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mercredi 12 février 2025

Dre Mary : “une mort sans douleur, s'il vous plaît"

 Je ne sais pas quoi en dire. Je suis tiraillé entre reconnaître que c’est une excellente série et une aversion pour ceux qui sont derrière cette réalisation où la mort se commande comme un gâteau à la vanille : douce et agréable.


J’ai même eu envie d’essayer cette mort douce au “Pentobarbital”. Au départ, j’ai cru que ce nom de sérum de la mort était une création spéciale pour la série. J’ai hésité à le googler. Mais c’était tellement récurrent que j’ai fini par le faire. Le grand choc : le Pentobarbital existe. Et, comme dans la série, il aide à mourir de la façon la plus douce. On tombe dans le sommeil, et s’il existe effectivement un au-delà, on se réveillera tranquillement, sans heurt et sans douleur de l’autre côté.

Dans cette série “Dre Mary : mort sur ordonnance”, qui compte trois saisons, chacune composée de six épisodes, sortie en 2017 et disponible sur Netflix depuis le début de cette année, une docteure, aidée d’un chirurgien esthétique ayant perdu sa licence de praticien, “aide”, pour 10 000 dollars, des malades en phase terminale à bénéficier du luxe de mourir sans souffrir. La règle d’or de cette paire d’anges de la mort, c’est que la commande doit venir de la personne concernée et qu’un diagnostic médical ait condamné l’intéressé(e).

La docteure Mary Harris défend des arguments avec ferveur tout au long de la série, affirmant que la vie appartient à celui ou à celle qui la vit et qu’il ou elle devrait pouvoir décider quand la laisser partir. Cela permet d’éviter les douleurs qui précèdent une mort certaine, laquelle l’attend au bout du tunnel. C’est un véritable plaidoyer pour le courant de l’aide à mourir. Ce sujet m’a presque accueilli au Canada à mon arrivée sur cette terre d'accueil à la fin de 2022. Presque tous les jours, la seule station de radio que j’écoutais, Radio Canada, en parlait. Et justement, la série se déroule au Canada. J’y ai reconnu les plaques d’immatriculation de l’Ontario, la neige, les rivières et lacs gelés, et la ville de Montréal est mentionnée non pas comme une ville étrangère, mais comme une région du même et vaste territoire. Pour ne pas vous “spoiler”, j’éviterai d’en dire plus. Néanmoins, l’histoire m’a captivé depuis qu’elle m’a été recommandée par la seule personne avec qui je partage mon compte Netflix.

Le jeu des acteurs est très bon. L’histoire est cohérente. Les plans, la musique, les costumes, les accroches, les obstacles imposés aux protagonistes… tout a été habilement ficelé.

Le seul hic, c’est la mort que vous allez devoir digérer comme un gâteau à la vanille. C’est si bien présenté que l’envie d’essayer pourrait vous titiller l’esprit. Âmes aux penchants suicidaires, s’abstenir, s'il vous plaît.

12.02.25 
2 h 40 AM

mercredi 11 décembre 2024

Oh my Gad!



Il n’a plus ses cheveux. Les seuls qui lui restent sont tous blancs. Pire, il est plus chauve qu’avant! Le temps ne l’a pas épargné. Ce n’est plus le Gad que je regardais dans Papa est en haut… Le temps s’est bien foutu de lui. Mais! Mais, son humour est resté intact!

Le mercredi 11 décembre 2024, au Centre Bell, au cœur de Montréal, Oh my Gad!



J’ai ri jusqu’aux larmes! Et j’ai pleuré aussi quand il a parlé de son rêve de devenir comédien. Il est resté cet humoriste qui me donnait le hoquet à force de rire.


Devant l’écran de mon PC, sur YouTube, je me marrais en 2012. Depuis, je ne le ratais pas. J’ai vu tous les extraits ou spectacles entiers disponibles sur toutes les plateformes ou sur Canal. J’ai vu tous ses films ou séries. Et j’ai toujours rêvé d’assister, en vrai, à l’une de ses représentations. On l’avait annoncé en Haïti après Rachid Badouri et tous les autres. Mais j’imagine que ça n’a pas pu être possible. Il n’est jamais allé en Haïti. Mais quel bonheur de le trouver au Canada!


Il est devenu philosophe. Ou plus. Il prône l’union. Ou davantage. Mais, pendant ces deux heures, il a surtout fait l’apologie du délire. Il a poussé les limites de l’imaginaire et en a fait son terrain de jeu.

Avec Gad, on ne voit ni ne sent le temps filer.



Il change de sujet aussi souvent qu’il le désire. Il improvise dans ses interactions avec le public et donne des répliques aussi parfaites que celles inscrites dans son script.


Une charmante Haïtienne qui a partagé le siège 7 d’à côté du mien, à la sortie de la porte 14, a crié sans retenue : “Gad, c’était BON!” Un cri sincère qui témoigne d’une très haute satisfaction!

Oh my Gad!


Gaspard Dorélien, MA

Montréal, 

11.12.24

23h23



dimanche 17 novembre 2024

Sublime rendez-vous de Beethova Obas à Gatineau

 Sans fioriture, sous le rythme d’instruments adroitement travaillés, Beethova Obas a marqué un rendez-vous de l’Histoire d’Haïti à Gatineau. À travers un concert au Musée canadien de l’Histoire, le légendaire artiste haïtien fort de 35 ans de carrière a ravi un public de tous âges le dimanche 17 novembre. Petit compte rendu! Exhaustif à souhait!



“On ne se lassera jamais de se remémorer ce haut fait d’armes de notre histoire. La grande victoire de l’armée indigène contre les forces colonialistes françaises à Vertières, le 18 novembre 1803, est une branche à laquelle nous restons accrochés, même loin d’Haïti”,
murmure à mon oreille une spectatrice d’une soixantaine d’années lors du concert "Rendez-vous avec l’histoire" de Beethova Obas. Ce spectacle, organisé dans le théâtre du Musée, s’est révélé être un franc succès. Fidèle à son style et à ses trois décennies de carrière, Beethova a livré pendant trois heures ses plus belles compositions. À en croire les réactions du public, la prestation a largement répondu aux attentes. 


19h02.
Des bruits d’orage marquent les premières secondes du spectacle, suivis d’une introduction contextualisant l’événement. Malgré la situation chaotique d’Haïti en 2024, les organisateurs ont tenu à commémorer cette date historique : le 18 novembre 1803, la bataille de Vertières, prélude à l’indépendance haïtienne proclamée le 1er janvier 1804. Un extrait du discours d’Edgar Leblanc Fils, prononcé à l’ONU le 26 septembre, a été diffusé. L’ancien président du Conseil présidentiel y rappelait l’épopée de 1804 et la dette imposée par la France, freinant le développement de la jeune nation.

19h07. Beethova, guitare à la main, fait son entrée par le côté gauche de la scène. Le premier morceau est une invitation au rassemblement, un geste plus que nécessaire dans le contexte actuel d’Haïti.

19h13. Après un chaleureux “Je suis très heureux d’être avec vous ce soir,” un spectateur réplique spontanément “nou menm tou” (nous aussi).


De là jusqu’à 21h40, un lien sincère et complice s’est tissé entre l’artiste engagé et une salle comble aux trois quarts. Son œuvre, témoignage de son dévouement à son pays, a ému et enchanté le public.

Des classiques tels que “Nou pa,” “Si,” “Tchele tchele” et “Vant kòde” se sont enchaînés, suscitant parfois des larmes chez les spectateurs. À 20h01, une pause a permis à Beethova de souligner avec humour : “À mon âge, mes fans aussi ont besoin de pauses pour se soulager.”

Pendant l’interlude, l’Ambassadeur d’Haïti au Canada, Weibert Arthus, a remercié l’artiste pour son engagement et sa musique. Une plaque honorifique lui a été remise par la mission diplomatique.

Dans le public, on comptait aussi la présence de la Consule générale d’Haïti à Montréal, Mme Guerline Frédéric Desrosiers.


À 20h34, Beethova revient sur scène sans sa chemise blanche et sa veste bleu marine. Et sans les musiciens et choristes. C’est un maillot noir avec l’inscription “Nou se bon bagay” qu’il présente la deuxième partie du spectacle. 

Il chantera “Bravo manman”, seul sur scène, avec sa guitare, “Bravo manman”. Un pur moment de tendresse. 


“Kè m poze”, le 11e morceau est un mélange de “sauce cubaine, de rythmes haïtiens et d’harmonies brésiliennes”, explique l’artiste.



Suivront “Eleman”, “Bon baya”, “Ti papa” puis finalement “Couleur café” et “Lina”. Dans la dernière partie, face à un public conquis, Beethova a fait de sa la salle son choeur. Celle-ci, enjouée et euphorique, s’est prêtée au rôle.


Ce n’était pas un concert pour danser. Non plus pour se faire caresser le tympan par des accords de voix angéliques. Bien qu’au dernier morceau “Lina”, l’assemblée, comme une seule personne s’est mise debout pour danser et faire entendre sa voix. Ce spectacle a été surtout un moment où la magie des paroles remplies de sens s’est combiné aux instruments pour accoucher une expérience unique. Un temps avec Beethova c’est réfléchir sur nos manquements, nos doutes, nos dérives mais aussi sur notre résilience, nos exploits passés, notre haïtianité, notre identité de peuple inventeur de la liberté.


Gaspard DORÉLIEN

Ottawa,

17.11.24

23h23

samedi 24 août 2024

Bélo, Ottawa, Intimité…

 Dix-neuf ans de carrière et une première prestation à Ottawa. Dans une atmosphère intime, l’artiste de Lakou Trankil a réinventé la scène du Richcraft Theatre, situé dans la chic banlieue d’Orléans à Ottawa. Ce samedi 24 août, Bélo a joué à guichet fermé, captivant un public conquis. Immersion dans un concert où la qualité musicale s’est harmonieusement mêlée à la finesse d’un auditoire averti.

Si le temps peut marquer certaines voix de ses rides, il a, chez Bélo, sublimé la sienne. Tout comme son physique, resté inchangé, le talent du Champion Découvertes RFI Musique du monde 2006 n’a fait que se bonifier. L’artiste engagé a offert à son public un moment de proximité, révélant ses origines, ses défis, ses interdits, et son amour irréversible pour la musique de qualité, ainsi que son attachement profond à son pays natal. Son engagement à chanter ce qui résonne pour Haïti a été au cœur de cette rencontre.

À 19h54, Bélo est monté sur scène sous les applaudissements enthousiastes du public. Le concert a débuté avec "Mizik a Jah", extrait de son premier album paru en 2005 sous le label Solèy Sounds, qui avait déjà marqué l’avènement de l’icône du Ragganga.

Avant le deuxième morceau, Bélo, avec une modestie empreinte de fierté, a partagé ses origines : celles d’un petit garçon rêveur, grandi dans un quartier défavorisé de la capitale haïtienne. En Haïti, la voie artistique est souvent décriée, perçue comme un chemin menant à la débauche, la drogue, et la pauvreté assurée par les parents. Sa mère, analphabète et "Dâme Sarah",voulait pour son fils un avenir stable, loin de la musique. Mais malgré ces interdictions, Bélo a suivi sa passion. S’il a étudié la comptabilité, c’est finalement la guitare qui est devenue sa compagne, sa voix singulière, reconnaissable entre mille, l’a porté sur la scène 

La deuxième musique exécutée est un hommage à ce que Bélo appelle une magnifique ville de son pays, Jacmel.

Entre la troisième et la quatrième chanson, Bélo a raconté l’histoire de "Jasmine", l’unique titre de son premier album qu’il n’a pas écrit. C’est avec celui-ci que le public l’a découvert en 2005. Il a été sur toutes les lèvres à cette époque. Entrainant à souhait, ce texte écrit par Moneyrich, a été enregistré, gracieusement, pour la première fois en 1996, dans le studio du géant de la musique haïtienne, Dadou Pasquet.

Jasmine n’a pu être distribué dans les différentes stations de radio de la capitale pour une seule raison: une cassette de marque TDK Type II. Celle-ci coûtait à l’époque 25 gourdes. L’équivalent de de 25 sous canadiens au taux d’aujourd’hui. Toute l’équipe de Bélo réunie, le manager compris, n’avait pas les moyens pour acheter plusieurs TDK Type II que les radios exigeaient pour recevoir une musique destinée à être diffusé en onde. C’était pour une bonne cause, car l’énorme succès de Jasmine en 2005 à imposer Bélo dans le registre des fabricants de la musique de qualité en Haïti et ailleurs. 

Le public qui pouvait intervenir dans les intermèdes a pressé Bélo de revenir. Surtout à l’hiver pour rameuter, à travers sa musique, la chaleur d’Haïti dans le froid glacial du Canada. 

Pendant deux heures, le public du Richcraft Theatre a voyagé dans l’Haïti du début du millénaire, avec Bélo interprétant seize titres de son répertoire. La soirée a été marquée par des moments d’émotion intense (une âme sensible a versé discrètement de chaudes larmes sur Lakou Trankil). 

À 21h23, les dernières notes du légendaire Lakou Trankil retentit dans la salle, où toutes les chaises, le temps de son exécution, étaient orphelines. Petits, très petits et grands se sont donnés à coeur joie dans ce morceau aux paroles qui réclament la paix, le changement et le respect dans ce qui est considéré comme la plus petite agglomération dans l’espace rural d’Haïti: lakou. Si tous ont dansé, chanté, une certaine personne, obnubilée par une chronique nostalgie d’Haïti, n'arrêtait pas de s’éponger les joues, d’où ruisselaient des larmes brulantes. 

21h40, Jasmine, revisité à l’occasion, a enflammé le théâtre. Ce morceau est resté dans le coeur, la tête et l’âme des plus anciens et a aussi été bien accueilli sur le territoire des plus jeunes. 

Cette prestation de Bélo, loin d’être ordinaire, a été marquée par des éléments extraordinaires. Le guitariste, le batteur, le claviériste et le bassiste, qui n’en étaient qu’à leur deuxième collaboration avec Bélo – après un concert à Montréal la veille –, ont joué avec une telle aisance qu’on aurait pu croire qu’ils accompagnaient l’artiste depuis toujours. Ottawa, habité par un public réputé casanier, a pourtant offert à Belo un événement affiché complet dès le vendredi précédent. Parmi les spectateurs, des enfants de 7 ans côtoyaient des sexagénaires, et tous, d’une seule voix, chantaient les succès de Bélo.

Bélo en toute intimité à Ottawa, un moment de qualité, une communion sincère avec un artiste dont le talent continue de séduire une audience sélective. Le prochain arrêt de l’artiste sera dans le Connecticut, aux États-Unis, le 3 octobre.

Ottawa
24.08.24
23h58



mercredi 10 avril 2024

Stoïque 10 avril

 “Desert rose” ne m’a pas raté ce matin. Je me suis retenu pendant que j’avais une passagère avec moi. Elle est descendue. La voix de Sting est restée. Et là, j’ai mouillé même ma cravate pendant que je traversais cette Ottawa ensoleillée. Mais avant d’arriver au parking sous-terrain du bureau, j’ai laissé Mary J. Bridge prendre la place à mes tympans dans “Family affair”. Je ne peux pas revenir et effacer les souvenirs des 8 précédents 10 avril, celui-ci, je peux décider d’en faire un nouveau qui sera agréable à revivre l’année prochaine. Je me suis heureusement rappelé que je pouvais être stoïque. 


Le premier 10 avril, j’étais à Vegas. Il y avait plein de promesses: amour, fidélité, soutien mutuel… C’est là que tout a commencé. Le deuxième à Haïku, à l’Hôtel Royal Oasis, à Pétion-Ville…, un super beau moment… Le quatrième, solitaire, mais satisfait, devant plusieurs Prestige fraîches et des olives vertes épicées à Station 73, à Delmas. Le 6e, sur le sable chaud d'une plage à Las Terrenas, en République Dominicaine... Le 8e dans un sous-sol, à Orléans, au Canada, essayant de récoler des morceaux cassés qui ne pouvaient absolument pas se recoller, ça je ne l’ai réalisé qu’entre le 13 et le 20 juillet 2023.


Le 9e là, je vais envoyer un courriel responsif, je serai facturé pour la réception, la reformulation et le transfert à qui de droit. C’est le premier 10 avril où je me fais une dette pour avoir envoyé un courriel. Mais je comprends et accepte que tout a un prix. Je paierai pour ce courriel pour ne plus être lié aux désormais, funestes souvenirs du 10 avril. 


Toujours se focaliser que sur ce que l’on peut contrôler. Et non l'inverse. Quand on réalise cela, on est stoïque. 




Gaspard DORÉLIEN 

Ottawa

10.04.24

10:24

vendredi 22 mars 2024

Dormir, rêver et rêver !

 

Dans mes rêves, je reste très rarement au Canada. Je m’envole toujours vers des contrées pour vivre ce que mon subconscient cache ou ce que mon conscient convoite. Hier soir, ou peut-être ce matin, durant de longs instants, je suis retourné en Haïti. J’ai redécouvert la mer, Miss AnayizZ, Mirebalais, des gens que j’aime et d’autres que j’ai aimé. C’était beau! C’était vrai! Je donnerais beaucoup pour que ça dure longtemps. Très longtemps. 

À mon réveil, tard, bien tard ce matin, j’étais bouleversé. Non que je désapprouve la réalité de mon nouveau monde, mais les sensations éprouvées dans le rêve étaient douces, authentiques et profondes. J’ai revu ma terre natale dans des moments de loin meilleurs que ceux d’aujourd’hui. J’ai renoué avec des personnes qui me sont chères, vécu des moments d’une qualité exceptionnelle. 

Des têtes toxiques ont aussi traversé cette parenthèse enchantée. Leur présence, toutefois, pâlissait face à la lumière des belles âmes qui animaient mon rêve.

Au-delà des livres, je suis convaincu que pouvoir rêver et se souvenir des détails constitue la plus belle échappée, permettant de savourer ou de resavourer le bonheur d’ailleurs. Comme j’aimerais retrouver Haïti avec cette même sérénité qui m’a envahi dans le rêve de ce matin. Retrouver ces belles personnes qui étaient sincères et qui le demeurent jusqu’à ce jour !

Ottawa
22.03.24
12h12

vendredi 8 mars 2024

Pause indienne au curry


C'est nous qui avons rompu le silence des lieux avec la musique que j'écoute depuis hier soir : "Coming Home" de Diddy - Dirty Money et la voix envoûtante de Skylar Grey. C'était paisible. Mais dès l'instant où ma collègue et moi avons franchi la porte en verre, l'odeur du curry nous a enveloppés. Notre pause de ce vendredi était incarnée par ce curry, pardon, ce restaurant indien !

Alors que je m'occupais du paiement du parking, un aimable monsieur est venu m'offrir son ticket encore valable pour plus d'une heure. Nous y avons vu un signe bienveillant du destin. Notre pause déjeuner s'annonçait merveilleuse !

Nous n'avions pas prévu de laisser le hasard décider de notre menu pour notre rendez-vous désormais incontournable du vendredi. Depuis notre dernière escapade dans la cuisine marocaine, j'avais opté pour un restaurant libanais situé presque en face du CasaBlanca, dans le marché d'Ottawa, à la rue ByWard en plein coeur de la capitale fédérale. Mais cette adresse de cuisine libanaise étant en pleine rénovation, fort heureusement, à une encablure de là, un petit restaurant indien a brillamment suppléé notre choix initial manqué. Le silence était appréciable, mais le curry était sublime.

J'ai immédiatement prévenu ma collègue que j'opterais pour un plat au curry. Mais je n'avais pas réalisé que tout était imprégné de cette épice que j'affectionne tant. Son arôme était omniprésent dans le lieu, promettant une caresse gustative pour nos palais.

"Qu'est-ce que le curry ?" me demanda ma collègue, à ma grande surprise. J'avais tout simplement oublié que tout le monde n'était pas aussi passionné de cuisine que moi. On peut être un fin gourmet sans nécessairement connaître toutes les cuisines du monde.

Nous avons finalement opté pour le poulet au curry et le poulet au beurre accompagnés du légendaire riz basmati. Ma collègue a été séduite par le poulet au curry. En fait, elle avait déjà savouré cette épice, si caractéristique de la cuisine indienne; c'était simplement le nom qui lui était inconnu. Plusieurs fois, elle a exprimé son admiration pour son plat baignant dans une sauce de lait de coco au curry. 


Ce n'était pas comme au CasaBlanca, notre dernière halte, où nous avions eu l'impression de voyager à Marrakech, au Maroc, avec les sons, les visuels et les saveurs de ce pays africain. Ici, dans ce restaurant d'authentique cuisine indienne, nous étions charmés uniquement par l'arôme exquis du curry et un repas qui a grandement satisfait nos estomacs.

En partant, nous avons repéré une enseigne italienne dans les environs. Nous n'avons rien promis encore, mais il se pourrait bien que nous nous laissions tenter par la basilique et les tomates le week-end prochain !




08.03.24
19:19

mardi 27 février 2024

Ce que l’amour n’est pas…

 Il est loin d’être l’histoire de Roméo et Juliette. Il n’est pas ce refuge où nos besoins seront comblés.  Ce n’est le complément des fragments manquants de notre être. Il ne se réduit pas à une salle d'attente de nos espérances. La littérature, le cinéma, la musique… nous ont souvent présenté l'amour comme un abri sous lequel trouver le bonheur. Je vous le dis, en vérité, l’amour n’est absolument rien de tout cela. Souffrez, en lisant les lignes qui suivent, que la bulle illusoire s’éclate.



Nous avons tous grandi avec des blessures que l’on porte dans notre âme, dans notre coeur et que nous reflétons dans nos comportements vis-à-vis des autres. Ces blessures, qu’on arrive difficilement à refermer, créent des êtres incomplets, révoltés, dépendants, haineux, méfiants, manipulateurs, tristes… et inévitablement malheureux et qui souvent rendent les autres encore plus malheureux. L’amour n’est pas un réparateur d’enfance malheureuse. L’amour n’est pas un pansement à nos blessures. L’amour ne recolle pas les morceaux d’un coeur qu’on a donné en pâture à un/une pervers (e) narcissique.  


Nous espérons tous que l'amour viendra combler nos vides, guérir nos blessures de rejet, d'abandon, d'humiliation, d'injustice et de trahison. Pourtant, nous nous trompons. Jamais l’autre ne remplira ces cases vides. Jamais l’autre ne devinera ces attentes - et même si elles sont sues, même avec toute la volonté du monde il/elle ne réussira pas à les satisfaire - et s’atteler à nous combler. L'amour ne repose pas sur l'autre pour trouver paix et harmonie. Ce n’est pas là, la fonction de l’amour. Entrer incomplet dans une relation en espérant en ressortir comblé est une illusion. Il n’en sera jamais autrement.


Cette réalité peut être dure à accepter. Lorsque Shakespeare nous donne Roméo et Juliette, et que notre culture célèbre cette histoire comme l'archétype de l'amour véritable, il est facile de croire que l'autre est notre sauveur ou quand l’autre s’en va, on croit que la vie n’a plus de sens et ne mérite plus d’être vécu. Quand les “plus belles chansons” nous disent que l’autre est le soleil de nos jours, la lune de nos nuits, notre plus beau rêve… notre raison de vivre… et que les “plus belles histoires” qu’on nous vende nous présente des personnages qui s’oublient pour l’autre parce que sans lui/elle nous sommes incomplets (tes), c’est normal que l’on croit aujourd’hui, l’amour, c’est l’autre. Le bonheur, c’est l’autre. L’avenir, c’est l’autre. Et que sans lui/elle la vie est une bière sans alcool. Du gateau sans sucre. Une musique muette. 


Devinez quoi? L'amour ne se trouve pas dans l'autre. Il ne commence pas avec ce regard aguicheur et insistant, un dernier vendredi de janvier. Non plus en contemplant un sourire café au lait sur une photo qu’on a prise un premier dimanche de février à l’église. Ne faites pas attention aux deux dernières phrases. Ce ne sont que des exemples. Fictifs. 


L'amour naît en nous. Il est intrinsèque et s'épanouit de l'intérieur. Pour aimer autrui, il est essentiel de s'aimer soi-même.


Beaucoup d’entre nous qui disons être des disciples du Christ et attendons le secours du bonheur de l’autre, ne comprenons pas un de ses plus importants préceptes: “aime l’autre comme toi-même”. Les premises de cette recommandation soulignent que pour donner de l’amour, il faut l’avoir déjà expérimenté avec soi-même. Jésus par cette parole nous dit indirectement que l’on doit s’aimer d’abord. Qu’il est normal de s’aimer. Que l’apprentissage de l’amour commence avec soi-même. S'aimer n'est pas égoïste, c'est le fondement même de l'amour véritable. On ne peut pas aimer l’autre si on ne s’aime pas soi-même. 


Bon là, Jésus n’a rien pipé sur les milliards de raisons qui peuvent nous empêcher de nous aimer d’abord. Mais dans leurs gênes, l’homme et la femme avaient heureusement cette faculté qu’on appelle intelligence. Cette dernière nous a permis au fil des millénaires, de comprendre, d’analyser et même de prévoir nos schémas de comportement. Saviez-vous qu’un enfant non désiré ou abandonné par son père, en embryon étant, connait déjà le rejet et l’abandon? Saviez-vous que telles blessures, si elles ne sont pas colmatées par un amour inconditionnel de son plus proche entourage feront de lui ou d’elle un être qui va très mal “dealer” avec l’amour? Ce n’est q’un  exemple parmi tant d’autres.


Devenu (e) adulte, celui ou celle qui n’a jamais été conscient (e) de ces déchirures comptera toujours sur les autres pour le guérir ou fera subir aux autres les maux qui érodent son être. Il/elle deviendra un ou une dépendant (e) affectif (ve) ou un/une pervers(e) narcissique. La première pathologie a plus de chance d’être circonscrite si elle est identifiée et que la personne qui en souffre trouve de l’accompagnement auprès de professionnels de la santé mentale. Quant à la seconde, les possibilités de guérison sont infiniment minces. Un/une perverse narcissique c’est comme un vampire qui ne vit que de sang. Celui-ci ou celle-ci vit pour faire souffrir l’autre et est dépourvu de toute empathie. Il/elle manipule, minimise, développe une dépendance chez l’autre par rapport à lui/elle… Mais tout ceci c’est pour combler son insécurité viscérale. 


Sans cette auto-acceptation, nous devenons soit des victimes, soit des bourreaux, incapables d'aimer authentiquement et développant des dépendances. Les attentes inassouvies mènent à la souffrance. La seule voie de sortie est de chercher de l'aide, car seul, le chemin vers la guérison est semé d'embûches. Ce processus de guérison de l'enfant intérieur blessé, d'acceptation de soi, de pardon et d'amour propre est essentiel pour vivre en harmonie avec soi-même et être prêt à aimer véritablement.


Il sera quasiment impossible de s’en sortir tout seul. Avec toute la volonté du monde, vous commencerez le changement. Mais les émotions, les manques, les besoins, les habitudes… disparaitront de temps en temps. Mais ils réapparaîtront plus forts qu’avant. Il y a tout un processus par lequel vous devez passer pour guérir l’enfant blessé qu’il y a au dedans de vous, pour vous accepter dans votre imperfection, vous pardonner et finalement vous aimer, suffire à vous même, vivre avec vous même, être bien avec vous même et finalement être heureux avec vous même. Ce n’est qu’à ce moment que vous serez prêt (e) à donner et à recevoir de l’amour. Vous n’aurez pas d’attentes à combler, vous n’aurez pas d’incomplétudes et votre bien-être ne dépendra pas de l’autre. Et toute relation devient un complément, non une nécessité à votre bonheur.


Quand vous vous aimez, vous n’accepterez plus de comportement toxique, contrôleur, manipulateur de l’autre. Et vous ne resterez pas dans une relation destructrice, espérant vainement combler un vide affectif. Quand vous vous aimez comme il faut, vous ne bâtirez pas de relation où l’autre sera votre souffre-douleur parce que croyez que la souffrance de l’autre apaisera la vôtre.


Si l’autre pour une raison quelconque décide de quitter le navire, vous serez pas perdu parce que vous étiez déjà complet sans lui ou sans elle. Et vous aurez appris des choses de cette expérience qui renforceront votre personne.


Mais diriez-vous que tout ceci est bien beau et facile à dire. Mais comment arriver à cette auto-suffisance, à cet amour de soi, à cette confiance en soi, à cette complétude? Bien que le processus peut être long et ardu, mais la solution est toute simple: elle est dans l'aide professionnelle d'un thérapeute ou d'un coach de vie certifié. Je rivens de loin. Et je  suis aujourd’hui loin, très loin de là où j’étais il y a peu. Et j’ai appris que l’amour n’est pas l’autre. L’amour est d’abord soi. Je ne parle pas ici de ce nombrilisme arrogant et contre productif. Je parle de cette prise de conscience pour comprendre que vous méritez le meilleur et le meilleur pour soi vient de soi-même, une responsabilité qui nous incombe entièrement.


Gaspard DORÉLIEN, MA


OTTAWA

27.02.24

16h16

jeudi 15 février 2024

Ma meilleure lecture depuis 2024

Je n’ai pas eu à réinventer la roue. J’ai lu le livre en 24 heures et j’ai été comme métamorphosé. J'ai mûri, aimé davantage, pardonné. Et je m’apprête, À l'instar de Camille, la protagoniste principale du roman “Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une”, de Raphaëlle Giordano, à restituer ce que j’ai appris. Pas dans ce compte rendu de lecture. Bien entendu!



Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une est un roman écrit par une femme, pour les femmes. Que les foudres des féministes trop ailées ne me terrassent pas, mais il existe bien une littérature féminine. Avec des sujets éminemment féminins et écrit dans le langage qui ne devrait appâté que les femmes, au regard des construits que la société a forgé pour le deuxième sexe. Mais, définitivement après avoir découvert en 2022  la magie de la littérature “girly” avec Virginie Grimaldie, j'ai décidé de m'affranchir des préjugés masculins et de m'y plonger. Deux catégories de personnes devraient s’y verser: toutes les femmes et les hommes intelligents.


Bien loin d’une histoire faite de paillettes et de prince charmant (que Dieu me préserve de certaines foudres), “Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une”, est un véritable ouvrage de reconstruction de soi, d'atteinte du bonheur, de lâcher-prise, de soulagement par le pardon et du concept de "hâte-toi lentement".


À travers l’histoire d’une femme, Camille, aidée d’un “routinologue”, nommé Claude, on a le loisir de suivre étape par étape comment l’on peut arriver à changer notre routine maladroite, étriquée par toutes les vicissitudes de l’existence, à une vie épanouie dans son couple,  renouer avec son enfant et ressusciter un rêve oublié pour en faire le pivot de sa vie transformée.


C’est un livre avec des dialogues, un poil, clichés, et quelques invraisemblances, mais au bout de la ligne, c’est un merveilleux livre que nous a sorti Raphaëlle Giordano. Une bouffée d’espoir dans l’exigeante et fugace réalité à l’ère de la réussite que tout le monde affiche sur les réseaux sociaux et où tout les monde est bon ou est la victime de l’autre.


Je l’ai lu en 24 heures. En fait, 32 heures pour être précis. Et c’est jusqu’à présent, ma meilleure lecture, mon meilleur investissement de temps en littérature du deuxième sexe depuis le 1e janvier 2024.

Je le recommande vivement. Et vous me ferez savoir si, oui ou non, vous allez, vous aussi restituer aux autres une partie de la nouveauté qui émaille votre vie. Seuls ceux et celles qui arriveront à la fin du 35e chapitre saisiront pleinement ma pensée. Bonne immersion!


Gaspard DORÉLIEN, MA

Ottawa

19h19

15.02.24