour d’un film que l’acteur, Malcolm, a réalisé. Un réalisateur qui, à ses débuts, se voyait déjà hissé dans les rangs de Spike Lee. 


Il est un Prétentieux, un fabulateur, mais un dur bosseur. La première du film que le couple venait d’assister est très prometteuse. L’oeuvre est très appréciée, même des journalistes n’avaient pas caché leurs satisfactions. À cette grande sortie, Malcolm a été parfait dans son rôle de réalisateur adulé. Mais. Il y a eu ce mais qui changera toute sa soirée. Dans ses propos, d’après la projection, il a remercié tout le monde. Sauf la personne à qui, il devrait, logiquement des remerciements: Marie. Sa compagne. Bienvenue sur le ring des hostilités d’une femme blessée!


Une lutte psychologique


C’est une redondance de dire que Malcolm & Marie est un bon film. L’histoire est forte d’un réalisme qui décoiffe. Le téléspectateur/la téléspectatrice est invité à être témoin des déballages cruels de deux personnes qui n’ont pas eu des pensées froides, d’un côté, comme de l’autre, pour démanteler tout le construit de leurs vécus. Un véritable combat pour débander l’autre et l’anéantir. La rancoeur de Marie comme celle de Malcolm est sans merci. La faute de ce dernier paraît impardonnable et ses excuses bidonnes. Du moins, au départ. La femme longiligne avec des mamelons incroyablement rebelles, ne sait pas mâcher ses mots. Elle les balance, crus, incisifs et déstabilisants dans les oreilles du fier homme. Malcolm est aussi excellent dans ce jeu. Il l’écrabouille comme un petit cafard qui ne sait courir et dégonfle les prétentions de Marie qui croyait que tout le mérite du film lui revenait parce que c’est son histoire qui est contée et qu’elle est l’inspiration de son compagnon-réalisateur. Celui-ci la canonne de révélations les plus démoralisatrices. Enfin, il lui fait comprendre que beaucoup de passages dans le film qu’elle s’était appropriés étaient inspirés de ses histoires passées avec d’autres femmes. Il lui fait aussi comprendre, dans une déclaration des plus fortes, que seul l’amour l’a poussé vers elle et le garde encore auprès d’elle. Elle pleura. 


Au cours de la même soirée, ils redeviennent amis et entamèrent la scène d’amour à laquelle devrait s’attendre le spectateur. Grosse comme une “asperge,” avec un corps appétissant, Marie s’était montrée dans une chemisette blanche contre quoi se battaient ses mamelons indociles et un dessous de la même couleur qui forçait aux devinettes coquines. 


Une critique du film est sortie sur le net. Elle ne plaît pas à Malcolm qui s’attendait à une lecture, hautement élogieuse de son oeuvre. La journaliste, une blanche est tout de suite étiquetée de raciste. Une longue monologue, hautement philosophique, donc  intellectuelle est scandée par le concerné, qui se défendait au départ, ne pas être un intello. Ce papier sur son film montre combien il craint la désapprobation des autres. Sa fulmination est pour le téléspectateur/la téléspectatrice, la preuve que ce dernier est un être émotif qui voit dans le décryptage des autres, une menace contre sa personne ou son oeuvre. Marie prend pourtant la chose avec hauteur. 


Ils recommencent à faire l’amour. On est convaincu que cela ira jusqu’au bout cette fois-ci. Mais non. Les reproches reprirent. Non, Marie fait de préférence à Malcolm la leçon. Regardez le film et vous serez contents/contentes d’apprendre la différence que cela ferait de restituer son dû à une femme.


Sam Levinson a pris beaucoup de risques. Un film, aujourd’hui, en noir et blanc avec deux uniques acteurs en huis clos sur un seul lieu de tournage peut être un ticket aller simple pour un zapping en règle. Au contraire, Malcolm & Marie a accroché. Soutenu par les rebondissements sans cesse renouvelés et le jeu crédible des deux protagonistes (même si je pense que Zendaya - Zendaya Maree Stoermer Coleman - a été une bombe dans son rôle, une maestria!), on oublie rapidement la monochromie des images. Certains plans étaient de l’ordre de la poésie. Loin d’être lassant, le dialogue soutenu des acteurs est un autre atout de ce film. L’urgence de le voir est impérieuse. Promesse de cinéphile.


Gaspard Dorélien, MA

mardi 15 décembre 2020

Fatima en pleine eau!

 “I am water”. Ce n’est, certes, pas le genre de musique profonde, exceptionnelle... qui tressaille et qui pourrait vous faire dire que Dieu doit être un musicien/chanteur. Mais elle est loin, très loin d’être ridicule. “I am water” signe une belle nouvelle page dans la carrière de la plus belle chanteuse haïtienne de la présente génération. Ce nouveau morceau est aussi la confirmation de la polyvalence de Fatima qui, même en pleine eau, prend l’anglais par les cornes. 


C’est un texte facile qui ne se prêtera à aucune réflexion savante. Mais c’est le genre de paroles légères que tout le monde se métrera volontiers dans la bouche. C’est aussi une affirmation positive, une confiance en soi qui rappelle au “boy” que quelque soit la cas de figure, elle est de l’eau, il reviendra. “I am water” est le fruit d’une coopération avec le DJ Fredy Muks, d'origine camérounaise, qui est aussi producteur qui compte compte à son actif, plusieurs musiques avec des artistes comme Amel Rose.


Ce premier essai de Fatima dans la chanson en anglais est un pas qui promet. Selon ma lecture. L’artiste dégage du bon et du beau. La vidéo qui accompagne ce single est une vraie réussite. À tous les niveaux, oserai-je! La mise en scène, la chorégraphie avec les deux danseurs et Fatima avec tout son “sex appeal”  ont contribué à accouché un travail que l’on prend plaisir à regarder en boucle sur la chaîne YouTube de la très jolie chanteuse. 


Dans la vidéo, c’est une Fatima sexy qui n’hésite pas à s’essayer à des petits déhanchements dignes de danseuses maîtresses de leur corps. 



C’est sans hésitation que je vous invite à faire le détoure sur la chaîne YouTube (Fatima Altieri Ofisyèl 🎶) pour une délectation en bonne et due forme de l’artiste qui sans se couler, prend de l’eau.


Gaspard Dorélien, MA




dimanche 19 avril 2020

Le pain de l'instruction à même le sol

École Nationale Claire Heureuse / Infrastructure
Reportage réalisé le 10 octobre 2006

L'absurde, l'inimaginable, l'inconcevable... deviennent des composantes liées au quotidien haïtien. En 2006, dans la capitale de la première République noire du monde, des élèves de l\école nationale qui porte le nom de l\épouse du père de la patrie, s 'asseyent à même le sol pour recevoir le pain de l'instruction. Les inspecteurs du MENFP ont-ils rendu visite même une fois à cette institution? Dure réalité haïtienne.

Nadia, l’innocence volée à 9 ans

On l’appellera Nadia. Car elle redoute amèrement d’être reconnue. Elle a été violée le jour de la Noël. Le 25 décembre 2010. Nadia avait 9 ans. L’âge qui portait toute son innocence.  C’était par un “bienfaiteur” canadien venu apporter des jouets et de l’aide à l’orphelinat où sa mère l’avait abandonnée quand elle avait 3 mois. Vous pensez avoir déjà vécu l’enfer? Lisez d’abord l’histoire de Nadia, voguant avec moult  dérives sur le tumultueux fleuve de la vie en Haïti.

Oh ! Sanatorium...

Reportage réalisé le 24 mars 2006

Le sanatorium de Port-au-Prince manque de tout pour être un centre hospitalier. Pourtant, on y soigne des patients atteints de maladies pulmonaires. La formule: bonne foi et amour des médecins et du personnel soignant. Petite visite dans le grand sanatorium de Port-au-Prince, à l'occasion de la journée mondiale de la tuberculose. Bienvenue dans l'incubateur de microbe de Carrefour-Feuilles!

Hôtel Simbi Continental, une regrettable déchéance

Reportage réalisé le 16 mai 2007

C'était un fief du groupe Scorpio. Cette formation musicale durant les années 80 jouait tous les dimanches à l'hôtel Simbi Continental. C'était surtout un grand hôtel avec une cour boisée, fleurie, gazonnée et dotée d'une grande piscine. Pris d\'assaut par quelques centaines de personnes à la chute de Jean-Claude Duvalier en février 1986, l'hôtel Simbi Continental, situé entre Martissant 25 et Fontamara 27, est aujourd'hui une énorme poche de misère. Bétonnée.

Paroles tafia

Ils descendent. Ils accélèrent. Qu’est-ce je ne donnerais pas pour pouvoir lire dans la tête de chaque conducteur qui dévale l’autoroute de Delmas. Sont-ils heureux? Ils vont où par cette nuit noire comme de l’encre? Il y a-t-il quelqu’un qui les attend avec impatience à la maison? Vont-ils danser ce vendredi soir? Sûrement pas! S’ils descendent, peut-être qu’ils ne vont pas que danser. Ils ne vont pas se recréer sainement. En bas, c’est la prostitution. En bas, ce sont les serveuses, toutes, les mêmes hauts et les mêmes bas, aguicheuses à souhait. Des prostituées qui ne disent pas leur nom. Je déteste les excuses. Mais, il paraît qu’elles n’ont pas tellement le choix. C’est soit la prostitution de classe soit crever de faim.

“What a wonderful world”

J’ai descendu les vitres. L’air, au dehors, par cette nuit de lundi d’avril, n’était pas très frais. Mais la vitesse de mon déplacement le rendait assez agréable. J’étais content de partager avec la rue, les notes agréables de “What a wonderful world”, la chanson mythique du grand jazzman Afro-américain, Louis Armstrong, que crachaient avec rage de plaisir les haut-parleurs enroués de mon “Apye pi mal”.

vendredi 7 février 2020

3 ans d’échec de Jovenel Moïse


Nul besoin d’être un opposant au pouvoir “Tèt kale” du poulain de l’égrillard Michel Martelly, Jovenel Moïse, pour constater que ce dernier a piteusement échoué comme président de la République d’Haïti. Après trois ans passé à la tête du pouvoir, tous les voyants du pays, indistinctement, sont passés au rouge. Bilan, non exhaustif, d’un incontestable échec.

dimanche 24 novembre 2019

Unlocked


Il n’y avait presque plus de places de parking libres dans les parages.On est samedi. Il est 22h12.. La nuit est encore jeune. Dans ce club branché de Pétion-Ville, certains, après plus de deux mois, vont enfin renouer avec l’évasion des nuits arrosées de musiques américaines, d’alcool, de transes pour une liberté retrouvée. They’ve been unlocked!

lundi 11 novembre 2019

Port-au-Prince: à l'image de son Hôtel de ville

Branlant et crasseux, l'Hôtel de Ville de Port-au-Prince ne détonne pas avec le reste de la ville. Ordures, marchés, stations d'autobus et de motocyclettes, bouches d'égout à découvert, laveurs d\'autos... sont les principaux éléments qui composent l'environnement immédiat du vieux bâtiment. Visite à l'Hôtel de ville de la capitale et ses périphéries.

Grand-Rue, boulevard de l'anarchie

Il est à la fois marché, chantier, atelier, dépotoir, gare, restaurant populaire, école, hôpital, flaque d\'eau, garage, dépôt, bric-à-brac, magasin, vitrine, une route ouverte à la circulation, un boulevard..., une anarchie, une honte pour la capitale haïtienne. Le boulevard Jean-Jacques Dessalines ou Grand-Rue, en 2005, l'année dédiée à la mémoire de l'Empereur, reflète image d'un désordre organisé.

jeudi 31 octobre 2019

Être Haïtien que de nom



C’est effrayant de l’affirmer. Mais c’est un fait. Plus rien ne lie la majorité des Haïtiens entre eux. La notion de nation de Ernst Renan (philosophe, écrivain et historien français) qui renvoie à la “volonté de vivre ensemble” ne cadre absolument pas avec le tintamarre du quotidien d’Haïti en 2019. Aucune étude n’est obligatoire pour tout observateur averti d’affirmer sans ambages que pour beaucoup d’entre nous, nous ne sommes Haïtiens que de nom.

samedi 19 octobre 2019

Vous êtes un sale hypocrite Monsieur le Président : lettre ouverte au président de la République d’Haïti



Président Jovenel Moïse,

Je me passerai des formules de politesse hypocrites. La gravité de la situation m’en prive. Je vais droit au but. Mes propos sont ceux d’un citoyen haïtien privilégié (parce qu’il  a pu faire des études en Haïti et à l’étranger et travaille, entreprend, enseigne et peut encore manger à sa faim mais qui est horripilé face à la misère extrême des millions de ses frères et sœurs haïtiens et haïtiennes). Mais ce citoyen est on ne peut plus frustré, abattu, en colère et qui avoue son impuissance face à la dégradation de son pays par votre seule incompétence de bien diriger la barque nationale.

mardi 8 octobre 2019

Quel plan pour la transition d'après Jovenel?

Pa gen dout prezidans Jovenel Moïse la pa bay ankenn rezilta. Ayiti vin pi pòv, lavi vin pi chè, peyi a vin pi kowonpi depi lè li la a. Tout etid nasyonal ak entènasyonal yo demontre sa. Sak sèten tou, ak tout presyon lari a, l ap blije kite pouvwa avan fen manda 5 kan li an. Opozisyon an ak anpil gwoup òganize ap pale de chanjman sistèm ki dwe fèt. Ki plan tranzisyon apre Jovenel Moïse la genyen? Kòman chanjman sistèm y ap pale a ka rive fèt? Men yon plan sou fòm kesyon ki ta ka debouche sou chanjman sistèm lan vre.

samedi 5 octobre 2019

Ce dont parle le pamphlet de Rénald Lubérice


“Ce dont Réginald Boulos est le nom”, loin d’être un essai, comme se veut l’auteur, est un pamphlet qui désigne, à renfort de justifications, les acteurs économiques d’Haïti comme des oppresseurs et du coup, responsables de tous les malheurs du pays. Selon Rénald Lubérice, le médecin, homme d’affaires et politique nouvellement assumé, Réginald Boulos est l’incarnation de ce système. Tout ce dont parle ce pamphlet, dans les lignes qui suivent.


mercredi 25 septembre 2019

Prezidan Jovenel Moïse desann kanson l ankò nan diskou li a



Diskou prezidan an te anonse pou aswè madi 24 septanm lan. Men jiska inè nan maten mèkredi 25 septanm lan, gen sitwayen ki t ap plenyen sou rezo sosyo yo sou diskou sa ki pat janm prezante. Konseye kominikasyon prezidan ta dwe konnen reta nan adrès la redui nan enpak ak kredibilite kominikasyon an. Epi diskou a pa pote anyen nouvo, ankenn solisyon a kriz politik, ekonomik k ap boulvèse bil peyi a aktyèlman. 

mardi 3 septembre 2019

“Encore un soir”, une ode au temps qui s’égoutte et disparaît


Le temps peut être si volatile. Et il peut être tellement lent aussi qu’on arrive des fois à s’oublier dans ses bras. Le temps peut être tellement disparate avec ses secondes de bonheur et de joie. “Encore un soir”, de Céline Dion est la plus belle chanson sur le temps qui s’égoutte et disparait.

Employés de l’État haïtien ou les nouveaux mendiants forcés



Des contractuels du Ministère du Commerce qui ont signé leurs contrats depuis octobre 2018, n’ont encore reçu aucun salaire. Certains de la Commission Nationale de Lutte Contre la Drogue (Conald) ont reçu leurs dernières paies en décembre 2018. Des contractuels de l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (Ucref) ont reçu leurs dus depuis juillet dernier. Comment ils font pour boucler tout le mois ou leur fin de mois? Ils mendient. Tout simplement!

jeudi 22 août 2019

Motocyclette en Haïti: la mort sur deux roues



On n’a pas de chiffres. En Haïti, nous ne sommes pas des scientifiques. Nous sommes encore loin de la cueillette systématique de données sur les phénomènes qui font mouche au sein de la société. Mais tout le monde le sait, parce que chacun de nous en a été témoin au moins une fois. Les accidents, mortels ou pas, de la circulation avec l’implication des motocyclettes en Haiti sont des faits quotidiens. Depuis plus de deux décennies, la mort en Haïti roule sur deux roues.